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samedi, 15 décembre 2012

Pour l’Egalité maintenant, contre les discriminations tout le temps !

homoparentalité2.jpgLa proposition de loi sur « le mariage pour toutes et tous » est une très bonne occasion pour les réactionnaires d’occuper l’espace médiatique et la rue. Les homophobes, lesbophobes, transphobes et racistes sont à l’offensive.

Derrière des propos illusoirement et politiquement corrects, se cachent des accusations aussi affligeantes les unes que les autres. Tout y passe : de la polygamie à l’inceste, de la zoophilie au cannibalisme, du déséquilibre psychique qui s’abattra sur tous les enfants de France à l’annonce de la fin du Monde. Derrière leur revendication hypocrite « d’un débat sociétal apaisé », ils cachent une idéologie profondément conservatrice.

Ils veulent ériger en norme dominante le modèle hétéropatriarcal de la famille fondée sur le mariage à vie d’un homme avec une femme. S’obstiner à en faire le modèle obligé de « la société », voire de « l’humanité », revient à dénier le droit à l’existence et au bonheur de toutes les autres familles : monoparentales, pluri-parentales, recomposées, séparées, et homoparentales.

Les manifestations soit-disantes "pacifiques" contre le mariage pour tou-te-s, ont ouvert une brèche intolérable à l’homophobie et à la lesbophobie avec un impact direct et désastreux sur la vie des jeunes homosexuel-le-s.

Face aux attaques obscurantistes contre nos choix de vie, il n’y a aucun compromis possible !

Notre mobilisation doit aussi faire entendre nos revendications. Le projet de loi « mariage pour toutes et tous » ne prévoit toujours pas les mêmes droits entre couples de même sexe et hétérosexuels, notamment sur la filiation. Les droits des familles homoparentales ne sont pas couverts par ce projet de loi.

Des discriminations continueront de fragiliser les familles. Il est grand temps que l’hypocrisie cesse !

Il devient urgent, pour la sécurité des enfants, que la filiation soit établie entre les enfants et leurs parents par l’effet de la loi (présomption de parenté) mais aussi par reconnaissance volontaire : les enfants doivent être protégés dès leur naissance quelle que soit la situation conjugale de leurs parents, tout comme les couples hétérosexuels. Il devient urgent que toutes les femmes puissent bénéficier d’une Procréation Médicalement Assistée (PMA) en toute sécurité. Tous les couples, mariés ou non, hétérosexuels ou homosexuels, doivent pouvoir y accéder. Le projet de loi se doit enfin de définir et de mettre en place un statut du beau-parent qui profiterait à toutes les familles recomposées (homoparentales ou hétéroparentales)

Pour nous, il n’y a pas de concession possible. Nous continuerons à dénoncer ces discriminations et à soutenir les parlementaires qui déposeront des amendements dans ce sens. Ils ont ainsi une occasion historique de mettre fin à une discrimination institutionnelle insupportable et d’accorder enfin l’égalité des droits à tous les couples.

Plus que jamais, il est nécessaire d’être solidaires et de se mobiliser en faveur du mariage pour tou-te-s, contre la négation et la haine de l’autre.

vendredi, 04 mars 2011

Un mot, des morts: défendons le droit au séjour des malades

Voici le courrier que je viens d'adresser à tous les parlementaires de la Région Rhône-alpes au nom de la Lesbian and Gay Pride de Lyon.

Le droit au séjour pour soins des étrangers gravement malades est menacé par le projet de loi sur l’immigration qui sera examiné en deuxième lecture à l’Assemblée Nationale à partir du 8 mars prochain.

 


Contre le vote du Sénat, le gouvernement vient de réintroduire devant votre Assemblée un amendement adopté par la Commission des lois le 16 février remettant en cause le droit au séjour des étrangers gravement malades qui vivent en France et qui ne peuvent pas accéder aux soins dans leur pays d’origine (article 17 ter du projet de loi sur l’immigration).

 

 

Les motifs exposés par le gouvernement pour justifier cette réforme ne résistent pourtant pas à un examen sérieux.

 

La protection actuelle des étrangers gravement malades est en effet d’ores et déjà encadrée par des conditions et une procédure très strictes. Elle concerne, après douze ans d’application, un "nombre d’étrangers qui s’est stabilisé" (voir rapport au Parlement, les orientations de la politique de l’immigration, Cici, 12/2009, p.61).

