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vendredi, 20 avril 2012

Une seule consigne de vote : voter pour l’Égalité ! Et voter pour l’Egalité, c’est déjà voter contre le FN !

A quatre jours du vote de dimanche, la Lesbian and Gay Pride de Lyon et le Forum Gay et Lesbien de Lyon appellent à la plus forte mobilisation de toutes et tous pour se rendre aux urnes et voter dimanche prochain.

Pour les lesbiennes, gays, bi et trans (LGBT), conscient-e-s que leur combat pour l’égalité des droits passe par la défense de notre modèle démocratique et social, la première priorité est de s’opposer aux idées d’extrême droite, et de rendre le score de Marine LE PEN le plus bas possible.

Cette candidate n’a pas cessé pendant toute la campagne de multiplier les provocations et les messages discriminatoires. Marine LE PEN a ainsi montré que le Front national n’a pas changé, qu’il reste un parti xénophobe et contre l’égalité des droits, et qu’il est résolument l’adversaire des étrangers mais aussi des femmes et des lesbiennes, gays, bi et trans (LGBT).

Le projet de Marine LE PEN et du Front National est fondé sur une matrice homophobe, transphobe, sexiste, raciste et antisémite qui n’est pas compatible avec les valeurs républicaines que nous portons :

1°) Marine LE PEN se braque contre l’égalité des droits.

Son projet pour ces élections érige en norme dominante le modèle (hétéropatriarcal) de la famille fondée sur le mariage « traditionnel » : « un père
-  une mère - un ou plusieurs enfants ». Dans son programme le Front National réaffirme qu’il est clairement hostile à l’ouverture du mariage aux couples de même sexe et plus généralement à toute forme de reconnaissance de l’homoparentalité.

2°) Marine LE PEN veut enfermer les LGBT au placard.

Elle veut rendre invisible les LGBT dans l’espace public. Elle essaye de faire passer la lutte contre l’homophobie et la transphobie pour du communautarisme. Elle estime que les associations LGBT demandent d’abord le « droit à la différence » plutôt qu’un prétendu « droit à l’indifférence ». Pourtant, l’égalité des droits n’est en rien un « droit à la différence » mais s’inscrit bien dans une démarche universaliste. Le « droit à l’indifférence », qu’elle appelle de ses voeux, n’est autre que le « devoir de rester au placard », celui de se nier.

3°) Marine LE PEN souhaite que les femmes restent cantonnées à leur rôle de mère de famille au foyer et s’oppose au droit des femmes à disposer de leur corps.

Elle veut le déremboursement de l’avortement par la Sécurité Sociale. Elle souhaite aussi la création d’un revenu parental, équivalent à 80 % du SMIC pendant 3 ans à partir du deuxième enfant, et renouvelable pour 4 ans pour le troisième enfant. Ce « revenu parental » s’adresse implicitement aux femmes pour les inciter à rester au foyer, selon une vision traditionaliste de la famille patriarcale.

4°) Marine LE PEN instrumentalise les violences faites aux femmes et aux LGBT à des fins racistes.

Stratégie nouvelle pour le Front National, Marine LE PEN se revendique aujourd’hui de la laïcité, du progrès du droit des femmes, de la défense des homosexuel-le-s agressé-e-s, principes que le Front National a toujours rejetés, afin de légitimer une haine anti-musulman. Elle s’appuie sur le statut de victime, de personnes discriminées pour mieux désigner des « boucs émissaires » qui seraient responsables de ces violences et de ces discriminations avec, en tête, les populations issues de l’immigration ou les musulmans.

5°) Marine LE PEN n’a toujours pas désavoué les propos de Jean-Marie LE PEN sur les malades du sida.

En mai 1987, Jean-Marie Le PEN, s’attaquait aux malades du sida et proclamait

« Les sidaïques, en respirant du virus par tous les pores, mettent en cause l’équilibre de la Nation. (...) Le sidaïque, (...) il faut bien le dire, est contagieux par sa transpiration, ses larmes, sa salive, son contact. C’est une espèce de lépreux, si vous voulez »

En 2012 : l’Egalité n’attend plus !

