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mercredi, 04 janvier 2012

L’exclusion des PVVIH des soins funéraires : une absurdité dangereuse et violente: 46 associations et syndicats interpellent Nora BERRA

Voici le document de position envoyée au ministre de la Santé par 46 associations et syndicats* concernant l’interdiction des soins funéraires aux personnes dont le certificat de décès mentionne qu’elles vivaient avec le VIH.

Les personnes vivant avec le VIH sont exclues des soins funéraires. Parmi les instances consultatives, le Conseil national du sida s’est prononcé contre cette mesure, le Haut conseil de Santé publique recommande de la maintenir. Ce document résume les positions des associations de personnes vivant avec le VIH et de lutte contre le sida. Il explique en quoi cette mesure n’apporte rien à la sécurité des thanatopracteurs et représente une discrimination intolérable.

1 Une mesure qui entretient des représentations erronées sur les risques et la sécurité des pratiques des thanatopracteurs

A La science s’oppose à cette exclusion des soins funéraires

- Les recommandations universelles élaborées sous l’impulsion de l’OMS à la fin des années 80 suffisent à assurer la sécurité des pratiques en matière de contamination au VIH et aux hépatites virales. - Une circulaire de la DGS de juillet 1995 rappelle que « le virus du sida est inactivé par contact avec une solution contenant 2 à 6 p.100 de chlore actif pendant une heure sans températures spécifiques. Ceci est réputé inactiver également les différents virus hépatites. ». - L’arrêté du 20 juillet 1998 est selon le Conseil national du sida lui-même le signe d’une réglementation inutile et complexe, dont cette société savante rappelle la genèse particulièrement absurde, déconnectée de toute recommandation scientifique et de toute expertise associative.

B Le principe de précaution ne peut être invoqué pour justifier cette exclusion

- Selon le Haut Conseil de Santé publique, le risque d’erreur ne peut être nul. L’exclusion des personnes vivant avec le VIH des soins funéraires serait donc justifiée par un principe de précaution. Outre que cette argumentation ne tient pas scientifiquement et épidémiologiquement (voir ci-dessous), l’avis du Haut Conseil a peu de légitimité. D’une part, il n’a pas jugé pertinent de consulter les associations de malade. Ce refus d’un principe fondamental de la démocratie sanitaire amène le Haut Conseil à véhiculer des erreurs dangereuses et discriminantes. D’autre part, le Haut Conseil se fonde sur des études américaines anciennes, qui ne documentent aucun cas de transmission du VIH dans le cadre professionnel d’une opération funéraire. Ces études montrent avant tout que les mesures de précautions doivent être appliquées pour tous. - Le principe de précaution veut au contraire que les recommandations universelles s’appliquent à tous les cadavres. Traiter les corps des personnes dont il est connu qu’elles vivaient avec le VIH différemment des autres est absurde en matière de sécurité. En effet, de nombreuses personnes ne connaissent pas leur statut sérologique, et face à l’exclusion dont sont victimes leur proche décédéE, familles et entourage ne signalent pas l’infection à VIH. L’exclusion ne peut donc être justifiée par le principe de précaution, au contraire, elle fait courir un risque aux thanatopracteurs en entretenant une illusion de sécurité. Le risque d’erreur ne concerne donc pas que les personnes dont on connaît le statut sérologique. La sécurité des professionnelLEs doit donc être assurée par la mise en place des bonnes pratiques pour tous les cadavres. Cela peut représenter des efforts en matière de formation, de conditions de travail, mais l’exclusion de personnes qui vivaient avec le VIH n’a aucune pertinence.

2) Une discrimination insoutenable.

