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samedi, 15 décembre 2012

Pour l’Egalité maintenant, contre les discriminations tout le temps !

homoparentalité2.jpgLa proposition de loi sur « le mariage pour toutes et tous » est une très bonne occasion pour les réactionnaires d’occuper l’espace médiatique et la rue. Les homophobes, lesbophobes, transphobes et racistes sont à l’offensive.

Derrière des propos illusoirement et politiquement corrects, se cachent des accusations aussi affligeantes les unes que les autres. Tout y passe : de la polygamie à l’inceste, de la zoophilie au cannibalisme, du déséquilibre psychique qui s’abattra sur tous les enfants de France à l’annonce de la fin du Monde. Derrière leur revendication hypocrite « d’un débat sociétal apaisé », ils cachent une idéologie profondément conservatrice.

Ils veulent ériger en norme dominante le modèle hétéropatriarcal de la famille fondée sur le mariage à vie d’un homme avec une femme. S’obstiner à en faire le modèle obligé de « la société », voire de « l’humanité », revient à dénier le droit à l’existence et au bonheur de toutes les autres familles : monoparentales, pluri-parentales, recomposées, séparées, et homoparentales.

Les manifestations soit-disantes "pacifiques" contre le mariage pour tou-te-s, ont ouvert une brèche intolérable à l’homophobie et à la lesbophobie avec un impact direct et désastreux sur la vie des jeunes homosexuel-le-s.

Face aux attaques obscurantistes contre nos choix de vie, il n’y a aucun compromis possible !

Notre mobilisation doit aussi faire entendre nos revendications. Le projet de loi « mariage pour toutes et tous » ne prévoit toujours pas les mêmes droits entre couples de même sexe et hétérosexuels, notamment sur la filiation. Les droits des familles homoparentales ne sont pas couverts par ce projet de loi.

Des discriminations continueront de fragiliser les familles. Il est grand temps que l’hypocrisie cesse !

Il devient urgent, pour la sécurité des enfants, que la filiation soit établie entre les enfants et leurs parents par l’effet de la loi (présomption de parenté) mais aussi par reconnaissance volontaire : les enfants doivent être protégés dès leur naissance quelle que soit la situation conjugale de leurs parents, tout comme les couples hétérosexuels. Il devient urgent que toutes les femmes puissent bénéficier d’une Procréation Médicalement Assistée (PMA) en toute sécurité. Tous les couples, mariés ou non, hétérosexuels ou homosexuels, doivent pouvoir y accéder. Le projet de loi se doit enfin de définir et de mettre en place un statut du beau-parent qui profiterait à toutes les familles recomposées (homoparentales ou hétéroparentales)

Pour nous, il n’y a pas de concession possible. Nous continuerons à dénoncer ces discriminations et à soutenir les parlementaires qui déposeront des amendements dans ce sens. Ils ont ainsi une occasion historique de mettre fin à une discrimination institutionnelle insupportable et d’accorder enfin l’égalité des droits à tous les couples.

Plus que jamais, il est nécessaire d’être solidaires et de se mobiliser en faveur du mariage pour tou-te-s, contre la négation et la haine de l’autre.

mercredi, 17 août 2011

"L'Eglise chez elle et l'Etat chez lui", Discours prononcé par Victor Hugo le 14 janvier 1850 lors de la discussion de la loi Falloux.

Je ne veux pas de la loi qu’on vous apporte.

Pourquoi ? Messieurs cette loi est une arme. Une arme n’est rien par elle-même, elle n’existe que par la main qui la saisit.

Or, quelle est la main qui se saisira de cette loi ? Là est toute la question.

Messieurs, c’est la main du parti clérical !

Je redoute cette main, je veux briser cette arme, je repousse ce projet.

Cela dit, j’entre dans la discussion.

Je m’adresse au parti qui a, sinon, rédigé, du moins inspiré le projet de loi, à ce parti à la fois éteint et ardent, au parti clérical. Je ne sais pas s’il est dans l’assemblée, mais je le sens un peu partout. Il a l’oreille fine il m’entendra. Je m’adresse donc au parti clérical, et je lui dis cette loi est votre loi.

Tenez, franchement, je me défie de vous. Instruire, c’est construire. Je me défie de ce que vous construisez.

Je ne veux pas vous confier l’enseignement de la jeunesse, l’âme des enfants, le développement des intelligences neuves qui s’ouvrent à la vie, l’esprit des générations nouvelles, c’est-à-dire l’avenir de la France, parce que vous le confier, ce serait vous le livrer.

Il ne me suffit pas que les générations nouvelles nous succèdent, (mais) qu’elles nous continuent. Voilà pourquoi je ne veux ni de votre main, ni de votre souffle sur elles. Je ne veux pas que ce qui a été fait par nos pères soit défait par vous. Après cette gloire, je ne veux pas de cette honte.

Votre loi est une loi qui a un masque. Elle dit une chose et elle en ferait une autre. C’est une pensée d’asservissement, qui prend les allures de la liberté. C’est une confiscation intitulée donation. Je n’en veux pas.