Par ailleurs, la Lesbian and Gay Pride de Lyon et le Forum Gay et Lesbien de Lyon sont fermement unis derrière une plateforme revendicative qui n’a qu’un leitmotiv : l’Égalité !

Ainsi, dans le cadre de la campagne Égalité LGBT 2012, nous nous sommes efforcés de rendre publique une information détaillée, complète et critique sur les implications et les propositions des autres candidat-es, afin de voter en toute connaissance de cause, pour l’Egalité.

La lutte pour les droits humains et l’égalité des droits, dont les questions LGBT, n’est jamais secondaire dans une élection, beaucoup de citoyen-ne-s y sont attaché-e-s quelles que soient leur orientation sexuelle ou leur identité de genre.

Les personnes LGBT ne sont pas des sous-citoyen-ne-s, quoi qu’on en dise. En 2012, l’Egalité doit enfin devenir une réalité. Les Lesbiennes, Gays, Bi et Trans n’attendent plus !

vendredi, 13 avril 2012

La supercherie Marine LE PEN.

mercredi, 28 mars 2012

Le Front national n'aura pas de tribune

Dans le cadre de la campagne « Egalité LGBT 2012 » les associations Lesbiennes, Gaies, Bi et Trans (LGBT) ont fait le choix d'interpeller l'ensemble des candidat-e-s et tous les partis à l'exception de Marine LE PEN et de l'extrême droite.

Cette position mérite d'être accompagnée d'un argumentaire pour expliquer pourquoi nous ne considérons pas ce parti et cette candidature comme les autres.

Notre attitude n'est en rien discriminante. Nous remettons simplement le FN à sa place et rappelons avec fermeté qu'une organisation de lutte contre les discriminations ne peut faire d'un parti qui fonde son orientation politique sur la discrimination un interlocuteur crédible.

Marine LE PEN bénéficie d’un espace médiatique considérable. Dans ce cadre, les associations Lesbiennes, Gaies, Bi et Trans ne refuseront jamais un débat vif et sans concession avec elle pour s'opposer à son discours et mettre en exergue ses contradictions.

Cette note se découpe en cinq parties, illustrées par des propos publics tenus par les cadres frontistes :

1. le FN veut enfermer les LGBT au placard ;

2. le FN et sa vision très traditionnelle de la famille ;

3. le FN opposé à la liberté des moeurs, aux droits des femmes et à l'égalité femme-homme ;

4. le FN instrumentalise les violences faîtes aux femmes et aux LGBT à des fins racistes,

5. le vrai visage du Front National

I°) le Front National veut enfermer les LGBT au placard

Marine LE PEN ne porte pas les combats pour l’Egalité. Elle essaie de faire passer la lutte contre l’homophobie, la lesbophobie et la transphobie pour du communautarisme. D'autre part, elle estime que les LGBT demandent d'abord le « droit à l'indifférence » plutôt qu'un prétendu « droit à la différence ». L'égalité des droits n'est en rien un « droit à la différence » mais s'inscrit dans une démarche universaliste.

Le « droit à l'indifférence » dont elle parle n'est autre que le « droit de rester au placard », celui de se nier. Elle appuie ses arguments sur les discours de « ses amis homosexuels » comme son père évoquait ses « amis noirs ». A ce titre elle oppose le discours de ses « amis homosexuels » fussent-ils imaginaires à celui des associations, bien plus représentatives des aspirations d'égalité des droits des LGBT. Le Front National veut rendre invisible les LGBT dans l’espace public.

