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vendredi, 02 mars 2012

Analyse de 5 ans de mandature de Nicolas SARKOZY : faire le bilan d’une majorité sortante pour voter en connaissance de cause.

Egalit� LGBT 2012

Les Marches des fiertés LGBT et les Lesbian and Gay Pride de toute la France avaient pour mot d’ordre l’année dernière « Pour l’égalité, en 2011 je marche, en 2012 je vote ». Ces derniers mois sont pour nous l’occasion de faire le bilan de la Majorité politique et gouvernementale actuelle mais aussi d’envoyer un signe clair, un avertissement, aux responsables politiques de tous bords. La question de l’égalité des droits devra nécessairement bénéficier d’une place de choix dans les débats électoraux de 2012 : ouverture du mariage pour les couples de même sexe, reconnaissance des familles homoparentales, droits des trans, ... les sujets ne manquent pas !

La France, en avance en 1999 avec le vote du Pacs, accuse désormais un retard certain sur ses voisins européens concernant les droits des LGBT. L’égalité n’attend pas.

Depuis 2007 : entre renoncements et occasions manquées...

Malgré quelques mesures d’amélioration du Pacs, des campagnes de lutte contre l’homophobie et la lesbophobie (notamment dans l’éducation nationale et l’enseignement supérieur) et quelques déclarations à l’international (résolutions à l’ONU, actions de la diplomatie française autour du 17 mai, journée mondiale de lutte contre l’homophobie et la transphobie) obtenues grâce à l’acharnement et la détermination des associations force est de constater que depuis 2007 et l’élection de Nicolas Sarkozy, le bilan sur les questions LGBT est bien maigre. Depuis 2010 le Gouvernement et la Majorité politique semblent même moins ouverts au dialogue qu’auparavant.

En 2007, Nicolas Sarkozy s’était engagé en faveur de la création d’un statut du beau-parent. Suite à la pression exercée par les conservateurs, le 27 mars 2009, le report du projet de loi sur la réforme de l’autorité parentale et du droit des tiers a été annoncé dans le journal le Monde. Nommé le 9 avril à la tête d’une mission sur « la modernisation de la législation sur l’autorité parentale et le droit des tiers », Jean Leonetti préconise l’abandon non seulement de tout ce qui peut faire référence aux familles homoparentales, mais aussi de la seule véritable avancée que l’Inter-LGBT avait saluée, à savoir celle de mieux garantir à l’enfant la possibilité d’entretenir des relations avec un tiers en en précisant les modalités. Le statut du tiers venait d’être « enterré », ce dossier ne sera jamais ré-ouvert par le Gouvernement ou la Majorité politique.

Le 14 mai 2010, le ministère de la justice a publié une circulaire visant à homogénéiser les pratiques concernant les expertises lors de la demande de changement d’état civil des personnes trans, notamment en visant à limiter le recours à la triple expertise. Toutefois, force est de constater que cette circulaire est loin d’être appliquée.

Enfin, la Majorité politique s’est illustrée ces derniers mois par ses votes contre l’égalité des droits. En refusant l’ouverture du mariage pour les couples de même sexe il y a quelques jours ou en refusant l’ouverture de l’AMP (assistance médicalisée à la procréation) à toutes les femmes.

Pire encore, elle aggrave la situation des malades du VIH en révisant les critères d’attribution du « droit au séjour pour soins » dans le cadre de la loi sur l’immigration votée ces derniers jours et condamne près de 30 000 étrangers malades à retourner dans leur pays d’origine où l’on sait pertinemment que les traitements sont quasi inaccessibles.

Des associations LGBT mobilisées sur tous les champs ces 5 dernières années

Droit au séjour pour soins, ouverture de l’AMP à toutes les femmes, ouverture du mariage aux couples de même sexe... à chaque fois qu’une avancée ou un recul législatif s’annonçait, les associations LGBT se sont mobilisées pour faire valoir leurs exigences et pointer du doigt l’incapacité du Gouvernement et de la Majorité politique à faire avancer les droits des LGBT. Lutte contre les discriminations par l’éducation, dans le monde du travail... les associations ont aussi été force de propositions pendant ces 5 années. Ce bilan se veut comme une lecture objective de l’action du gouvernement et de la majorité parlementaire concernant les questions LGBT. Parce qu’il est important de faire l’inventaire d’une majorité sortante pour voter en connaissance de cause.