- C’est le rôle des professionnelLEs du funéraire d’aider au mieux les proches de la personne décédée à faire face à sa mort en assurant une cérémonie la plus digne et la plus propice au deuil. L’absence de soins funéraires a pour conséquence l’exposition de corps abîmés qui accroît la détresse de l’entourage. - L’idée de ce qu’on fera de leurs corps à leur mort est insupportable aux personnes vivant avec le VIH et contribue à renforce le sentiment de mal-être et l’exclusion réelle dont elles font l’objet. -En soutenant cette mesure depuis 1998, le gouvernement discrimine publiquement les personnes vivant avec le VIH et invalide ses programmes de lutte contre la stigmatisation : puisqu’une absurdité peut justifier qu’on exclue les PVVIH des soins funéraires, pourquoi les dentistes n’en feraient-ils pas autant ? Les masseurs ? Les infirmières ? A toutes les personnes responsables de discriminations envers les PVVIH par une peur irrationnelle de la contamination, le ministère de la santé et le Haut Conseil de Santé publique, avec la mesure concernant les soins funéraires, leur disent : « vous avez raison, on n’est jamais trop prudent » !

Pour toutes ces raisons, cette interdiction doit être levée.

* Act Up-Paris, Act Up Sud-Ouest, Actif santé, Action Sida Martinique, Actions traitements, Afrique Avenir, Aides, An nou allé, ARAP-Rubis, ARIS-Lyon-Centre LGBTI, Association & BraiseZ, Association Frenchymymy, Association les petits bonheurs, Association Nationale Transgenre, Autres Regards, Cabiria, Centre Gay Lesbien Bi et Trans de Rennes, CheZ VioleTTe, Collectif contre l’homophobie, Comité Idaho, Coordination Interpride France, Couvent des 69 Gaules des Soeurs de la Perpétuelle Indulgence, ELCS, Envie, Fédération LGBT, Fiertés de Provence, Forum Gay et Lesbien de Lyon, Handi-social, Homogène, Inter-LGBT, Les Amis du Bus des Femmes, Lesbian & Gay Pride de Lyon, Lesbian & Gay Pride Montpellier Languedoc-Roussillon, Paillettes Radicales, Paroles, Paroles Autour de la Santé, Réseau Regard, Sidaction, SNEG, SNESUP-FSU, Solidarité sida, Solthis, Strass, Support Transgenre Strasbourg, UNALS, Union Syndicale Solidaires

mercredi, 15 décembre 2010

La Région Rhône-alpes s'engage pour les Objectifs du Millénaire.

campagne_droitsante-hd.pdf

 

Dans un contexte global de crise économique, financière et sociale, les pays les plus pauvres sont les premiers touchés. <

On connaissait déjà les fractures traditionnelles entre les pays du Nord et les pays du Sud : celles de la pauvreté et du sous développement.

 

 

On en voit apparaître d’autres avec, par exemple, la fracture numérique : l’Afrique fait moins de 2% de connections à internet On voit ressurgir les risques de grandes pandémies qui, à partir des foyers de grande insalubrité sanitaire, peuvent, demain, se répandre dans le monde entier.

 

 

Les objectifs du Millénaire pour le Développement ne pourront être atteints que si tous les acteurs apportent leur contribution. Les pays pauvres se doivent d’investir pour l'avenir de leurs populations par le biais de la santé et de l'éducation, les pays riches doivent les soutenir par le biais de l'aide, de l'allègement de leurs dettes et d'un commerce plus juste.

 

 

La Région Rhône-alpes n’a pas attendu l’an 2000 et l’adoption de la charte des Nations unies pour agir. Nous contribuons déjà à la réalisation des huit Objectifs du Millénaire pour le Développement. Ils sont au coeur de notre ac­tion régionale en matière de coopération décentralisée avec des Ré­gions d’Afrique et d’Asie, qui mobilise en Rhône-Alpes le premier bud­get parmi l’ensemble des Régions françaises, après celui de l’Etat.

 

 

Aussi, je suis particulièrement attaché à l’objectif n° 6 du cadre d’action fixée par les Nations Unies qui concerne la lutte contre les grandes pandémies. Il se trouve que l’Afrique subsaharienne demeure la région la plus touchée du monde avec plus de vingt-cinq millions de personnes vivant avec le VIH dont trois millions d’enfants âgés de moins de quinze ans.