A titre d’exemple, le Front National de l’Yonne, par la voix de Richard JACOB, a demandé le 09 mars dernier, l’interdiction de la première marche des fiertés LGBT bourguignonne (organisée par Agir contre les discriminations, le 23 juin prochain à Auxerre). Dans le journal l’Yonne daté du 09 mars 2012, Richard JACOB déclarait ainsi: « cette homosexualité doit rester dans le domaine du privé et pas rentrer dans le domaine public » Le 28 janvier 2011, pour le Monde.fr, Marine LE PEN « je suis totalement contre le mariage homosexuel et d'ailleurs, je pense que les homosexuels ne le réclament pas. Je pense que les associations soi-disant représentatives ne sont pas représentatives (des homosexuels) et l'immense majorité des homosexuels réclament non pas le droit à la différence mais le droit à l'indifférence ».

Dans un argumentaire pour le Front National Jeune, rédigé par Antoine MELLIES (chargé des argumentaires pour le FNJ) : « pour les personnes homosexuelles, loin de défendre un droit à la différence qui assure l’égalité dans l’institution du mariage, sont beaucoup plus attachées au droit à l’indifférence ; c’est-à-dire au respect de leur vie privée sans cesse dévoyée par les manifestations scandaleuses de ces lobbies illégitimes »

Le Front National jette régulièrement l’opprobre sur les associations LGBT, féministes et de défense des droits humains. Leurs élus réclament régulièrement la suppression des subventions aux associations.

A titre d'exemple, les élu-e-s du FN de la Région Rhône-Alpes n'ont pas voté la demande de subvention de la Lesbian and Gay Pride de Lyon pour le Sidaction, en effet sur son blog, Sophie ROBERT, conseillère régionale FN explique que « sous couvert de lutte contre le Sida, cette manifestation a des relents de christianophobie et de pornographie »

Le 5 juillet 2010, Marine LE PEN défend au Conseil régional du Nord Pas de Calais un amendement, dirigé contre une subvention à l'association Lesbian & Gay Pride de Lille

Dans un article de Rue 89 publié le 25 janvier 2012, Marine LE PEN affirme qu’elle veut mettre au pas le Planning familial, ce « centre d'incitation à l'avortement », « en lui donnant des instructions ».

Le 30 janvier 2012, Louis ALIOT, conseiller régional de Languedoc-Roussillon et Vice-Président du FN chargé du projet, sur le plateau de Mots croisés attaque frontalement le Planning Familial qui « incite à l’avortement » et confirme ainsi les propos de Marine LE PEN.

En Assemblée Plénière du Conseil Régional Languedoc-Roussillon, le 30 novembre 2011, Julien SANCHEZ, conseiller régional FN, s’offusque lors des discussions sur le rapport sur le Schéma régional de lutte contre les discriminations que la Région Languedoc-Roussillon puisse soutenir l’organisation du Congrès National de la LICRA à Nîmes les 16, 17 et 18 mars 2112. Selon lui, « cette association a uniquement pour but de soutenir l’immigration et s’attaque régulièrement à la liberté d’expression dans notre pays, que ce soit celle des politiques ou celle des journalistes en se basant notamment sur les lois liberticides (…) pour imposer la pensée unique sur les bienfaits de l’immigration et favoriser la préférence étrangère ».

Ces exemples multiples la défiance que peut entretenir le Front national contre les associations LGBT, féministes, antiracistes et plus généralement de défense des droits humains qui alimentent le débat citoyen. L’histoire nous a largement prouvé que les fascismes ont commencé par l'attaque des « corps intermédiaires »