Je repousse votre loi. Je la repousse parce qu’elle confisque l’enseignement primaire, parce qu’elle dégrade l’enseignement secondaire, parce qu’elle abaisse le niveau de la science, parce qu’elle diminue mon pays.

Je la repousse parce que je suis de ceux qui ont un serrement de cour et la rougeur au front toutes les fois que la France subit, pour une cause quelconque une diminution de territoire, ou une diminution de grandeur intellectuelle, comme par votre loi !

Avant de terminer, permettez-moi d’adresser, du haut de la tribune, au parti clérical, au parti qui nous envahit, un conseil sérieux.

Ce n’est pas l’habileté qui lui manque. Quand les circonstances l’aident, il est fort, très fort, trop fort ! Il sait l’art de maintenir une nation dans un état mixte et lamentable, qui n’est pas la mort, mais qui n’est plus la vie. Il appelle cela gouverner. C’est le gouvernement par la léthargie.

Mais qu’il y prenne garde, rien de pareil ne convient à la France. C’est un jeu redoutable que de lui laisser entrevoir - seulement entrevoir - à cette France, l’idéal que voici la sacristie souveraine, la liberté trahie, l’intelligence vaincue et liée, les livres déchirés, le prône remplaçant la presse, la nuit faite dans les esprits par l’ombre des soutanes, et les génies matés par les bedeaux.

C’est vrai, le parti clérical est habile ; mais cela ne l’empêche pas d’être naïf. Quoi ! il redoute le socialisme ! Quoi ! il voit monter le flot, à ce qu’il dit, et il oppose à ce flot qui monte je ne sais quel obstacle à claire-voie. Il s’imagine que la société sera sauvée parce qu’il aura combiné, pour la défendre, les hypocrisies sociales avec les résistances matérielles et qu’il aura mis un jésuite partout où il n’y a pas de gendarme !

Qu’il y prenne garde, le XIXè siècle lui est contraire. Qu’il ne s’obstine pas, qu’il renonce à maîtriser cette grande époque pleine d’instincts profonds et nouveaux, sinon il ne réussira qu’à la courroucer, il développera imprudemment le côté redoutable de notre temps, et il fera surgir, des éventualités terribles.

Oui, avec le système qui fait sortir, l’éducation de la sacristie et le gouvernement du confessionnal. Que le parti clérical le sache, partout où il sera, il engendrera des révolutions ; partout, pour éviter Torquemada, on se jettera dans Robespierre. Voilà ce qui fait du parti qui s’intitule le parti catholique un sérieux danger publie. Et ceux qui, comme moi, redoutent également le bouleversement anarchique et l’assoupissement sacerdotal, jettent le cri d’alarme. Pendant qu’il est encore temps qu’on y songe bien !

Oui, l’Italie est, de tous les Etats de l’Europe, celui où il y a le moins de natifs sachant lire ! L’Espagne, magnifiquement dotée, a perdu, grâce à votre joug, qui est un joug de dégradation et d’amoindrissement, ce secret ide la puissance qu’elle tenait de Dieu, et en échange de tout ce que vous lui avez fait perdre, elle a reçu de vous l’Inquisition.

C’est votre habitude. Quand vous forgez une chaîne, vous dites : Voici une liberté ! Quand vous faites une proscription, vous criez : Voilà une amnistie

Ah ! je ne vous confonds pas avec l’Eglise, pas plus que je ne confonds le gui avec le chêne. Vous êtes les parasites de l’Eglise ; vous êtes la maladie de l’Eglise. Ignace est l’ennemi de Jésus. Vous êtes non les croyants, mais les sectaires d’une religion que vous ne comprenez pas, les metteurs en scène de la sainteté. Ne mêlez pas l’Eglise à vos affaires, à vos combinaisons, à vos stratégies, à vos doctrines, ?à vos ambitions.

Surtout ne l’identifiez pas avec vous. Voyez le tort que vous lui faites.

Vous vous faites si peu aimer que vous finiriez par la faire haïr !

Ah ! nous vous connaissons ! nous connaissons le parti clérical. C’est un vieux parti qui a des états de service. C’est lui qui monte la garde à la porte de l’orthodoxie. C’est lui qui a trouvé pour la vérité ces deux étais merveilleux, l’ignorance et l’erreur. C’est lui qui a fait défense à la science et au génie d’aller au-delà du missel et qui veut cloîtrer la pensée dans le dogme. Tous les pas qu’a faits l’intelligence de l’Europe, elle les a faits malgré lui. Son histoire est écrite dans l’histoire du progrès humain, mais elle est écrite au verso. Il s’est opposé à tout.

C’est lui qui a fait battre de verges Prinelli pour avoir dit que les étoiles ne tomberaient pas ; appliqué à Campanella vingt-sept fois la question pour avoir affirmé que le nombre des mondes était infini et entrevu le secret de la création ; persécuté Harvey pour avoir prouvé que le sang circulait. De par Josué, il a enfermé Galilée, de par saint Paul, il a emprisonné Christophe Colomb. Découvrir la loi du ciel, c’était une impiété ; trouver un monde, c’était une hérésie. C’est lui qui a anathématisé Pascal au nom de la religion, Montaigne au nom de la morale, Molière au nom de la morale et de la religion. Oh ! oui, certes, qui que vous soyez, qui vous appelez le Parti catholique, et qui êtes le parti clérical, nous vous connaissons ! Voilà longtemps déjà que la conscience humaine se révolte contre vous et vous demande : qu’est -ce que vous me voulez ? Voilà longtemps déjà que vous essayez de mettre un bâillon à l’esprit humain.

