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mercredi, 27 juillet 2011

La religion n’est pas un service public par Henri Pena-Ruiz, Philopsophe

Le philosophe, Henri Pena-Ruiz, publiait le 30 mars dernier, une tribune dans le journal Libération. Elle est disponible ici: http://www.liberation.fr/societe/01012328412-la-religion-...

Apparemment notre république serait trop pauvre pour faire vivre des grands services publics communs à tous, croyants, agnostiques et athées. Asphyxie organisée de l’école publique, démantèlement des hôpitaux de proximité, privatisations en tous genres, etc. L’ultra-libéralisme fait son œuvre. La solidarité redistributive n’est plus à l’ordre du jour. En revanche la république serait assez riche pour financer des lieux de culte, qui ne concernent pourtant que les croyants pratiquants, une petite minorité. M. Sarkozy prône le supplément d’âme d’un monde sans âme. La terre vous paraît bien injuste voire invivable ? Réfugiez-vous donc dans le ciel ! Le protecteur des nantis ose dire sans ambages : «La république a besoin de croyants» (discours au palais du Latran).

La religion réduite à une compensation, et reconnue d’utilité publique ? Napoléon, que ne hantait pas une foi très vive, avait expérimenté la recette avec son concordat, qui aujourd’hui encore en Alsace-Moselle fait financer par tous les citoyens, croyants ou non, le culte de certains. Les mauvais coups contre la laïcité n’ont cessé. Voici venir le coup de grâce. Le prétexte en est l’utilisation illégitime d’une rue pour la prière, par des citoyens musulmans instrumentalisés politiquement. Certes la convergence hebdomadaire, vers la même rue, de fidèles de toute la région parisienne est clairement une manifestation en forme de défi. Elle usurpe l’espace public. Mais c’est un cas rarissime. N’importe. C’est une aubaine pour le FN qui se découvre adepte d’une laïcité à géométrie variable, que jamais il n’a invoquée contre les privilèges publics du catholicisme. Une aubaine aussi pour M. Sarkozy, qui s’apprête à détruire la laïcité en raturant la loi de 1905 sous prétexte de faire cesser le trouble. Janus biface, il «libère» la rue… mais accueillera les fidèles dans des mosquées payées par la puissance publique !

Notre sauveur fera ainsi coup double. D’une part il se présentera comme le gardien de la sécurité qui a toujours besoin de s’inventer un ennemi : jeunes des banlieues, immigrés, Roms, et maintenant musulmans des caves ou des rues. Funeste recette de la popularité que celle qui nourrit les peurs collectives ! D’autre part, le rétablissement de l’ordre public sera un prétexte pour faire payer aux contribuables des lieux de culte que ne devraient financer que les croyants.

Il fait ainsi croire que le seul problème réel est celui de l’intégration religieuse alors que la population visée souffre avant tout d’exclusion sociale et économique. Parler de l’islam sans le distinguer de l’islamisme politique, pourtant groupusculaire, est inadmissible. On prétend adapter la laïcité aux religions. N’est-ce pas plutôt à celles-ci de s’adapter à la laïcité, vecteur de liberté et d’égalité ? A-t-on jamais demandé aux droits de l’être humain de s’adapter aux coutumes ? Ce serait supprimer un levier d’émancipation. Les femmes en savent quelque chose, qui souffrent encore des préjugés machistes longtemps sacralisés par les religions du Livre. Ceux qui combattent la laïcité pour restaurer leurs privilèges perdus, et non une spiritualité désintéressée, se frottent les mains. Le scénario actuel les comble.

Premier temps : l’invention de la notion insultante de laïcité ouverte, ou positive. Parle-t-on de justice «ouverte» ? Ceux qui refusent l’égalité de traitement des croyants et des athées militent pour que les religions soient reconnues d’utilité publique. Cela les conduit à affubler la laïcité d’adjectifs polémiques et à la prétendre hostile aux religions.

Deuxième temps : le brouillage de la distinction entre cultuel et culturel. Puisque la loi laïque réserve l’argent public à ce qui est d’intérêt général, comme par exemple la culture, le rapport Machelon propose que le financement direct de la culture assure le financement indirect du culte. La ficelle est grosse. On dira que certains élus le font déjà. Mais l’infraction à la loi n’appelle nullement sa suppression. Qui propose d’abolir les feux rouges sous prétexte que certains les grillent ?

Troisième temps : le paravent du secours aux musulmans des caves. Comment déguiser une restauration de privilèges en bonne action égalitaire ? Par l’invocation d’un mythe : la pénurie supposée des lieux de cultes musulmans. En 1976, on recensait 150 salles de prière. En 1985, 900. Aujourd’hui, 2 147. Deux services de prière par jour suffiraient à accueillir tous les fidèles. La rue comme lieu de culte n’est donc pas une fatalité. Quatrième temps : l’abolition de la séparation laïque. La main sur le cœur on propose de réparer une injustice imaginaire en détruisant la loi de 1905. Quand de l’argent public aura été dépensé pour une mosquée, les tenants des autres religions s’exclameront : «Pourquoi pas nous ?» L’égalité républicaine ne permet pas que l’on donne aux uns ce qu’on refuse aux autres. A ceci près qu’à ce compte-là il faudra financer aussi les libres penseurs, les francs-maçons, les rationalistes, etc. Bref, il faudra communautariser l’argent public.