Retrouvez toutes les revendications des associations LGBT sur "Egalité LGBT 2012"

Retrouvez le bilan de la mandature ic: Bilan_LGBT2007-2012.pdf

vendredi, 25 novembre 2011

Sida : Michel MERCIER et Nicolas SARKOZY loupent le coche

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Cette semaine était une semaine importante pour la lutte contre le SIDA et la sérophobie. Malheureusement Michel MERCIER et Nicolas SARKOZY loupent encore le coche. Ils illustrent ainsi parfaitement le mot d’ordre choisit par la Lesbian and Gay Pride de Lyon pour la manifestation du 1er décembre : « Sida : l’autre oublié du gouvernement ».

Nicolas SARKOZY refuse d’éradiquer le SIDA dans le monde.

Le lundi 21 novembre 2011, le Sénat a adopté un amendement budgétaire créant, en France, la taxe sur les transactions financières (TTF). Lors du G20 le président de la république s’engageait : « une partie importante, voire totale, du produit de la taxe doit aller au développement ». La Lesbian and Gay Pride de Lyon félicite le Sénat pour cette décision, et appelle maintenant le Président de la République à passer des mots aux actes, en soutenant l’amendement du Sénat et en affectant la taxe au développement sous ses différentes formes, y compris la lutte contre le sida. Pour François BAROIN, la France devrait attendre le reste de l’Europe pour mettre en place cette taxe. Or, David Cameron se vante de bloquer tout accord européen en ce sens. Pourtant ces sommes sont indispensables pour mettre en place des programmes de prévention et de dépistage qui permettraient de contrôler la propagation de l’épidémie, préalable indispensable à l’éradication du VIH. Sarkozy choisira t-il le camp des spéculateurs, ou celui des malades ? La vie de 10 millions de séropositifs en attente urgente de traitement en dépend.

Michel MERCIER refuse de lutter contre la sérophobie et de protéger les malades

Par ailleurs, le mardi 22 novembre, l’Assemblée nationale a adopté, en première lecture, par une écrasante majorité, l’allongement du délai de prescription de 3 mois à 1 an pour les injures publiques à caractère homophobe, sexiste et handiphobe. Cette proposition de loi, présentée par Catherine Quéré, députée PS de Charente-Maritime mettra ainsi fin, au terme du processus législatif, à une inégalité qui existe à ce jour entre plusieurs critères de discrimination concernant les injures, diffamations et provocations à la haine et à la violence. Par contre, la Lesbian and Gay Pride de Lyon regrette que Michel MERCIER se soit opposé à l’ajout des critères de l’identité de genre et de l’état de santé, proposé par les amendements de Martine Billard, députée du Parti de Gauche. Ces nouveaux critères auraient permis de sanctionner les injures dont sont quotidiennement victimes les personnes trans et les personnes atteintes du VIH, déjà socialement stigmatisées. La sérophobie n’est pas prise en compte dans la loi si une personne se fait insulter ou agresser à cause de sa séropositivité. La Lesbian and Gay Pride de Lyon se mobilise donc pour que la sérophobie soit enfin reconnue comme "circonstance aggravante", au même titre que l’homophobie et le racisme.

Nicolas SARKOZY et Michel MERCIER avaient l’occasion d’améliorer le sort des malades, de lutter activement contre le sida et la stigmatisation des personnes touchées. Ils ont, une fois de plus, loupé le coche.

Les associations vont maintenant devoir attendre les élections de 2012 afin de faire avancer ces dossiers.

Le mot d’ordre de la manifestation du 1er décembre « Sida : l’autre oublié du gouvernement » interpelle l’ensemble des partis politiques et leurs candidats pour qu’ils se positionnent avec clarté sur nos revendications. Ils doivent s’y engager dès maintenant et reprendre nos revendications dans leur programme électoral lors des élections présidentielle et législatives de 2012.

mercredi, 09 novembre 2011

L'énervement et la violence de F.BAROIN démontre la fébrilité de l'UMP à l'approche des échéances électorales de 2012

François Baroin perd ses nerfs et s'en prend au Parti socialiste mardi devant les députés qu'il a accusé d'avoir pris le pouvoir en 1997 « par effraction »:

« Est-ce du courage de mentir, de basculer dans la démagogie, de taire la vérité, de vous accrocher à des vieilles lunes socialistes qui vous ont certes conduit, par effraction, au pouvoir en 1997? Vous n'avez rien fait de la croissance venue de l'extérieur à travers la bulle Internet ?, a demandé le ministre de l'Économie. Oui, par effraction, car c'est sur un coin de table que vous avez rédigé l'affaire des 35 heures, c'est sur un coin de table que vous avez rédigé, Monsieur Strauss-Kahn et Madame Aubry l'affaire des emplois de jeunes (sic). Et c'est sur un coin de table que vous êtes arrivés en effet aux affaire. Et c'est sur un coin de table que vous rédigez un projet qui est aujourd'hui caduc. »

dimanche, 06 novembre 2011

La populiste Nora BERRA, Secrétaire d'Etat à la Santé, est tournée au ridicule aujourd'hui.

La secrétaire d'Etat chargée de la Santé, Nora Berra​, s'est attirée aujourd'hui une cascade de moqueries sur le net pour avoir participé à une vidéo célébrant le huitième anniversaire des "Jeunes Pop" du Rhône, le mouvement des jeunes de l'UMP.

La vidéo aurait été retirée de Youtube avant d'être remise en ligne par des adversaires politiques :). C'est bête.

samedi, 30 juillet 2011

"La République malmenée par Nicolas Sarkozy", par Amar THIOUNE candidat à la Présidence de SOS Racisme

Le jour où la République s’est drapée d’un voile aux relents nauséabonds

Aujourd’hui, jour pour jour, le Président de la République a prononcé un discours à Grenoble qui restera gravé dans les mémoires. Gravé dans les mémoires car stigmatisant une partie de citoyens français et des ROMS, gravé dans les mémoires car légitimant la dérive qui consiste à essayer d’hiérarchiser les français - Il y aurait de bon français et de mauvais français-, gravé dans les mémoires car théorisant une justice d’exception pour une catégorie de justiciables.

Ce jour là, dans cette ville compagnon de la libération, ville symbolique de la résistance contre le nazisme, les valeurs de la République ont été battues en brèche par Nicolas Sarkozy.

En 1968, le général De Gaulle, en présence de Hubert Dubedout, maire de Grenoble, est venu vanter les mérites de l’olympisme dans la capitale des alpes. En 2010, le Président de la République est venu tenter de défaire le lien séculaire de la patrie de Droits de l’homme avec l’internationalisme qui a été le principal moteur de l’universalisme. Par opposition aux Lumières, la République a été servie par des ténèbres qui viennent mettre le voile sur l’humanisme que partage la majorité des français, semant le doute et opposant les citoyens, les uns aux autres.

Nicolas Sarkozy, en prononçant ce discours a non seulement remis en cause les valeurs de la République mais surtout il a renforcé le camps des antirépublicains notamment celui de l’extrême Droite et de la Droite populaire.

Plus que jamais, en ce jour, nous devons affirmer que nous refuserons toute stigmatisation des minorités et des étrangers en France, toute discrimination et toute régression des valeurs qui fondent notre vivre ensemble « Liberté, Egalité, Fraternité ».

Comme je l’ai exprimé dans un article ce jour là, la Police doit pouvoir faire son travail partout, doit être respectée, doit être protégée mais la justice doit être égale pour tous. Tous les hommes doivent rester égaux devant la loi.

Des moyens doivent être mis en œuvre pour que la police puisse mener à bien sa mission première qui est celle de protéger les individus et leurs biens dont en priorités ceux qui sont les plus démunis.

Par ailleurs, des moyens doivent être également mis dans nos quartiers dits sensibles et dans tous nos territoires fragilisés par le contexte socio-économique actuel. D’autres politiques doivent y être menées sur le plan de l’éducation, du social et de l’économie.

Il faut casser les ghettos. Pour cela, il ne suffit pas seulement de casser des barres d’immeubles. Il faut repenser complètement l’aménagement territorial des zones dits sensibles, allier le développement local au développement économique. Il faut arrêter les « mesurettes » qui consistent à racheter la paix sociale.