Et vous voulez être les maîtres de l’enseignement ! Et il n’y a pas un poète, pas un écrivain, pas un philosophe, pas un penseur, que vous acceptiez ! Et tout ce qui a été écrit, trouvé, rêvé, déduit, illuminé, imaginé, inventé, par les génies, le trésor de la civilisation, l’héritage séculaire des générations, le patrimoine commun des intelligences, vous le rejetez. Si le cerveau de l’humanité était là devant vos yeux, à votre discrétion, ouvert comme la page d’un livre, vous y feriez des ratures !

Et vous réclamez la liberté d’enseigner ! Tenez soyons sincères, entendons-nous sur la liberté que vous réclamez, c’est la liberté de ne pas enseigner.

Ah ! Vous voulez qu’on vous donne des peuples à instruire ! Fort bien ! Voyons vos élèves ! Voyons vos produits. Qu’est-ce que vous avez fait de l’Italie ? de l’Espagne ? Depuis des siècles, vous tenez dans vos mains, à votre discrétion, à votre école, sous votre férule, ces deux grandes nations, illustres parmi les plus illustres ; qu’en avez-vous fait ? Grâce à vous l’Italie, cette mère des génies et des nations, qui a répandu sur l’univers toutes les plus éblouissantes merveilles de la poésie et des arts, l’Italie qui a appris à lire au genre humain, l’Italie aujourd’hui ne sait pas lire !

Ce qui vous importune, c’est cette énorme quantité de lumière aujourd’hui plus éclatante que jamais, lumière qui fait de la nation française la nation éclairante, de telle sorte qu’on aperçoit la clarté de la France sur la face de tous les peuples de l’univers. Eh bien, cette clarté de la France, cette lumière libre, cette lumière qui ne vient pas de Rome, voilà ce que vous voulez éteindre, voilà ce que nous voulons conserver ! Tenez, vous venez de Rome ; je vous en fais compliment. Vous avez eu là-bas un beau succès. Vous venez de bâillonner le peuple romain, maintenant vous voulez bâillonner le peuple français. Je comprends, cela est encore plus beau, cela tente. Seulement prenez garde ! c’est malaisé. Celui-ci est un lion tout à fait vivant.

A qui en voulez-vous donc ? Je vais vous le dire. Vous en voulez à la raison humaine. Pourquoi ? Parce qu’elle fait le jour."

jeudi, 11 août 2011

Laïcité et égalité, leviers de l’émancipation par Henri Pena-ruiz.

A propos des lois politiques, le curé Lacordaire a dit l’essentiel : « Entre le fort et le faible, c’est la liberté qui opprime et la loi qui affranchit. » Ainsi, en période de chômage, la loi qui réglemente le licenciement protège les salariés contre le diktat de la force économique. Dans une communauté de droit comme la République, la loi politique, vecteur de l’intérêt général, permet de soustraire les rapports des hommes à l’empire multiforme de la force. La laïcité réalise une telle exigence, et ne favorise ainsi que ce qui est d’intérêt commun. Elle promeut, avec l’autonomie morale et intellectuelle des personnes, la liberté de conscience, ainsi que la pleine égalité de leurs droits, sans discrimination liée au sexe, à l’origine ou à la conviction spirituelle.

La laïcité n’a jamais été l’ennemie des religions, tant que celles-ci s’expriment comme démarches spirituelles et ne revendiquent aucune emprise sur l’espace public. La séparation juridique de la puissance publique d’avec toute Eglise et tout groupe de pression, qu’il soit religieux, idéologique ou commercial, est pour cela essentielle. L’école publique et l’ensemble des services publics doivent être protégés contre toute intrusion de tels groupes de pression.

Il s’agit aujourd’hui de savoir si un espace public vecteur d’émancipation va pouvoir subsister. Qui ne voit que la valorisation excessive des différences, si constamment à la mode, conduit à la guerre ? En période de tensions sociales et internationales, il est grave de laisser croire que ces « différences » doivent pouvoir s’exprimer n’importe où, sans conditions. On expose ainsi les personnes qui entendent rester libres, et refusent tout fanatisme de la différence religieuse ou culturelle, à être couvertes de honte, stigmatisées, voire agressées.

Les auditions de la commission Stasi ont mis en évidence la gravité des menaces qui pèsent sur ces personnes, dont certaines ont tenu à témoigner en audiences privées par peur de représailles. Est-il acceptable que, dans les banlieues dites sensibles, des jeunes femmes soient insultées, voire violentées parce qu’elles refusent de porter le voile ? Est-il acceptable que des professeurs soient récusés en raison de leur sexe ou du contenu de leur enseignement, par exemple sur l’évolution des espèces en biologie ou sur le génocide des juifs en histoire ? Est-il acceptable que, du droit légitime à se nourrir selon ses habitudes culturelles, on puisse glisser à la revendication de tables de cantine communautaristes ?