II°) Le Front National et sa vision très traditionnelle de la famille

Régulièrement, le Front National se braque contre l’égalité des droits. Le projet de Marine LE PEN pour ces élections érige en norme dominante le modèle (hétéropatriarcal) de la famille fondée sur le mariage « traditionnel » : « un père - une mère - un enfant ». Dans son programme le Front National réaffirme qu’il est clairement hostile à l'ouverture du mariage aux couples de même sexe et plus généralement à toute forme de reconnaissance de l’homoparentalité : « Défendre la structure familiale : institution irremplaçable, la famille représente le caractère central de la société, la famille doit se fonder exclusivement sur l’union d’un homme et d’une femme et accueillir des enfants nés d’un père et d’une mère. Nous nous opposerons donc à toute demande de création d’un mariage homosexuel et/ou d’une adoption par des couples homosexuels. Pour autant, la vie commune suscitant des intérêts matériels communs, le PACS apporte une solution suffisante et ne sera pas remis en cause » Sur le PACS, le FN a changé de discours depuis 1999. Pour autant, le fond n'a pas changé. Le 22 novembre 2009 lors du Grand Jury RTL, Marine LE PEN expliquait que le PACS était un échec. Sur le Monde.Fr du 28 janvier 2011, Marine LE PEN « estime que le pacs "est super, surtout pour les non-homosexuels puisque 95 % de ceux qui se pacsent ne sont pas homosexuels et 5 % seulement le sont ». Le 14 février 2011, la présidente du Front national s’exprimait ainsi dans La Croix « l’objectif du pacs était d'accoutumer les esprits à l'arrivée d'une législation sur le mariage homosexuel. C'est un succès car c'est surtout une niche fiscale. Je rappelle que seuls 6 % des pacs concernent les homosexuels. Je suis donc pour le rendre inefficace à travers une revalorisation du mariage par l'impôt. » De même, sur son blog, le 14 juin 2011, Bruno GOLLNISCH déclarait à propos du PACS: « Superflu et idéologique, on s’aperçoit enfin que sous couleurs de progrès, le PACS est l’instauration de la répudiation unilatérale telle qu’elle est en vigueur, pour les femmes, dans les pays qui appliquent la Charia. Le, et hélas le plus souvent, la partenaire du pacte ainsi rompu peut alors, mais trop tard, mesurer les conséquences amères de l’absence d’engagement véritable sur lequel repose cet ersatz de mariage »

Le Front National pratique les amalgames en comparant l'ouverture aux couples de même sexe à la polygamie.

Ainsi, le 14 juin 2011, sur France Inter, Marine LE PEN s’est illustrée par un véritable cri du cœur : « et pourquoi pas la polygamie ».

III°) le Front National opposé à la liberté des moeurs, aux droits des femmes et à l'égalité femme-homme

Marine LE PEN met en avant le fait qu'elle est une femme, « mère de trois enfants » et pourtant, elle fait des pieds de nez aux revendications des mouvements féministes.

Marine LE PEN souhaite que les femmes restent cantonnées à leur rôle de mère de famille au foyer et s'oppose au droit des femmes à disposer de leur corps.

Dans le programme 2012 du Front National, les questions liées à l’avortement ne sont pas explicites, mais sa position est claire et sans aucune ambiguïté.

Marine LE PEN reste fidèle au programme politique proposé en 2002 par Jean-Marie LE PEN, ou il était inscrit que « les lois sur l’IVG seront abrogées ». Marine LE PEN propose aujourd'hui, dans la même veine, un référendum contre le droit à l’IVG ainsi qu’une proposition de loi de déremboursement de l'avortement par la Sécurité sociale.

Une telle mesure constituerait un retour en arrière et serait extrêmement catastrophique pour les droits des femmes.

Le 14 février 2011, la présidente du Front national s’exprimait dans La Croix : « revenir sur ou à la loi Veil, car cette loi qui prévoyait que l'avortement soit l'ultime choix a été dénaturée. Aujourd'hui, lorsqu'une femme se rend au Planning familial, on lui propose l'avortement ou l'avortement ! Il est impératif de rétablir les conditions d'un véritable choix, ce qui passe par l'information, des aides financières aux familles et l'adoption prénatale. Je pense également qu'il faut cesser de rembourser l'avortement. Il existe suffisamment de moyens de contraception aujourd'hui. D'une manière générale, il faut promouvoir le respect de la vie dans notre société. »

Le 10 février 2012, pour le Magazine ELLE, Marine LE PEN affirme que « par leur intelligence, et leur capacité de prévision, elles ont la possibilité d’éviter de tomber enceintes lorsqu’elles ne le veulent pas ». Pas question donc, de les « aider » à recourir à l’IVG. Et puis une femme qui recourt à l’avortement, c’est une femme qui utilise les services de l’hôpital… »