Il faut mettre en œuvre un véritable accompagnement de nos jeunes, leur donner la chance d’avoir des formations qui ouvrent sur l’emploi. Il faut combattre les discriminations depuis la maternelle en évitant des écoles de la République de seconde zone. Il faut redonner confiance en la République et remettre du sens dans les valeurs de la République. Enfin, pour éviter que les tensions sociales exacerbées par la crise économique vont devenir de plus en plus importantes, l’idéal de l’égalité doit être enfin une réalité. L’égalité tout de suite et maintenant !

Amar THIOUNE

Président de SOS Racisme Rhône-alpes

candidat à Présidence de SOS Racisme

lundi, 18 juillet 2011

Notre priorité, combattre l'extrême droite et le FN

Comme je le disais dans un billet précédent, je soutiens activement la candidature d'Amar THIOUNE à la Présidence nationale de SOS Racisme.

Je publierai donc de temps en temps des extraits de son projet.


Notre priorité, combattre l'extrême droite et le FN

 

L’égalité et la fraternité, principes fondateurs de notre République n’existeront pas tant que nous aurons un Front National à plus de 10% dans le paysage électoral.

Il faut refaire de la lutte contre l’extrême droite et le Front national une priorité. Toutes nos propositions, si ambitieuses soient telles, n’aboutiront jamais dans un espace politique dominé par les thématiques d’extrême droite et la menace d’un Front National à plus de 20%.

Dans les années qui viennent l’antiracisme et particulièrement SOS Racisme doit réussir à renvoyer le Front National d’où il vient, à savoir un groupuscule minoritaire, raciste et antisémite qui ne pèse pas dans le débat public.

Pour cela, nous devons persuader les Français attirés par la préférence nationale et ces thèses racistes à faire le pari du système républicain pour construire une France plus juste et plus égalitaire. La mobilisation militante et citoyenne lors du concert pour l’égalité du 14 juillet a montré que c’est possible.

***

Le Combat contre l’extrême droite doit être la priorité pour SOS Racisme dans les années qui viennent.

Depuis quelques années nous constatons une banalisation des idées de l’extrême droite et une progression des partis populistes qui se manifeste de plusieurs manières :

  1. la banalisation des idées et thématiques portées par l’extrême droite dans un contexte de crise économique et de stigmatisation banalisée des figures de l'immigré, du pauvre, des jeunes;
  2. l'émergence de partis dits identitaires, défendant un nationalisme ethnocentrique partout en Europe;
  3. l’alliance électorale assumée entre des partis classiques et des partis d’extrême droite

Ce renouveau récent des extrêmes droites européennes autour de plusieurs points particulièrement préoccupants impose une nouvelle réflexion et de nouveaux modes d’action de la part de SOS Racisme.

Ce combat contre l’extrême droite ne peut se faire sans comprendre les causes historiques qui sont à l’origine de l’installation progressive du Front National dans notre paysage politique. L’existence du Front national a été parfois indirectement soutenue par les partis de gouvernement qui voyaient en l’Extrême Droite un allié objectif pour devenir majoritaire sans être obligé de s’allier avec lui ni de cautionner ses thèses racistes et populistes. L’idée que le FN pose « les bonnes questions » à petit à petit fait son chemin : immigration, laïcité, islam.

La lutte contre l’extrême droite est essentielle en raison de sa vision xénophobe, raciste, homophobe et antisémite. Ce combat est incontournable pour permettre la victoire de nouveaux droits et faire de l’égalité une réalité. En effet, tant que le FN disposera de 15 à 25% d’intentions de votes aucune nouvelle victoire en matière d’égalité, de lutte contre les discriminations ou pour un meilleur accueil des étrangers ne sera possible. Marine Le Pen et son discours de haine joue comme un pistolet sur le camp républicain l’empêchant d’affronter les difficultés sans passions.

La fin du cordon sanitaire autour du FN

En effet, au cours de la période 1982-2002, la stratégie de la gauche française a été d’imposer à la Droite républicaine dans le but de l’affaiblir le choix entre un rapprochement immoral avec le Front National et une défaite électorale. Le Front National trouve là une occasion en or d’exister et d’arbitrer le débat républicain.

L'introduction de la proportionnelle en 1986 va donner une identité politique au Front National et va l’installer dans le giron de la République avec l’entrée à l’Assemblée Nationale de plusieurs élus frontistes.