La naïveté n’est pas de mise. Dans la défense du port de signes religieux, en particulier à l’école, certains sont de bonne foi, même s’ils méconnaissent manifestement les exigences propres du lieu scolaire. Mais d’autres n’ont rien d’enfants de chœur. Il s’agit de groupes organisés qui conjuguent l’utilisation sophistique la plus habile de la rhétorique de la liberté et de la tolérance, là où ils n’ont pas encore le pouvoir, et les menaces assorties de violences diverses dans les quartiers où ils le détiennent de facto. Il est triste que certaines organisations – pourtant vouées à la défense de l’idéal laïque et des libertés – soient encore aveuglées et manifestent leur hostilité à une mesure législative destinée à conforter la laïcité. L’esprit laïque s’est-il affaissé en même temps que la défense résolue des acquis sociaux ?

Amalgame entre religion et identité. 

Il est navrant d’assister à une confusion conceptuelle qui conduit à traiter comme raciste toute mise en cause polémique d’une religion. Notons d’ailleurs l’aberration d’un tel confusionnisme. Le racisme vise un peuple comme tel. Quel peuple vise la critique de l’islam ? La population arabe ? Elle est démographiquement minoritaire parmi les musulmans... Le poison de l’amalgame entre culture et religion, ou encore entre religion et identité, fausse constamment les débats.

S’il faut poursuivre en justice un écrivain qui tourne en dérision l’islam, alors il faudra également bannir des bibliothèques Voltaire, lui qui écrivait « écrasons l’infâme » à propos du cléricalisme catholique, ou Spinoza, qui n’avait pas de mots assez durs pour les théologiens rétrogrades. Le colonialisme, le racisme, la discrimination au nom de l’origine sont des abjections. C’est entendu. Mais l’oppression des femmes, le credo imposé, le marquage identitaire exclusif, la religion convertie en domination politique n’en sont-elles pas également ? Et devra-t-on se taire devant les secondes abjections sous prétexte de lutter contre les premières ?

Certes, une mesure législative interdisant les signes religieux ostensibles ne règle pas tout – d’ailleurs elle ne le prétend pas. Mais elle sauve l’espace public, commun à tous, du danger qui le guette si, au nom de la tolérance ou d’une laïcité prétendue « ouverte » ou « plurielle », on en vient à le fragmenter, à faire des concessions aux communautarismes, à briser l’unité de loi qui, en République, délivre des groupes de pression. La laïcité n’a pas besoin d’adjectif. Depuis dix ans, la laïcité dite « ouverte » a fait la preuve de son échec. Les représentants du principal syndicat des chefs d’établissement, ainsi que de nombreux professeurs, ont dit leur lassitude de devoir faire du « droit local », c’est-à-dire d’être livrés à la géométrie variable des rapports de forces. C’est ce message, et les cris de détresse des femmes qui ne renient pas leur culture ni leur spiritualité mais n’entendent plus être asservies ou menacées quotidiennement, que la commission a voulu entendre en proposant une grande loi sur la laïcité, appliquant les mêmes exigences à toutes les religions, et qu’il est pour le moins inadmissible et faux de présenter comme une loi d’exception et de stigmatisation.

La commission Stasi n’était pas d’emblée acquise à l’idée de cette loi, et c’est très librement, en leur âme et conscience, que ses membres s’y sont ralliés. La diversité même de ces membres suffit à récuser tout procès d’intention.

L’école laïque est un des derniers lieux à mettre en avant ce qui unit tous les êtres humains plutôt que ce qui les divise. C’est pourquoi elle n’a pas à encourager le différencialisme identitaire, ou la stigmatisation sexiste, que le motif en soit religieux ou non. Elle ne nie pas pour autant les « différences », comme le prétend la sempiternelle rengaine de certains – parmi lesquels d’authentiques antirépublicains. Elle se soucie simplement que leur régime d’affirmation reste compatible avec l’universalisme des droits et la liberté reconnue à chacun de se définir, voire de se redéfinir, sans subir d’allégeance obligée à un groupe.

Apprendre les mathématiques ou l’histoire, ce n’est pas comme acheter des timbres à La Poste ou prendre le train. L’attitude de recherche et d’ouverture au savoir est incompatible avec l’affirmation péremptoire d’une identité plus fantasmée que librement choisie, surtout à un âge où l’on se construit. Le lieu scolaire n’est pas anodin, et il est irrecevable de lui appliquer le même régime de libertés qu’à la rue ou à la place publique. Beaucoup d’élèves sont mineurs, et il semble irréaliste de prétendre qu’ils disposent pleinement d’eux-mêmes en ce qu’ils sont ou en ce qu’ils font. Une fillette voilée de 13 ans qui récite par cœur un avis du Conseil d’Etat donne une petite idée de ce que peut recouvrir la « liberté des élèves ».

