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lundi, 30 novembre 2009

L’Ecole doit être un rempart contre les discriminations

Je ne cesse de le répéter. Le combat contre les discriminations répond à une exigence quotidienne. Il passe par une véritable éducation à la citoyenneté et par une mobilisation de tous les acteurs de l’Education. Je veux juste dire que le fait de mener un travail avec le monde éducatif me paraît particulièrement pertinent. En effet, les questions d’orientation sexuelle demeurent encore largement taboues dans l’enceinte des écoles, des lycées et même de l’université. Je crois très sincèrement qu’au sein des établissements scolaires, nous devons veiller à ce que les insultes à caractère homophobes ne soient pas considérées comme acceptables ou anodines. Et puis réprimer ces atteintes à la dignité des personnes au même titre que les insultes racistes par exemple permettraient de montrer aux enfants et jeunes gens la gravité de ces propos et de faire tomber certains tabous.

Si l’on rit aussi facilement dans les écoles de ces boutades à caractère homophobe, c’est bien la preuve que du chemin reste à faire. La nécessaire évolution des mentalités dans ce domaine passera forcément par un travail de sensibilisation. Sur ce point, l’Éducation Nationale, en tant qu’Institution, n’a toujours pas engagé d’action décisive en matière de prévention des violences discriminatoires homophobes et transphobes. L’Education nationale est aujourd’hui la grande muette contre l’homophobie, malgré des initiatives personnelles isolées et des circulaires ministérielles qui ne sont pas appliquées par l’Administration, par manque de volonté politique affichée.

Nous devons donc saluer l’action des associations de lutte contre les discriminations liées à l’orientation sexuelle et à l’identité de genre dans ce domaine et de réussir à mener ce travail nécessaire auprès des lycéens. La démarche engagée par ces associations vise à contribuer à la lutte contre l’homophobie et la transphobie, à lutter efficacement contre les préjugés et à faire évoluer les mentalités et les représentations.

Je connais bien les difficultés que rencontrent les associations (comme Contact ou encore SOS Homophobie) sur l’ensemble du territoire de Rhône-alpes. La plupart des collèges et des lycées restent fermés et hermétiques sur ces questions.

Mais ne vous trompez pas. Je ne jette pas l’anathème sur les équipes éducatives des établissements scolaires. Je le répète. Pour moi, toute la responsabilité de cet échec repose sur le manque de volonté politique du gouvernement dans ce domaine. Le travail du gouvernement sur cette question est d’un vide que l’on peut qualifier d’abyssal, et s’inscrit dans une politique beaucoup plus générale mise en œuvre par le gouvernement de casse du service publique.

Nous le savons. L’éducation subit de plein fouet les politiques gouvernementales et traverse une crise majeure, malgré tous les efforts de la communauté éducative, la mobilisation des parents, des lycéens, des étudiants et des collectivités territoriales. Rappelons-nous que dans l’Education nationale, l’Etat supprime des milliers d’emplois. Le budget 2010 prévoit ainsi 16.000 suppressions d’emplois. Depuis 2003, 45.000 postes ont été supprimés dans les établissements scolaires. Les conséquences de ces coupes budgétaires sont désastreuses : classes surchargées, enseignements et options supprimés, remplacements non assurés, recours aux emplois précaires.

A ces restrictions budgétaires s’ajoutent également des mesures régressives et dangereuses pour l’école publique :

  • la suppression de la carte scolaire qui se traduit selon un rapport récent de la cour des comptes par une ségrégation sociale et scolaire ; fichage des élèves ;
  • réforme de l’école élémentaire, du collège au lycée sur la base d’une refonte des programmes,
  • autonomie et mise en concurrence des établissements.

Nous l’avons compris. L’Ecole doit être le rempart contre les discriminations. Par conséquent, le gouvernement doit :

  • stopper la casse de l’Ecole publique ;
  • arrêter de toucher aux fondamentaux du service public national d’éducation et de formation ;
  • revaloriser les salaires ;
  • améliorer les conditions de travail ;

En clair, le gouvernement doit donner tous les moyens nécessaires pour offrir aux jeunes et aux enseignants un cadre idéal à la pédagogie du respect et à la lutte contre l’ignorance ;

La lutte contre les discriminations ou encore la défense des droits humains et des libertés publiques ne seront jamais une priorité du gouvernement, bien au contraire. Les coupes budgétaires prévues dans le projet de loi de finances 2010 pour réduire de façons considérables les moyens d’actions des autorités administratives indépendants chargées justement de la protection des droits et des libertés sont une excellente illustration :

  • La Halde : 650 000€ ;
  •  Le Conseil Supérieur de l’Audiovisuel : 1, 414 M€ ;
  • La Commission Nationale de l’Informatique et des Libertés : 308 000 € ;
  • La commission nationale consultative des droits de l’homme, la commission d’accès aux documents administratifs, le comité national d’éthique : 270 000€ ;

Allez zou, essayons de terminer ce billet par une pointe d'optimisme:

 

 
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