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vendredi, 27 janvier 2012

Soins funéraires des personnes atteintes du VIH: Questions Ecrites au Ministre du travail, de l’emploi et de la santé.

Madame Cécile Cukierman attire l'attention de Monsieur le ministre du travail, de l’emploi et de la santé sur l’exclusion des personnes vivant avec le VIH des soins funéraires, justifiée par un principe de précaution, et ce, depuis 1998.

Le principe de précaution veut que les recommandations universelles s’appliquent à tous, sans discrimination.

La sécurité des professionnels doit être assurée par la mise en place des bonnes pratiques pour tous les cadavres, sans aucune distinction. D’ailleurs, les recommandations élaborées sous l’impulsion de l’OMS à la fin des années 80 suffisent à assurer la sécurité des pratiques en matière de contamination au VIH.

L’accent doit donc davantage être mis sur l’information, la formation et les conditions de travail de ces personnels, plutôt qu’une exclusion de ces personnes défuntes aux soins funéraires.

Dans ces conditions, Madame Cécile Cukierman demande à Monsieur le ministre quelles mesures il compte prendre pour lever cette interdiction.

Cécile Cukierman

Sénatrice de la Loire

Conseillère Régionale Rhône-alpes

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Mme Christiane Demontès attire l'attention de Mme la secrétaire d'État chargée de la santé sur les soins funéraires. Depuis l'arrêté du 20 juillet 1998 fixant la liste des maladies contagieuses portant interdiction de certaines opérations funéraires, les personnes atteintes du VIH se trouvent exclues des soins funéraires.

Ainsi et au regard des dispositions de l'article 2 dudit arrêté, il n'est pas autorisé dans ce cas de pratiquer des soins de conservation sur le corps des personnes décédées. Or la circulaire de la direction générale de la santé du 31 juillet 1995 rappelle que « le virus du sida est inactivé par contact avec une solution contenant de 2 à 6 % de chlore actif pendant une heure sans températures spécifiques ».

Il en va de même des recommandations universelles élaborées sous l'impulsion de l'Organisation mondiale de la santé, qui assure la sécurité des pratiques en matière de contamination au VIH et aux hépatites virales. Enfin le Conseil national du sida considère cette réglementation comme inutile et complexe.

Si le principe de précaution peut apparaître comme un argument permettant le maintien de cette réglementation, la réalité démontre que nombre de personnes méconnaissent leur sérologie, et que la privation de soins de conservation peut constituer un facteur déterminant pour que l'entourage du défunt ne signale pas une pareille infection. Compte tenu des ces éléments et du fait que cette réglementation nourrit une pratique discriminatoire, elle lui demande si le Gouvernement entend maintenir cette interdiction.

 

Christiane DEMONTÈS

Sénatrice du Rhône,

Maire de SAINT-FONS

jeudi, 26 janvier 2012

VIH, hépatites virales et soins funéraires Après les propos de Xavier Bertrand, nous attendons la levée de l'interdiction

Hier, lors de ses vœux à la presse, le ministre Xavier Bertrand annonçait qu'il « ferait(t) évoluer très vite et dans les semaines qui viennent les dispositions concernant les soins funéraires ». Nos associations prennent acte de cette annonce et attendent la seule concrétisation possible de cet engagement : la levée de l'interdiction de soins post mortem pour les personnes dont on savait qu'elles vivaient avec le VIH ou une hépatite virale.

Nous attendions cette annonce politique depuis longtemps. En septembre dernier, nous interpellions à nouveau ce ministre sur le sujet, en lui envoyant un courrier resté sans réponse. C'est suite à la mobilisation de ces dernières semaines, et à la médiatisation de cette discrimination, que le ministre s'exprime enfin. Entre temps, le sujet est devenu politique : les principaux partis de l'opposition se sont exprimés pour la levée de l'interdiction. La façon dont nous traitons nos morts est effectivement politique, et nous ne manquerions pas de le rappeler au cours des prochains mois si cette discrimination d'Etat envers les personnes vivant avec le VIH et des hépatites virales venaient à perdurer.

Nous accueillons donc favorablement l'engagement de Xavier Bertrand, et sa volonté de faire valoir enfin le respect des défunts. Quant à celles et ceux qui défendent encore l'interdiction des soins funéraires au nom de la sécurité des thanatopracteurs, nous leur rappelons que c'est l'amélioration de la formation et des conditions de travail des thanatopracteurs qui assurera leur protection face à l'ensemble des risques biologiques.

Nous attendons donc la levée de l'interdiction, sa concrétisation par un arrêté. Nous demandons aux pouvoirs publics de prévoir l'application concrète de cette mesure en matière d'information aux professionnelLEs, d'évolution des divers certificats indispensables à la prise en charge des corps.

lundi, 09 janvier 2012

Soins funéraires pour les séropos: les associations exigent des garanties politiques de Nora BERRA

Mobilisées contre l'interdiction des soins funéraires pour les personnes qui vivaient avec le VIH et/ou une hépatite virale, nos associations enverront des représentantEs à la réunion qui a été organisée à notre demande demain par la Direction Générale de la Santé, et qui doit aborder la question.

L'annonce de cette réunion nous laisse cependant dubitatif-ves:

  • Le ministre Nora BERRA n'a pas répondu à notre demande et se défausse sur son administration. En laissant la DGS seule, et non son cabinet, organiser cette réunion, le ministre voudrait faire croire que le problème se limiterait à la mise en place d'une expertise. Or, scientifiques, associations et professionnelLEs du funéraire sont unanimes : l'interdiction des soins pour les séropos est une absurdité scientifique, une discrimination et une violence pour les mort-es et leur entourage, un encouragement à prendre des risques pour les thanatopracteurs. Une nouvelle série de concertation d'expertise technique est inutile.
  • Demandée depuis des mois, cette réunion ne se tient qu'à la suite de la pression associative, et de la médiatisation du scandale que représente l'interdiction des soins funéraires pour les séropos. Nos associations ont par exemple reçu l'invitation au moment même où l'AFP annonçait le rendez-vous de travail. Qu'en déduire de l'intérêt que portent le ministre et les responsables de son cabinet à une telle discrimination ?
  • Nos associations n'ont été consultées ni sur la date, ni sur l'horaire de cette réunion. Comme si nous étions immédiatement disponibles. Il y a parmi nous des bénévoles qui ont un emploi ailleurs que dans la lutte contre le sida ; il y a des malades qui ont des rendez-vous médicaux. Le principe de base de la démocratie sanitaire est de s'assurer de la disponibilité des personnes à qui on fixe un rendez-vous.

Nous demandons donc à Nora BERRA de se prononcer publiquement pour la levée de l'interdiction des soins funéraires pour les personnes qui vivaient avec le VIH et/ou une hépatite virale. Nos associations ont suffisamment montré leur volonté de dialogue et leur expertise. La preuve a été faite que cette interdiction doit être levée : le problème est politique, et non technique.

La façon dont on traite, ou maltraite les morts, est aussi un critère d'évaluation d'une politique, et à quelques mois d'échéances électorales, nous saurons le rappeler dans les débats de campagne.

 
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