La concorde intérieure au lieu scolaire est très largement due au fait que les élèves ne songent pas d’abord à se marquer ou à se démarquer. Le feraient-ils, par l’effet de quelque pression malveillante, qu’on n’aurait pas à les y encourager. Cette règle n’interdit pas l’expression discrète d’une foi ou d’une conviction, mais proscrit toute manifestation d’appartenance religieuse par une tenue ou un signe. Des proviseurs ont fait état de regroupements d’élèves par affinités religieuses dans les cours de lycée, avec les risques de tensions et d’affrontements qui en découlent. Demain, des milliers de jeunes filles seront reconnaissantes à la République d’avoir su préserver leur droit de se rendre tête nue à l’école et de s’asseoir à côté des garçons avec le même statut qu’eux.

Qu’on ne vienne pas opposer ici le dialogue de la persuasion éducative et la loi, comme s’ils devaient former une alternative exclusive. On ne peut dialoguer et persuader quand, en même temps, se joue un bras de fer qui a pour objet de tester la résistance de la laïcité et de la République. C’est donc la loi qui permettra un vrai dialogue, car alors le sort de la norme ne sera plus en jeu. Chacun sait que la démarche pédagogique ne peut aller de pair avec un rapport de forces. Et comment croire ceux qui réclament le dialogue à l’école, sans interdiction du voile, alors que dans certaines cités sont caillassées ou injuriées les jeunes filles qui ont choisi d’être tête nue ?

Certes, la laïcité ne peut pas tout. Elle fait valoir à la fois des droits et des devoirs. Mais il existe des situations sociales qui rendent peu crédibles les droits et, partant, disposent mal ceux qui en sont victimes à assumer leurs devoirs à l’égard de la République laïque. Il serait injustifié d’en tirer la conclusion que les exigences de la laïcité sont illégitimes et de renoncer à les affirmer. D’autant que, dans nombre de cas, ce n’est pas l’injustice sociale qui est en cause, mais un projet politique d’opposition à la laïcité. Il n’en reste pas moins que le souci d’affirmer la laïcité ne peut se désintéresser des conditions sociales qui la rendent crédible.

La lutte politique contre la violence intégriste doit être comprise comme le souci de promouvoir une conscience lucide des vraies causes des problèmes, en lieu et place d’un diagnostic fallacieux qui incrimine la modernité, la République et l’émancipation laïque. Nous sommes devant une situation assez similaire à celle que décrivait Marx lorsqu’il s’en prenait non à toute conscience religieuse, mais à la religion utilisée comme « supplément d’âme d’un monde sans âme ». En Grande-Bretagne, le retrait de l’Etat et des services publics hors des « banlieues difficiles » a objectivement eu pour effet de « déléguer » la question sociale aux intégristes religieux, qui se paient le luxe de tenir un discours anticapitaliste. Il faut retenir cet exemple, et en tirer les conséquences pour notre pays.

L’intégrisme religieux est en réalité complice de la dérégulation libérale outrancière qui fait aujourd’hui des ravages. Objectivement, car il évite soigneusement de formuler le vrai diagnostic, qui doit mettre en cause le seul capitalisme. Subjectivement, car le maintien d’une conscience mystifiée qui fatalise la mondialisation capitaliste libérale en voulant y voir, par un amalgame malhonnête, la seule manifestation possible de la modernité, produit du désespoir en invalidant toute réelle alternative sociale et ne propose que la charité pour toute « solution ».

Il serait donc largement temps de réactiver simultanément les authentiques leviers de l’émancipation humaine : la lutte sociale et politique contre toutes les dérégulations capitalistes et pour la promotion des services publics, qui produisent de la solidarité et non de la charité ; la lutte pour une émancipation intellectuelle et morale de tous, afin qu’une conscience éclairée des vraies causes permette de résister aux fatalités idéologiques ; la lutte pour l’émancipation laïque du droit, gage de liberté de tous les êtres humains, ainsi promus à la véritable autonomie éthique – choisir son mode de vie, sa sexualité, son type de relation à autrui dans le respect des lois communes, accéder sans entrave à la contraception ou à l’interruption volontaire de grossesse (IVG).

On objectera que les inégalités sociales et culturelles des familles hypothèquent l’égalité des chances à laquelle l’école publique et laïque contribue. Certes. Mais le diagnostic ne met pas en cause l’école elle-même : il renvoie aux injustices sociales et appelle donc une action appropriée.

L’existence de discriminations, reflet d’un racisme ordinaire persistant, doit être évoquée comme toile de fond de la réflexion, comme tout ce qui fragilise la laïcité. Entre autres, la discrimination à l’embauche, souvent subie sans recours, peut conduire ceux qui en sont victimes à désespérer du modèle républicain et des valeurs qui lui sont liées. Ainsi, alors que l’école laïque prône l’émancipation et s’efforce d’en réaliser les conditions intellectuelles, la société civile réintroduit une inégalité.

