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lundi, 11 juillet 2011

Rassembler les français et retrouver la promesse républicaine

Vendredi dernier, les élu-e-s de la majorité régionale ont voté en Assemblée Pléinière une délibération pour apporter le soutien de la Région Rhône-Alpes aux jeunes sans papiers en formation.

Depuis 2006, la France a connu huit lois sur le droit des étrangers.

Ces lois sont terribles, iniques et discriminatoires.

Elles remettent en cause nos principes républicains.

Au nom du sacro-saint contrôle des flux migratoires :

  • on démantèle le droit d’asile ;
  • on renvoie des personnes malades dans des pays où, faute de traitement, elles vont mourir
  • on casse le droit à une vie privée et familiale, pourtant érigée en principe par la Charte Européenne des droits fondamentaux, ratifiée par la France.

Le 07 octobre 2010, l’Assemblée nationale a adopté une énième loi.

Les discussions parlementaires ont été marquées par de nombreuses dérives xénophobes dont le débat autour de la déchéance de la nationalité a été emblématique.

L’adoption de ce texte est encore plus dangereux pour les droits des migrants et porte atteinte aux principes constitutionnels :

  • suspicion à l'égard des couples mixtes ;
  • banalisation de l'enfermement des enfants ;
  • grave régression des droits des étrangers malades ;
  • allongement injustifié de la durée de rétention ;

Comme le met très bien en exergue cette délibération, des milliers de jeunes scolarisés sans papiers vivent sous la menace d’une reconduite à la frontière.

Les lycéens et plus largement tous les jeunes en formation, de Rhône-alpes ne sont pas épargnés par ces reconduites à la frontière arbitraires et injustes.

Vous mesurez sans doute ce que leur situation a d’insupportable:

la difficulté à s’imaginer et à se bâtir un avenir ;

  • Ils sont en outre privés de la possibilité de voyager à l’étranger ou de passer leur permis de conduire.
  • Ils sont surtout empêchés de poursuivre des études supérieures ou de travailler une fois leur baccalauréat obtenu.

Ces expulsions sont tout simplement contraires aux engagements Internationaux et notamment la Convention Internationale des Droits de l’Enfant, ratifiée par la France.

 

Les jurisprudences précisent que la régularité de la situation administrative d’un étranger n’est pas un préalable à son accueil dans un établissement d’enseignement. En revanche, la scolarisation en France pendant plusieurs années est un motif légitime de régularisation quelles que soient les circonstances d’entrée sur le territoire français.

Il n’est pas acceptable que des jeunes étudient dans la terreur permanente de l’arrestation et de la reconduite à la frontière.

Notre devoir en tant que républicain c’est d’aider ces jeunes que la vie n’a pas épargnés, de les parrainer et de les accompagner, avec les associations comme Réseau d’Education Sans Frontières, dans leur démarche de régularisation. C’est aussi s’indigner lorsque les lois votées créent des situations contraires aux valeurs de la France, pays des droits de l’Homme.

Aucune loi, aucune politique, aucun gouvernement ne pourra jamais maîtriser le droit légitime de tout être humain à chercher un horizon meilleur.

Le Gouvernement nous impose peu à peu un modèle de société fondé sur l'exclusion et le renfermement : toujours plus d'interdictions, d'injonctions, de dureté à l'égard des personnes étrangères.

Ne sachant pas comment gérer les problèmes économiques et sociaux, qu’ils ont eux-mêmes créés, le Gouvernement ne cesse de fustiger, de dénoncer et de pointer du doigt les mêmes personnes depuis des années : les migrants, leur famille, leurs enfants, leurs conjoints et les jeunes.

Les personnes étrangères sont peu à peu broyées par un système qui ne voit dans l’autre qu’un danger potentiel, plutôt que d’en voir toute la richesse.

Présentée par la Majorité Présidentielle, comme un poids pour l’économie française, l’immigration est en réalité une chance pour l’avenir, et notamment pour l’équilibre de la protection sociale.

Le Conseil d’orientation des retraites estimait en 2008 que « l’entrée de 50 000 nouveaux immigrés permettrait de réduire de 0,5 point de PIB le déficit des retraites".

Le 11 mai dernier, le rapport des parlementaires pour l'audit de la politique d'immigration, d'intégration et de codéveloppement, a été rendu public, après une année entière d'auditions menées sous la présidence de Sandrine Mazetier, députée PS, et en collaboration avec le collectif de chercheurs "Cette France-là".

Le rapport est disponible ici: 10052011 rapport de laudit de la politique dimmigration dintgration et de codveloppement-1.pdf

Il constitue un support pédagogique incontournable. On y a apprend ainsi, par exemple, que :

  • l’immigration compense partiellement le déficit des naissances ;
  • si la France optait pour une immigration zéro, ce n’est pas 3% du P.I.B. supplémentaire qu’il faudrait trouver à l’horyzon 2050 pour financer la protection sociale mais 5% du P.I.B.

Pour l’Organisation de coopération et de développement économique (OCDE), la population active immigrée participe au développement économique du pays d’origine. En 2005, le montant des transferts de fonds effectués par des migrants vers les pays en développement a atteint 167 milliards de dollars, soit plus du double de l’aide publique au développement. L’immigration est donc un vecteur de développement.

L’immigration est porteuse de richesses et de diversité. Elle nous démontre que les pays européens sont en mouvement et qu’elle est indispensable à une Europe vieillissante. Elle nous donne l’occasion de construire une Europe plus solidaire et fraternelle.

Contrairement aux préjugés véhiculés par le Gouvernement, qui ne cesse de multiplier les déclarations indignes pour stigmatiser certaines catégories de population, l’immigration est une chance pour relever tous nos défis actuels.