 

 

La loi actuelle ne s’applique qu’aux étrangers résidant déjà en France et ne constitue en aucun cas un moyen pour être autorisé à venir en France pour se faire soigner. Toutes les études épidémiologiques démontrent d’ailleurs que la migration pour raison médicale demeure exceptionnelle.

 

 

Tout en démontrant que cette réforme serait financièrement coûteuse, tant la société civile que le monde des professionnels de santé ont dénoncé ses conséquences extrêmement graves en termes de droit des personnes concernées et de santé publique.

 

 

En effet, le remplacement de la condition actuelle de « non accès effectif au traitement approprié dans le pays d’origine » en seule « indisponibilité du traitement approprié » ne permettra plus de garantir qu’un étranger gravement malade vivant en France puisse être effectivement soigné en cas de renvoi dans son pays d’origine (objectif de la loi de 1998).

 

 

Pour apprécier l’accès effectif aux soins, il faut prendre en compte des facteurs multiples :

 

 

l’état des structures sanitaires du pays ;

 

l’offre quantitative de soins et leur couverture territoriale ;

le manque de personnel médical ;

les ruptures fréquentes de stocks;

le coût des traitements ;

l’existence ou non de couverture maladie permettant une prise en charge financière.

 

Lorsque les traitements existent mais que l’on ne vérifie pas si les malades peuvent les obtenir, il s’agit alors de disponibilité. Dans la plupart des pays en développement, les traitements peuvent être disponibles (dans une clinique) mais ils sont très rarement accessibles (réservés à l’élite).

 

 

Il est donc paradoxal de vouloir à la fois changer la loi votée en 1998 et souhaiter « l’appliquer à la lettre ». Il est politiquement et juridiquement vain de soutenir cette réforme et de vouloir préserver l’ensemble « des instructions ministérielles d’application » qui depuis 1998 prennent en compte les conditions effectives d’accès aux soins dans les pays d’origine en se fondant sur les termes de la loi actuelle.

 


Aucun changement récent dans l’application de la loi actuelle ne justifie davantage une telle réforme présentée dans les mêmes termes par le gouvernement depuis plusieurs années pour ne plus avoir à tenir compte des multiples facteurs faisant obstacle à l’accès effectif aux soins des étrangers gravement malades résidant en France en cas de renvoi dans leurs pays d’origine (voir les mobilisations des professionnels de santé, suite au rapport IGA en 2002 et à l’avant projet de loi sur l’immigration en décembre 2005, ayant entraîné dans le passé l’échec de ce même projet de réforme).

 

 

Quant à la jurisprudence du Conseil d’Etat d’avril 2010, elle n’a rien changé à l’interprétation de la loi actuelle par les autorités médicales.

 

 

Dès 1998, le Ministre de l’intérieur écrivait en effet à l’ensemble des préfets que "la possibilité pour l’intéressé de bénéficier ou non du traitement approprié à son état de santé dans son pays d’origine dépend non seulement de l’existence des moyens sanitaires adéquats mais encore des capacités d’accès du patient à ces moyens" (Circ. min. du 12 mai 1998 d’application de la loi sur l’immigration du 11 mai 1998).

 

Cette circulaire n’a jamais été contredite et a été réaffirmée par instructions du Ministère de la Santé du 30 septembre 2005, du 23 octobre 2007 et du 29 juillet 2010. C’est sur la base de ces textes prenant en compte de manière constante les possibilités concrètes d’accès aux soins dans les pays d’origine que les autorités médicales examinent depuis plus de 12 ans les demandes de régularisation des étrangers gravement malades résidant en France.

 


La jurisprudence du Conseil d’Etat n’a fait que rappeler la bonne application du droit face à certaines dérives dans les Préfectures.

 

 

Le rapporteur public au Conseil d’Etat avait d’ailleurs souligné que le Ministère de l’Intérieur, en refusant que soient prises en compte les possibilités effectives d’accès aux soins dans le pays d’origine dans le cas particulier de cette affaire contentieuse, soutenait une position contraire aux instructions qu’il avait données à ses propres services sur la base de la loi actuelle.

 

 

Les termes équilibrés de la loi votée en 1998 sont le résultat d’une longue réflexion tout au long des années 1990 pour qu’elle remplisse son objectif : éviter qu’un refus d’admission au séjour en France ne signifie la condamnation à mort d’une personne malade.


 

Pour que cet objectif continue d’être atteint, nous en appelons à votre responsabilité de parlementaire pour vous opposer à toute modification de loi actuelle.

 

 
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