Il ne faut pas s’étonner ensuite qu’une sorte de conscience victimaire conduise à valoriser a contrario l’origine ainsi stigmatisée, voire à la mythifier par le fanatisme de la différence. Le risque de la dérive communautariste, dès lors, n’est pas loin. Il ne faut pas que la grandeur des principes soit démentie par la bassesse des pratiques. Car la laïcité n’est pas un particularisme accidentel de l’histoire de France, elle constitue une conquête à préserver et à promouvoir, de portée universelle.

Henri Pena Ruiz, Le Monde Diplomatique, février 2004.

mercredi, 27 juillet 2011

La religion n’est pas un service public par Henri Pena-Ruiz, Philopsophe

Le philosophe, Henri Pena-Ruiz, publiait le 30 mars dernier, une tribune dans le journal Libération. Elle est disponible ici: http://www.liberation.fr/societe/01012328412-la-religion-...

Apparemment notre république serait trop pauvre pour faire vivre des grands services publics communs à tous, croyants, agnostiques et athées. Asphyxie organisée de l’école publique, démantèlement des hôpitaux de proximité, privatisations en tous genres, etc. L’ultra-libéralisme fait son œuvre. La solidarité redistributive n’est plus à l’ordre du jour. En revanche la république serait assez riche pour financer des lieux de culte, qui ne concernent pourtant que les croyants pratiquants, une petite minorité. M. Sarkozy prône le supplément d’âme d’un monde sans âme. La terre vous paraît bien injuste voire invivable ? Réfugiez-vous donc dans le ciel ! Le protecteur des nantis ose dire sans ambages : «La république a besoin de croyants» (discours au palais du Latran).

La religion réduite à une compensation, et reconnue d’utilité publique ? Napoléon, que ne hantait pas une foi très vive, avait expérimenté la recette avec son concordat, qui aujourd’hui encore en Alsace-Moselle fait financer par tous les citoyens, croyants ou non, le culte de certains. Les mauvais coups contre la laïcité n’ont cessé. Voici venir le coup de grâce. Le prétexte en est l’utilisation illégitime d’une rue pour la prière, par des citoyens musulmans instrumentalisés politiquement. Certes la convergence hebdomadaire, vers la même rue, de fidèles de toute la région parisienne est clairement une manifestation en forme de défi. Elle usurpe l’espace public. Mais c’est un cas rarissime. N’importe. C’est une aubaine pour le FN qui se découvre adepte d’une laïcité à géométrie variable, que jamais il n’a invoquée contre les privilèges publics du catholicisme. Une aubaine aussi pour M. Sarkozy, qui s’apprête à détruire la laïcité en raturant la loi de 1905 sous prétexte de faire cesser le trouble. Janus biface, il «libère» la rue… mais accueillera les fidèles dans des mosquées payées par la puissance publique !

Notre sauveur fera ainsi coup double. D’une part il se présentera comme le gardien de la sécurité qui a toujours besoin de s’inventer un ennemi : jeunes des banlieues, immigrés, Roms, et maintenant musulmans des caves ou des rues. Funeste recette de la popularité que celle qui nourrit les peurs collectives ! D’autre part, le rétablissement de l’ordre public sera un prétexte pour faire payer aux contribuables des lieux de culte que ne devraient financer que les croyants.

Il fait ainsi croire que le seul problème réel est celui de l’intégration religieuse alors que la population visée souffre avant tout d’exclusion sociale et économique. Parler de l’islam sans le distinguer de l’islamisme politique, pourtant groupusculaire, est inadmissible. On prétend adapter la laïcité aux religions. N’est-ce pas plutôt à celles-ci de s’adapter à la laïcité, vecteur de liberté et d’égalité ? A-t-on jamais demandé aux droits de l’être humain de s’adapter aux coutumes ? Ce serait supprimer un levier d’émancipation. Les femmes en savent quelque chose, qui souffrent encore des préjugés machistes longtemps sacralisés par les religions du Livre. Ceux qui combattent la laïcité pour restaurer leurs privilèges perdus, et non une spiritualité désintéressée, se frottent les mains. Le scénario actuel les comble.

Premier temps : l’invention de la notion insultante de laïcité ouverte, ou positive. Parle-t-on de justice «ouverte» ? Ceux qui refusent l’égalité de traitement des croyants et des athées militent pour que les religions soient reconnues d’utilité publique. Cela les conduit à affubler la laïcité d’adjectifs polémiques et à la prétendre hostile aux religions.

Deuxième temps : le brouillage de la distinction entre cultuel et culturel. Puisque la loi laïque réserve l’argent public à ce qui est d’intérêt général, comme par exemple la culture, le rapport Machelon propose que le financement direct de la culture assure le financement indirect du culte. La ficelle est grosse. On dira que certains élus le font déjà. Mais l’infraction à la loi n’appelle nullement sa suppression. Qui propose d’abolir les feux rouges sous prétexte que certains les grillent ?