Pendant plusieurs années, la Gauche a su bénéficier de cette présence du Front National pour affaiblir la Droite républicaine mais s’est rapidement fait dépasser par cette tactique. Le FN s’est maintenu dans de nombreuses circonscriptions lors des élections législatives de 1997 ce qui a permis à Lionel Jospin et à la Gauche de devenir majoritaire. Mais, la victoire a été de courte durée. Sentant le danger politique et l’enracinement de l’extrême droite, lors des régionales de 1998 des élus de la Droite républicaine cèdent dans plusieurs régions à la tentation d’une alliance avec le Front National pour battre la Gauche (Rhône Alpes, Hérault…).

Le camp antiraciste et républicain, SOS Racisme en tête, a dénoncé ces graves dérives et a permis de faire éclater une bonne partie de ces alliances. Grâce au travail de notre association, le Front national a été condamné dans plusieurs de ses tentatives de mettre en œuvre des politiques racistes et discriminatoires comme cela fut le cas à Vitrolles.

La défaite de Lionel Jospin et de la Gauche dès le premier tour de la présidentielle, le 21 avril 2002 apparut comme un coup de tonnerre. Pourtant, elle est le résultat de 20 ans de reculs et renoncements sur nos sujets. Les Républicains se réveillent le 22 avril avec la gueule de bois car elle ne se doutait pas comme le disait Brecht que « Le ventre est encore fécond, d'où a surgi la bête immonde ». La bête immonde est revenue essentiellement à cause de l’échec des partis de gouvernement à proposer des solutions à la crise économique et aux enjeux de notre société métissée.

Malgré de nombreuses propositions en faveur d’une société métissée ayant à cœur l’Egalité, le projet de société que SOS Racisme incarne n’a pas réussi à trouver l’écho nécessaire auprès des décideurs français. La course aux électeurs FN et la prétendue lutte contre l’insécurité ont monopolisé l’action gouvernementale au détriment de la politique de la ville et des actions citoyennes.

L’Instrumentalisation des thèmes du Front National par la Droite républicaine et l’absence de solutions à Gauche

Dès son entrée au Ministère de l’Intérieur en 2002 et dans la perspective des présidentielles de 2007, Nicolas Sarkozy construit son image, sur la revendication d'un discours se voulant "décomplexé", notamment sur l'insécurité et l'immigration. Il ratisse large sur sa droite pour être élu Président de la République. Il bafoue les valeurs de la République avec le Ministère de l’immigration et de l’identité nationale faisant croire que l’immigration est une menace pour la France et en instituant la notion d'identité nationale particulièrement réductrice, ethnocentrique et essentialisante.

Son Gouvernement et son parti l’UMP instrumentalisent les thèmes de l’Extrême Droite avec le débat sur l’Identité nationale. Ils libèrent la parole raciste. Le projet des test ADN renforce l’imaginaire de l’immigré potentiellement délinquant. Et enfin le discours de Grenoble scelle un choix délibéré de Nicolas Sarkozy de diviser les français et de jouer avec les relents nationalistes. Cette stratégie a remis le Front National au centre du débat politique public autour de ses thèmes de prédilection tels que l'immigration, l'insécurité ou l'islam.

La Droite a couru après les électeurs FN en se réappropriant certains de ses thèmes, mais le siphonage des voix frontistes a échoué ; la Gauche, quant à elle, malgré des prises de positions en faveur de la défense d'un idéal républicain social et d'ouverture manque de courage et de force de propositions. Elle est demeurée incapable d’empêcher la régression des droits (en particulier en matière de droits des étrangers ou de justice des mineurs) et trop souvent silencieuse sur la question du vivre ensemble. Le camp républicain ne parvient pas à avoir un discours clair sur ces thèmes qui deviennent prépondérant pour les français déçus de nos gouvernants notamment du fait de la crise économique et de la méfiance grandissante à l’égard des élites et de l’Europe.

Les déçus de nos gouvernants et des partis de gouvernement se tournent de plus en plus vers l’Extrême Droite qui s’est renouvelée avec l’arrivée de Marine Le Pen, celle-ci ayant lissé son discours pour embellir l’image de son Parti.

Manifestement, le cordon sanitaire républicain instauré grâce à SOS Racisme dans les années 80 a disparu, le refus de choisir entre les candidats FN et ceux de gauche lors des élections cantonales de 2011 le démontre.