Dans ce domaine, le Front National est « schizophrène ». Ainsi, dans son programme pour la présidentielle, le Front National veut : « le libre choix pour les femmes doit pouvoir être aussi celui de ne pas avorter : une meilleure prévention et information sont indispensables » et pourtant dans les faits, les élu-e-s de ce parti s’opposent systématiquement à la mise en œuvre par les Régions des dispositifs de prévention et d’information que sont les « pass contraception » Ainsi, le 26 mai 2011, en Assemblée plénière du Conseil Régional Rhône-Alpes, Sophie ROBERT, conseillère régionale FN, déclarait à propos de la contraception: « La prévention n’est-elle donc pas d’apprendre aux jeunes à connaitre leur corps (sans rentrer dans les détails, juste un exemple : combien de filles savent par exemple qu’elles n’ovulent qu’une fois dans leur cycle et donc qu’elles ne sont fertiles que quelques jours par mois : en moyenne 5 jours), alors qu’on les incite à prendre à vie une pilule qui par la prise d’hormone dérègle l’ensemble de leur cycle naturel avec des conséquences importantes qu’on n’a pas fini encore aujourd’hui de mesurer. Le danger est grand -quand on banalise le geste contraceptif- de se sentir déresponsabilisé vis-à-vis de la valeur de la vie et ainsi d’envisager l’avortement comme un simple moyen de contraception sans comprendre qu’il y a en jeu la vie d’un être humain en formation ».

Le 18 février 2011, Blanche CHAUSSAT, conseillère régionale, déclarait en Assemblée plénière du Conseil Régional Rhône-alpes :

« En effet, au lieu de dépenser l’argent public en manifestations diverses et variées, en campagnes de désinformation, en actions stériles et médiatiques, n’est-il pas temps d’instaurer des droits spécifiques aux femmes en leur reconnaissant leur rôle si particulier de mère? La mise en place d’un statut juridique et social pour la mère (ou le père d’ailleurs) qui aurai fait le choix de s’occuper de ses enfants à la maison, à temps partiel ou complet: protection sociale, droit à la formation professionnelle et droit à la retraite ». Pour finir, dans son programme, le Front National souhaite la création d’un revenu parental, équivalent à 80% du SMIC pendant 3 ans à partir du 2ème enfant, et renouvelable pour 4 ans pour le 3e enfant. Ce « revenu parental" s’adresse implicitement aux femmes pour les inciter à rester au foyer, selon une vision traditionnelle de la famille patriarcale.

L’histoire des mouvements LGBT s’inscrit dans celle des mobilisations féministes. C’est en ce sens qu’il faut continuer à défendre sans relâche le droit effectif à l’IVG et à la contraception pour toutes et promouvoir de façon permanente des campagnes d’éducation aux différentes sexualités. Les associations Lesbiennes, Gaies, Bi et Trans s’inscrivent donc en faux contre le discours sexiste et hétéronormé du Front National.

IV°) le Front National instrumentalise les violences faîtes aux femmes et aux LGBT à des fins racistes.

Fait relativement nouveau pour le Front Nationale, Marine LE PEN se revendique aujourd’hui de la laïcité, du progrès du droit de femmes, de la défense des homosexuel-le-s agressé-e-s, principes que le Front National a toujours rejetés, afin de normaliser un racisme antimusulman

Marine Le Pen est très habile. Elle s'appuie sur le statut de victime, de personne discriminée pour mieux désigner des « boucs émissaires », qui seraient responsables de ces violences et de ces discriminations avec, en tête, les populations issues de l'immigration ou les musulmans.

Or elle ne s'interroge jamais sur les fondements de ces discriminations et ne propose aucune manière d'y remédier en dehors de la désignation de ces « boucs émissaires ».