 


Martine AUBRY sur l'immigration par mjs-france

Pour Martine AUBRY:

"Au long des siècles, la population française a additionné les origines diverses. Sous l’Ancien Régime, c’était la France des provinces, la France des patois, un royaume aux multiples institutions et particularités qui sont encore bien vivantes. Puis à partir de la fin du XIXe siècle, notre pays est devenu une grande terre d’immigration. Toute cette diversité, nous la retrouvons aujourd’hui dans les patronymes. Italiens, Belges, Espagnols, Russes, Arméniens, Allemands ou Polonais sont venus s’installer en France pour travailler dans les mines et les usines. À partir des années 60, c’est le tour de l’immigration marocaine, tunisienne et algérienne, suivie de peu par les populations d’Afrique noire. Tous donnent à la France son visage d’aujourd’hui. C’est ainsi que se construit chaque jour l’identité de la France. C’est celle partagée par Camus et Césaire.

La France que nous aimons réunit toutes les histoires. Elle doit faire toute leur place aux descendants des immigrés qui ont combattu pour notre pays et tant contribué à le reconstruire, aux réfugiés fuyant les dictatures.

Toutes ces arrivées ont modelé nos villes et nos campagnes, nos entreprises, nos habitudes, notre vie quotidienne, nos goûts, notre connaissance des autres et du monde, nos rêves, et font la France d’aujourd’hui. (...)

La France qu’on aime, c’est celle qui dit : « La France, tu l’aimes, donc tu la construis avec nous ». Il faut faire aimer la France  ; aujourd’hui nos gouvernants aggravent les fractures sociales, abandonnent les banlieues, favorisent la promotion de quelques-uns et entretiennent la stigmatisation des jeunes et aussi des Français issus de l’immigration et des étrangers.

Alors sachons définir une politique d’immigration avec des règles claires et justes, définies en partenariat avec les pays d’origine. Faisons vivre le droit d’asile dans la France, terre des Droits de l’Homme. Et comme nous l’avons demandé, donnons un avenir ici dans notre pays, en régularisant ceux qui ont montré leur capacité d’intégration depuis plusieurs années sur notre territoire, ceux qui travaillent, cotisent, paient des impôts, ceux qui ont des enfants scolarisés…C’est cela aussi l’identité de la France".

jeudi, 30 juin 2011

Vision de l'Europe

Du 14 au 24 juillet prochain se tiendra la 67è Session internationale du Parlement Européen des Jeunes.  Elle rassemblera plus de 300 participants dans les villes de Grenoble, Lyon et Villard de Lans.

Alors que je recherchais des éléments de discours (les jeunes et l'Europe, le taux d'abstention), je me suis requestionné sur l'Europe, son rôle et ce que je veux pour Elle. Je me permets donc de mettre en ligne cette intervention d'Adrian SEVERIN, Député européen, ancien vice-Premier ministre et ancien ministre des affaires étrangères roumain.

Pendant les élections européennes, il m'avait vraiment impressionné par la force de son discours et par sa vision de l'Europe: une Europe plus juste, plus sociale et plus solidaire. Une Europe qui produise mais aussi qui protège.


Strasbourg : intervention d’A. Severin par PartiSocialiste

La France doit retrouver toute sa place au sein de l'Europe. L'Europe doit être un combat de toujours. Il faut proposer de vraies solutions, ambitieuses pour construire une Europe politique, qui place vraiment l’emploi, la croissance, l’éducation, le progrès social et environnemental au cœur de son ambition collective.

Une Europe qui intègre clairement ces objectifs et réaffirme avec force sa volonté de rassembler les peuples dans la solidarité, dans une communauté de valeurs fondée sur la dignité humaine et qui peut allier performance économique, haut niveau de protection sociale et respect de l’environnement.

Nous devons promouvoir des politiques publiques ambitieuses qui bénéficient à l’ensemble de la population européenne.

Si une grande majorité de nos concitoyens se déclarent toujours « fiers d’être européens », 55% ne reconnaissent plus dans l’Union européenne un niveau légitime d’action publique. Ils étaient 60% à ne pas aller voter lors du scrutin européen de 2009.

La crise financière, que nous traversons, révellent la promptitude de certains à prôner l’exclusion des plus faibles, au nom de l’intérêt des plus forts. D’où l’émergence ici ou là de nationalistes antieuropéens qui prospérent sur la remise en cause du principe de solidarité, principe fondateur du projet européen.

Rappelons-nous que ce projet européen a garanti la paix à notre continent depuis plus de cinquante ans. N’oublions jamais cet acquis arraché aux déchirements de l’histoire et à la folie des hommes. Il reste un modèle à suivre aux yeux de millions de femmes et d’hommes dans le monde.

Nous ne pouvons plus nous satisfaire d’une Europe vécue souvent par nos concitoyens comme une source de dérégulation, où la loi du moins-disant social régit les échanges. La construction du marché intérieur sans harmonisation fiscale ou sans définition des éléments de la protection sociale a conduit à une mise en concurrence inacceptable des territoires. Pour enrayer ce phénomène, qui sape les fondements du projet européen, priorité devra être donnée à des avancées sur le terrain de l’harmonisation fiscale, de la consolidation du modèle social européen, ainsi qu’à la définition de minima sociaux et à l’adoption d’une directive cadre pour les services publics et sociaux.

En 2012, Martine AUBRY sera la candidate du changement et défendra le mieux ce projet politique. "Vous le savez, c’est presque dans mes gènes" a-t-elle lancé le 27 juin dernier à la gare Saint-Sauveur de Lille.

Changer ici pour changer là-bas. Tout est dit et sera donc la conclusion de ce billet.

 

 

 
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