Il nous faut le reconstruire en responsabilisant ceux qui seraient tentés de sacrifier leur honneur pour des postes.

En 2011-2012, SOS Racisme devra œuvrer à déconstruire le discours du Front National, démonter le mensonge de son « lissage marketing » et combattre partout les tentations d’alliance.

Le combat contre l’extrême droite ne pourra pas réussir sans un travail de fond au niveau européen.

Au delà de nos frontières l’Extrême Droite monte aussi en puissance.

Le constat de la renaissance de l’Extrême Droite est un phénomène qui est à observer au delà de nos frontières. Les thèses des partis populistes et xénophobes rencontrent une adhésion de plus en plus forte et permettent des succès électoraux de plus en plus souvent spectaculaires partout en Europe.

Au Pays Bas, Geert Wilders et son parti de la liberté (PVV) obtiennent 24 sièges sur 150, le 9 juin 2010. En Hongrie, Le Jobbik (Mouvement pour une meilleure Hongrie) fait 16,68% aux élections législatives en avril 2010. En Suède, les Démocrates suédois (SD) entrent pour la première fois au parlement en septembre 2010 avec une position de blocage ou d’arbitre, en revendiquant ouvertement une rhétorique anti-immigré. En Italie, la Ligue du Nord obtient 10,2% des suffrages aux élections européennes de 2009 et s'allie au parti de Silvio Berlusconi dans le cadre d’une coalition (Peuple pour la liberté) pour les élections régionales de mars 2010. En Autriche, le Parti autrichien de la liberté (35 sièges) et l’Alliance pour l’avenir de l’Autriche (21 sièges) siègent au parlement. En Grèce, le LAOS (Alerte populaire orthodoxe) a bénéficié des effets de la crise et obtenu 15 sièges soit 5 de plus qu’en 2007, etc.

Le constat est sans appel : l’internationale fasciste obtient des victoires électorales et une légitimité politique dans de nombreux Etats européens.

La prégnance des récentes controverses sur les prières de rue en France, la Burqa en Belgique, le référendum suisse interdisant la construction de minarets ou l'affaire Thilo Sarrazin en Allemagne montrent combien la xénophobie en Europe est devenu un fond de commerce pour les responsables politiques incapables d’apporter des réponses aux défis sociaux et économiques qui se posent à nos sociétés et dont l’évolution mondialisée est pour eux trop rapide.

De ce fait, partout les partis populistes renforcent leur base électorale de façon croissante et feignent d’être devenus des partis respectables. En Angleterre, en Autriche, en Belgique, au Danemark, en Finlande, en France, en Hongrie, en Norvège, en Italie, aux Pays-Bas, en Suède, en Suisse, etc. la poussée de l’extrême Droite est spectaculaire. Plusieurs pays européens ont désormais des élus d’extrême droite voir des coalitions gouvernementales intégrant des responsables d’extrême droite.

Notre priorité, combattre l’Extrême Droite en France et en Europe et rendre nos idées majoritaires avec une majorité agissante. Il nous faut recréer une dynamique en faveur de l’antiracisme et contre le repli sur soi.

Aujourd’hui, le populisme est un phénomène politique dangereux qui menace les démocraties européennes et notre mission est bien celle de réaffirmer la dangerosité de l'idéologie xénophobe et de mener une réflexion et des actions orientées vers les modalités du vivre-ensemble au niveau national mais également à l’échelle Européenne.

SOS Racisme doit porter au niveau européen et international ce combat à travers une lutte sans précédent contre le Front national en France et l’Extrême Droite en Europe. La bataille des idées se joue désormais à cette échelle ; nous devons être présent et peser dans les débats du Parlement européen, de la société civile européenne, et travailler de concert avec les autres organisations européennes agissant contre l’extrême droite.

L’EGAM, European Grassroots Antiracist Movement, fondé en 2010 grâce à SOS Racisme devra être un outil européen efficace face à une construction européenne de plus en plus éloignée des préoccupations des peuples. L’EGAM permettra la mise en place des outils et des réseaux réactifs et adaptés. Ses réseaux nationaux et internationaux permettront de constituer une véritable internationale antiraciste face à l’internationale fasciste.

L’unité d’action des antiracistes doit devenir une priorité pour SOS Racisme. Aucun espace, aucun territoire européen ne devra être négligé.

Amar Thioune

 
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