Ainsi pour Marine LEPEN : « J'entends de plus en plus de témoignages sur le fait que dans certains quartiers, il ne fait pas bon être femme, ni homosexuel, ni juif, ni même français ou blanc victimes, des « lois religieuses qui se substituent aux lois de la Républiques » (10 décembre 2010, en réponse à une question de l'AFP suite à un discours de campagne interne pour prendre la tête du FN devant les adhérents de Lyon).

Dans un communiqué de presse diffusé le 07 octobre 2010, le député européen Bruno GOLLNICH affirme qu’ « Au Front National nous osons dire que la montée des violences faites aux femmes est concomitante avec l’arrivée en masse d’une immigration extra-européenne dont la culture, les traditions sont absolument contraire aux nôtres ».

Avec Marine LE PEN, le Front National prétend défendre la laïcité, le droit des femmes et mêmes des homosexuels en déclarant que l’islam représente un danger. Pour le Front National, l’arabo-musulman devient un bouc-émissaire qu’il faut bouter hors de France.

Ainsi le Front National cherche à monter les communautés les unes contre les autres. L’arabo-musulman devrait devenir l’ennemi principal des lesbiennes, gays, bi et trans.

Les associations LGBT refusent avec force ce discours qui sème la division. Elles dénoncent sans relâche cette volonté réelle de monter « discriminé-e-s contre discriminé-e-s ».

L’homophobie, la lesbophobie, la biphobie et la transphobie sont encore très présentes dans l’ensemble de la société française.

Il faut rappeler que sous prétexte de liberté d'expression, le FN s'est toujours opposé aux autorités autonomes dédiées à la lutte contre les discriminations (ex HALDE aujourd'hui Défenseur des droits) ainsi qu'à tous les textes visant à inscrire dans notre code pénal la circonstance aggravante d'homophobie en cas d'agression, d'injure publique ou de diffamation. Le Front National qualifie ces lois de liberticides afin d’imposer en France une pensée unique.

V°) Le vrai visage du Front National.

Le Front national et Marine LE PEN ne cessent de multiplier les provocations et les messages discriminatoires. Le 25 mars 2011, nouvelobs.com publie une photo d'Alexandre GABRIAC (conseiller régional FN en Rhône-Alpes) en train de faire un salut nazi devant un drapeau nazi. Il démontre ainsi que le FN reste nostalgique du nazisme et de ses méfaits.

Le vendredi 27 janvier 2012 (67e anniversaire de la libération du camp d'extermination d'Auschwitz-Birkenau) : Marine LE PEN participe à Vienne au bal de l'Olympia, une corporation secrète, interdite aux Juifs dont les membres ont pour mission de véhiculer des idées néonazies

Lors de la Convention présidentielle du Front National à Lille, le 18 février 2012, le président d’honneur du Front National, Jean-Marie LE PEN cite l'auteur collaborationniste, virulemment antisémite et anti-républicain Robert BRASILLACH, sous l’œil bienveillant des militants du Front National. Ces derniers, et certainement pas Marine LE PEN, n’ont pas jugé bon de réagir à ces références nauséabondes qui nous renvoient ainsi à la haine antisémite la plus tragique et la plus effroyable de notre Histoire. Citer Robert BRASILLACH n’est pas un acte anodin, le Front national reste un parti porteur de haines.

Lors de l’émission des Paroles et des actes du 23 février 2012 sur France 2, Marine LE PEN s’oppose à la proposition « absurde » des associations LGBT et de défense des droits humains de supprimer le mot « race » de l’article premier de notre Constitution, car, selon elle, « s'il n'y a plus race dans la Constitution, eh bien il n'y a plus de racisme à condamner ».

Marine LE PEN démontre qu’elle reste très attachée à un concept bien dépassé, périmé, obsolète et scientifiquement inopérant qu’est celui des races humaines.

Par ailleurs, Marine LE PEN n’a toujours pas désavoué les propos de Jean-Marie LE PEN sur les malades du SIDA.