Troisième temps : le paravent du secours aux musulmans des caves. Comment déguiser une restauration de privilèges en bonne action égalitaire ? Par l’invocation d’un mythe : la pénurie supposée des lieux de cultes musulmans. En 1976, on recensait 150 salles de prière. En 1985, 900. Aujourd’hui, 2 147. Deux services de prière par jour suffiraient à accueillir tous les fidèles. La rue comme lieu de culte n’est donc pas une fatalité. Quatrième temps : l’abolition de la séparation laïque. La main sur le cœur on propose de réparer une injustice imaginaire en détruisant la loi de 1905. Quand de l’argent public aura été dépensé pour une mosquée, les tenants des autres religions s’exclameront : «Pourquoi pas nous ?» L’égalité républicaine ne permet pas que l’on donne aux uns ce qu’on refuse aux autres. A ceci près qu’à ce compte-là il faudra financer aussi les libres penseurs, les francs-maçons, les rationalistes, etc. Bref, il faudra communautariser l’argent public.

Jean Jaurès, en 1904, pensait aux retraites ouvrières : supprimer le budget des cultes, c’était transférer à l’Etat des moyens pour mieux assumer son rôle social. Pensons aussi à la santé pour tous. Un citoyen de confession musulmane hospitalisé dix jours, au prix moyen de six cents euros la journée, économise six mille euros si le service public de santé existe. Dans le meilleur des mondes ultralibéraux, il doit les payer, s’il peut, mais l’Etat lui fournit une mosquée. Quand on sait que seulement 18% des citoyens musulmans fréquentent une mosquée, on voit bien qui perd au change !

Il va de soi qu’il faut mettre un terme aux pratiques discriminatoires de certaines municipalités qui empêchent l’acquisition de terrains destinés à des lieux de culte musulmans. La république laïque n’a pas à financer de lieux de culte mais elle doit garantir juridiquement la possibilité d’en construire. Certains agitent l’épouvantail de l’intégrisme et disent : «Payons, ainsi nous contrôlerons.» Où est l’erreur ? Dans la prétention humiliante d’un tel chantage : voici un lieu de culte, mais attention à ce que vous allez y dire. Où est la faute ? Dans l’oubli de ce qu’est l’état de droit. En république, ce sont les lois qui règlent la liberté de parole. Un prêche qui incite à battre une femme est un délit : incitation à la violence. Peu importe alors que le lieu de culte soit privé ou public, la sanction sera la même. La république laïque ne fonde aucune norme sur un particularisme. Seule compte l’autorité de lois qu’inspire le droit (intégrité physique, égalité des sexes).

Marianne ne s’est pas séparée du Dieu qui la dominait pour le dominer à son tour, mais pour faire disparaître toute domination et tout privilège. Ne sacrifions pas l’universel sur l’autel du particulier. Préservons la laïcité.

Henri Pena-Ruiz

vendredi, 01 avril 2011

Pour défendre la laïcité et le vivre ensemble, participez au happening

Après nous avoir infligé le honteux débat sur l'identité nationale en 2010, l'UMP réitère avec un  débat soi-disant sur « la laïcité ».

Ne nous trompons pas ! Par le buzz médiatique qu'il orchestre autour de l’Islam, le parti au pouvoir cherche à masquer son échec politique en désignant des responsables des maux sociaux qui traversent notre pays. Cette logique de bouc émissaire est inacceptable, d'autant plus de la part d'un parti au gouvernement.

Pour éviter les polémiques, l’UMP cache sa volonté de stigmatiser une religion en particulier et ses pratiquants, derrière un terme positif qui nous rassemble, celui de « laïcité ».

Nous le savons : la loi de 1905 garantit la liberté de conscience à tous les citoyens en instituant la neutralité de l’État et de ses institutions. Elle ne doit pas servir à stigmatiser injustement une minorité.

La laïcité est un principe fondamental de notre République et un des fondements du vivre ensemble, c'est pourquoi nous refusons de nous taire et de laisser l'UMP et le gouvernement actuel la mettre en péril.

Pour défendre la laïcité et le vivre ensemble, participez au happening :

le mardi 5 avril à 18 h
devant la permanence départementale de l'UMP,
au 25 rue Edouard Herriot, 69001 Lyon,


le jour de la Convention nationale de l'UMP sur "la laïcité",

Dress code : venir avec une pancarte "Je suis la laïcité" ou "La laïcité, c'est moi".

Nous appelons les militants des associations de défense des Droits de l'Homme, syndicaux et politiques, les élu-e-s et tou-te-s les citoyen-ne-s à se joindre à nous afin de protéger les valeurs qui ont toujours dirigé nos actions et qui nous sont chères.

Les organisations signataires (par ordre alphabétique) :

- de défense des Droits de l'Homme : Fédération du Rhône de la Ligue des Droits de l'Homme (LDH), Forum Gay et Lesbien (FGL), Homosexualité Et Socialisme (HES) Lyon, Lesbian and Gay Pride (LGP) Lyon, SOS Racisme Rhône ;

- de laïcité : Union des FAmilles Laïques (UFAL) Rhône, Fédération des œuvres laïques (FOL) 69 ;

- de jeunesse : Jeunes Radicaux de Gauche (JRG) Rhône, Jeunes Ecologistes de Lyon, Melting Potage, Mouvement Jeunes Communistes de France (MJCF) Rhône, Mouvement des Jeunes Socialistes (MJS) Rhône,

- et syndicales : Fédération Syndicale Unitaire (FSU) Rhône, Union des Etudiants Communistes (UEC) Lyon, Union Nationale des Etudiants de France (UNEF) Lyon, Union Nationale Lycéenne (UNL) Rhône.

lundi, 30 août 2010

« Contre la politique de haine: Liberté, Égalité, Fraternité ».