 

 

Le VIH est une infection évitable même en l’absence d’un vaccin, lequel n’est à ce jour qu’expérimental. De plus, 59 % des personnes séropositives en Afrique sont des femmes, ce qui tient pour l’essentiel à l’inégalité entre les sexes, au manque d’instruction et au faible statut socio-économique.

 

 

Les structures internationales, tout comme les Etats occidentaux, montrent une certaine impuissance devant ce fléau ravageant des pans entiers de la population africaine.Je reste persuadé qu’une action concertée au sein de l’ARF où chaque région française verserait dans un fonds créé à cet effet une somme correspondant à un pourcentage de son budget consacré à la coopération décentralisée, serait opportune.

 

 

Ce fonds de lutte contre le sida en Afrique aurait pour mission d’intervenir dans différentes directions :

 


  1. la modification des comportements des adultes africains par le recours aux préservatifs et par d’autres moyens qui ont freiné la propagation du VIH dans un nombre croissant de pays pauvres ;

  2. le renforcement très sensible des actions de prévention et d’éducation ;

  3. le financement de traitements antirétroviraux ainsi que, pour les femmes enceintes, la possibilité de recevoir une prophylaxie antirétrovirale visant à prévenir la transmission du virus de la mère à l’enfant ;

  4. les investissements dans la recherche et le développement de nouvelles technologies et de nouveaux instruments permettant une meilleure protection pour les femmes.

 

 

Ce plan pourrait être coordonné avec les initiatives de la Banque Mondiale qui co-finance un important programme d’action pour l’Afrique en matière de lutte contre le VIH/SIDA, tout comme avec celles des ONG ou grandes fondations actives dans cette lutte. Cette initiative viendrait alors en complément d’actions de prévention des endémies (paludisme, maladies parasitaires, etc.) que la Région se doit de mener dans les pays avec les régions desquels elle entretient un partenariat.

 

 

Initiative qui me tient particulièrement à cœur.

 

 

Les Objectifs du Millénaire pour le Développement ne pourront être atteints que si tous les acteurs apportent leur contribution.

 


 

Je me souviens,  alors que s’ouvrait, en septembre dernier à New-York, le sommet de l’ONU pour la réalisation des Objectifs du Millénaire pour le Développement, que toutes les associations de lutte contre le sida avaient manifesté devant l’Assemblée Nationale pour rappeler à la France ses promesses financières pour lutter contre cette pandémie meurtrière.

 

 

 

Afin de continuer les progrès accomplis ces 10 dernières années et de tenir leurs engagements internationaux, les pays riches sont censés doubler leur contribution au Fonds mondial. Pour la France, ceci implique de passer de 900 millions à 1,8 milliard d’euros, sur 3 ans (soit 600 millions/an).

 

 

 

Le compte n’y est pas puisque Nicolas SARKOZY avait annoncé une augmentation de 30 % qui amène la contribution Française à 400 millions/an, bien loin des 600 millions/ans promis. Comme la Droite se targuent des actions du Gouvernement dans ce domaine, qu’elle peut encore tenir des propos aberrants, très loin des réalités de terrains et en totale contradiction avec les revendications des associations, il me paraîssait important de rappeler que le Gouvernement ne tenait pas ses engagements.

 


 

Nous avons malheureusement pris l’habitude ces dernières années que les belles déclarations d’intention du Gouvernement n’étaient malheureusement pas suivies d’effet. Même si l’on vit des temps sans mémoire il n’est pas concevable que la France ne respecte pas ses engagements en matière d’aide publique au développement.

 


Rhône-Alpes a toujours mené une politique déterminée et ambitieuse en matière de coopération décentralisée. On ne peut donc que saluer la décision des élu-e-s du Conseil Régional Rhône-alpes de s'engager aujourd'hui pour l'Objectifs du Millénaire.

 
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