En mai 1987, Jean-Marie Le PEN, s'attaquait aux malades du sida et proclamait « Les sidaïques, en respirant du virus par tous les pores, mettent en cause l'équilibre de la Nation. (...) Le sidaïque, (...) il faut bien le dire, est contagieux par sa transpiration, ses larmes, sa salive, son contact. C'est une espèce de lépreux, si vous voulez »

C'est pour cela qu'en tant que mouvement de lutte contre les discriminations, les associations LGBT sont solidaires des mouvements antiracistes et ne peuvent faire du FN un interlocuteur au même titre que les autres partis politiques.

Conclusion.

Le Front National n’a pas changé. Il reste résolument l'adversaire de toutes les minorités. Nos concitoyen-ne-s doivent prendre conscience du danger que fait peser ce parti sur la vitalité de notre démocratie.

Entre les valeurs de la République et le Front National, il existe une frontière par nature infranchissable. Les associations Lesbiennes, Gaies, Bi et Trans veulent répondre à une exigence politique et éthique. Elles participent ainsi au front républicain contre le FN dont la matrice reste la haine homophobe, transphobe, sexiste, raciste et antisémite.

Elles appellent ainsi, au nom des principes universels qu’elles défendent quotidiennement, de leurs valeurs humanistes et républicaines, tous les citoyen-ne-s à faire barrage au Front national lors des prochaines élections présidentielle et législatives.

vendredi, 16 décembre 2011

Laissez parler Marine Le Pen ? Hors de question d'être complice du FN, par Dominique SOPO, Président de SOS Racisme

Le 6 décembre, la présidente du Front national, invitée à débattre à l’université Paris-Dauphine, n'avait pas pu s'exprimer, bloquée par des étudiants et des militants anti-FN. Dans la foulée, Laurent Joffrin, directeur du "Nouvel Observateur", a revendiqué le droit à la liberté d'expression du FN. Dominique Sopo, président de SOS Racisme, lui répond.

Cet article a été écrit en réponse à l'édito de Laurent Joffrin, directeur du "Nouvel Observateur", publié le 7 décembre 2011.

Cher Laurent,

C’est avec un certain intérêt que j’ai lu ton papier intitulé "Laissez parler Marine Le Pen". A cette occasion, tu mets en cause le caractère peu pertinent d’empêcher Marine Le Pen de parler, suite à l’action que des organisations, dont SOS Racisme, ont menée à l’Université Paris-Dauphine en raison de la venue de Marine Le Pen dans un débat qui devait tourner autour des questions économiques du parti d’extrême droite qu’elle préside.

Tu évoques à cette occasion une contrainte "physique" qui aurait été exercée à l’encontre de Marine Le Pen, permettant à cette dernière de passer pour une victime en beuglant contre les "milices de gauche" que nous représenterions.

C’est là la source de mon étonnement. En effet, de contrainte physique, il n’y en a eu point. Que Marine Le Pen prenne pour une agression la présence dans une salle de militants antiracistes est une chose, que des journalistes relaient cette atmosphère de "scandale" en est un autre (à cet égard, SOS Racisme a déposé plainte contre Marine Le Pen pour dénonciation calomnieuse et diffamation, nous accusant à tort d’avoir précisément empêché physiquement la tenue de ce fameux - et fumeux ? - débat).

La réalité est en fait plus prosaïque : Marine Le Pen n’a en rien été empêchée de venir s’exprimer à Paris-Dauphine. Un rassemblement a été organisé. Rappelons à toute fin utile qu’en République, manifester est un droit, en tout cas tant que l’extrême droite n’est pas au pouvoir... Madame Le Pen conçoit-elle assez mal que les libertés républicaines et démocratiques puissent être exercées ? Cela n’est pas à exclure… Mais surtout, Marine Le Pen a fui, comme à son habitude, un débat qui lui aurait été pénible, tant son programme économique est inepte et constitue la promesse d’une ruine pour la France.

Pourquoi alors, me demanderas-tu, avoir mené cette action, si l’expression même de Marine Le Pen eut suffi à la décrédibiliser ? Pour une raison finalement assez simple et dont j’ose espérer qu’elle continue à faire l’objet d’un certain consensus : le Front national n’est pas un parti comme les autres.