La Lesbian and Gay Pride de Lyon, le Forum Gay et Lesbien de Lyon et Chrysalide,  relayant l'appel national « Contre la xénophobie et la politique du pilori », appellent au sein d'un collectif large d'association de défense des droits de l'Homme, de partis et de syndicats, toutes les citoyennes et tous les citoyensà manifester dans les rues de Lyon comme partout en France

 

Samedi 4 septembre prochain à partir de 14 h 00

depuis le Veilleur de Pierre de la place Bellecour

A l’occasion du 140e anniversaire de la République

Derrière une banderole unitaire, « Contre la politique de haine: Liberté, Égalité, Fraternité ».

 

Les plus hautes autorités de l’Etat ont fait le choix de jeter à la vindicte publique des catégories entières de population : Roms et Gens du voyage accusés comme les étrangers d’être des fauteurs de troubles, Français d’origine étrangère sur lesquels pèserait la menace d’être déchus de leur nationalité, parents d’enfants délinquants, etc. Voici que le président de la République accrédite aussi les vieux mensonges d’une immigration coûteuse et assimilée à la délinquance, et offre ainsi à la stigmatisation des millions de personnes en raison de leur origine ou de leur situation sociale.

 

Ce qui est à l’œuvre dans cette démarche ne s’inscrit pas dans le débat légitime, dans une démocratie, sur la manière d’assurer la sûreté républicaine. Le nécessaire respect de l’ordre public n’a pas à être utilisé pour créer des distinctions entre les habitants de ce pays et désigner des boucs émissaires, ni pour instituer des peines de prison automatiques, contraires aux principes fondamentaux du droit pénal, à l’indépendance de la justice et à l’individualisation des peines.

 

La Constitution de la France, République laïque, démocratique et sociale, assure « l’égalité devant la loi de tous les citoyens sans distinction d’origine, de race ou de religion ».

 

Nul, pas plus les élus de la nation que quiconque, n’a le droit de fouler au pied la Constitution et les principes les plus fondamentaux de la République.

 

Notre conscience nous interdit de nous taire et de laisser faire ce qui conduit à mettre en péril la paix civile.

 

Nous appelons à une grande manifestation citoyenne à l’occasion du 140e anniversaire de la République

Samedi 4 septembre

Place Bellecour à 14h00

 

Signataires: Mouvement Français pour le Planning Familial, Lesbian and Gay Pride de Lyon, Sud Education, CIRDEL, Collectif Rrom, Résovigi, Union National des Etudiants de France (UNEF)Lyon, Union Juive Française pour la Paix (UJFP), ARTAG, Mouvement des Jeunes Socialistes (MJS), Coordination contre le Racisme et l’Islamophobie (CRI), DiverCité, Ras l’Front, Collectif de soutien aux sans-papiers et demandeurs d'asile du Rhône(CSP 69), Collectif Lyonnais pour l’Accès à la Scolarisation et au Soutien des Enfants des Squats (CLASSES), Secours Catholique, La Maison des Passages, Forum Gay et Lesbien de Lyon, Chrysalide, AC! Agir ensemble contre le chômage, Les Alternatifs, Les amoureux au banc public, Association de défense des droits de l’Homme au Maroc (ASDHOM), Association France Palestine Solidarité (AFPS), Association des Marocains en France (AMF), Association nationale des Gens du voyage catholiques (ANGVC), Association républicaine des anciens combattants (ARAC), ATTAC, Autremonde, Cedetim, Confédération française démocratique du travail (CFDT), La Confédération Paysanne, La Cimade, Le Cran, Droit au logement (DAL), Emmaüs France, Europe Ecologie, Fédération pour une alternative sociale et écologique (Fase), Fédération des associations de solidarité avec les travailleurs immigrés (FASTI), Fédération nationale des associations d’accueil et de réinsertion sociale (FNARS), Fédération SUD Education, Fédération syndicale unitaire (FSU), Fédération des Tunisiens pour une citoyenneté des deux rives (FTCR), FNASAT-Gens du voyage, Fondation Copernic, France Terre d’Asile, Gauche unitaire, Groupe d’information et de soutien des immigrés (GISTI), Les Jeunes Verts, Ligue des droits de l’Homme (LDH), Ligue de l’enseignement, Marches européennes, Médecins du Monde, Le Mouvement de la Paix, Mouvement contre le racisme et pour l’amitié entre les peuples (MRAP), le Nouveau Parti anticapitaliste (NPA), le Parti communiste français (PCF), le Parti de Gauche, le Parti socialiste (PS), Réseau d’alerte et d’intervention pour les droits de l’Homme (RAIDH), Réseau Education Sans Frontière (RESF), SNESUP-FSU, SOS Racisme, Syndicat des avocats de France (SAF), Syndicat de la magistrature (SM), Union syndicale Solidaires, Les Verts.

 
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