Jean Jaurès, en 1904, pensait aux retraites ouvrières : supprimer le budget des cultes, c’était transférer à l’Etat des moyens pour mieux assumer son rôle social. Pensons aussi à la santé pour tous. Un citoyen de confession musulmane hospitalisé dix jours, au prix moyen de six cents euros la journée, économise six mille euros si le service public de santé existe. Dans le meilleur des mondes ultralibéraux, il doit les payer, s’il peut, mais l’Etat lui fournit une mosquée. Quand on sait que seulement 18% des citoyens musulmans fréquentent une mosquée, on voit bien qui perd au change !

Il va de soi qu’il faut mettre un terme aux pratiques discriminatoires de certaines municipalités qui empêchent l’acquisition de terrains destinés à des lieux de culte musulmans. La république laïque n’a pas à financer de lieux de culte mais elle doit garantir juridiquement la possibilité d’en construire. Certains agitent l’épouvantail de l’intégrisme et disent : «Payons, ainsi nous contrôlerons.» Où est l’erreur ? Dans la prétention humiliante d’un tel chantage : voici un lieu de culte, mais attention à ce que vous allez y dire. Où est la faute ? Dans l’oubli de ce qu’est l’état de droit. En république, ce sont les lois qui règlent la liberté de parole. Un prêche qui incite à battre une femme est un délit : incitation à la violence. Peu importe alors que le lieu de culte soit privé ou public, la sanction sera la même. La république laïque ne fonde aucune norme sur un particularisme. Seule compte l’autorité de lois qu’inspire le droit (intégrité physique, égalité des sexes).

Marianne ne s’est pas séparée du Dieu qui la dominait pour le dominer à son tour, mais pour faire disparaître toute domination et tout privilège. Ne sacrifions pas l’universel sur l’autel du particulier. Préservons la laïcité.

Henri Pena-Ruiz

mardi, 01 décembre 2009

Signez l'Appel de Montpellier

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Je t'invite à signer l'Appel de Montpellier : http://www.lappeldemontpellier.fr/


« Dix ans après la promulgation du PACS (Pacte civil de solidarité), les mentalités ont évolué. La loi doit évoluer elle aussi. A l’appel d’Hélène MANDROUX, Maire de Montpellier et 1ère Vice Présidente de la Communauté d'Agglomération de Montpellier, des maires de France unissent leur voix pour dire que le moment est venu de franchir une nouvelle étape en ouvrant le mariage aux couples de même sexe. L’orientation sexuelle est une affaire privée. Elle ne peut en rien priver certain(e)s de nos concitoyen(ne)s de leur droit à s’unir comme tous les couples peuvent le faire. Motivé par les principes d’égalité et d’universalité, valeurs fondatrices de notre République, cet appel s’inscrit donc dans le renforcement du pacte républicain, de la cohésion sociale et du vivre ensemble »

 

Pour l'instant, en Rhône-Alpes, seulement 11 Maires ont officialisé leur signature de l'Appel de Montpellier :


  1. Jean-Paul BRET, Maire de Villeurbanne (Rhône) :
  2. Olivier DUSSOPT, Maire d’Annonay (Ardèche) :
  3. Jean-Louis TOURAINE, 1er Adjoint au Maire de Lyon et Député du Rhône;
  4. Nathalie PERRIN-GILBERT, Maire du 1er arrdt de Lyon (Rhône);
  5. Alain GIORDANO, Maire du 9e arrdt de Lyon (Rhône):
  6. Pierre TRAPIER Maire de Portes-lès-Valence (Drôme);
  7. Madame Christine PRIOTTO, Maire de Dieulefit (Drôme);
  8. Christophe FAVERJON, Maire de Unieux (Loire);
  9. Thierry PHILIP, Maire du 3e arrdt (Rhône);
  10. Jean-Pierre FLACONNECHE, Maire du 7e arrdt (Rhône);
  11. Dominique BOLLIET, Maire du 4e arrdt (Rhône);

     

    Nous devons saluer ce courage politique de ces officiers d’Etat civil et la détermination de leur municipalité à soutenir un mouvement en faveur de l’Egalité. Ces Maires signataires mettent ainsi en évidence leur volonté d’en finir avec les discriminations liées à l’orientation sexuelle. Devant l’immobilisme du gouvernement, ils donnent des forces à toutes celles et tous ceux qui se mobilisent pour l’égalité des droits.

    Alors faites comme eux, soutenez cette action et signez l'Appel de Montpellier : http://www.lappeldemontpellier.fr/


    Voir l'Appel de Montpellier

     


     

     
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