Que des directions d’université et des associations universitaires jouent la partition de la banalisation du Front national et de Marine Le Pen est une chose. Mais tu admettras qu’il ne faut certainement pas attendre des militants antiracistes et de la défense des droits de l’Homme qu’ils regardent passer, comme si de rien n’était, ce mauvais scénario, qui nous fut présenté à satiété lors de l’intronisation de Marine Le Pen à la présidence du Front national.

D’ailleurs, Marine Le Pen, suite à cette action, a en quelque sorte fait tomber les masques. Attaque contre les associations humanistes dont elle réclame la suppression des subventions (sache au demeurant que ce travail n’attend pas Marine Le Pen, les subventions aux associations, dont SOS Racisme, étant déjà fortement mises en péril ces derniers temps par les pouvoirs publics, ce qui sera le cas échéant un sujet de campagne intéressant à l’endroit de ceux qui mèneraient des stratégies d’affaiblissement du lien social). Meeting à Metz où les noms de Georges-Marc Benamou et Bernard-Henri Lévy ont été sifflés par l’action du verbe de Madame Le Pen. Attaques en piqué contre les étrangers et leurs enfants.

Dans ce qu’elle a pensé être une fenêtre de tir médiatique pour elle, Madame Le Pen s’est engouffrée dans le chemin qu’elle connait le mieux et qui, malgré toutes ses grossières et piteuses tentatives de "banalisation" de son image et de son parti, reste décidément le chemin de la haine raciste, antisémite et xénophobe.

C’est parce que ce chemin est dans l’ADN de ce parti qu’il n’est décidément pas un parti comme les autres et que le rappeler à chaque fois que cela sera nécessaire restera pour nous une boussole de notre action.

Quant à la possibilité pour Marine Le Pen de s’exprimer, il n’aura échappé à quiconque que Madame Le Pen bénéficie d’un espace médiatique considérable qui lui laisse suffisamment l’occasion de développer ses idées, ou plutôt ses macabres obsessions.

Dominique SOPO Président de SOS Racisme

Retrouvez la tribune ici

mardi, 13 septembre 2011

Ni amnistie,ni amnésie : Le Front National hors des facs !

Bruno Gollnisch, responsable du Front National, exclu de ses activités d’enseignants le 3 Mars 2005 pour propos négationnistes, réintègre l’université Jean Moulin comme professeur.


Alors que les idées d’extrême droite se banalisent de plus en plus dans l’opinion, nous ne laisserons pas le retour à l’université d’un des leaders du Front National devenir un évènement anodin.


Nous refusons de voir l’université Lyon III Jean Moulin retomber dans les heures les plus sombres de son histoire. L'exclusion de Bruno Gollnisch avait permis de mettre un terme à des années d’apathie envers l’extrême droite au sein de l’établissement. Son retour nous fait craindre, qu’à défaut d’avoir perdu son immunité parlementaire, Bruno Gollnisch ne veuille retrouver une certaine immunité universitaire.


Parce que de par son rôle et son histoire, l’université française, porteuse de valeurs républicaines, ne saurait devenir une tribune pour l’intolérance, le racisme, l’antisémitisme et la xénophobie.
Parce qu'en ce sens, le discours tenu par Bruno Gollnisch ne saurait être compatible avec le métier d'enseignant et le statut de fonctionnaire.


Parce qu'à aucun moment, il n’a éprouvé le moindre regret sur les déclarations qui l’ont conduit à être exclu de l'enseignement supérieur.


Parce que depuis six ans, Bruno Gollnisch n’a cessé d’incarner une droite extrême et nauséabonde en défendant par exemple le salut nazi ou en tenant des propos pour lesquels il est actuellement en procès.
Bruno Gollnisch s’est positionné en marge de la communauté universitaire. Bruno Gollnisch n’a pas sa place au sein de l’institution universitaire.


C’est pour cela que :

  1. Nous appelons à la creation d’un comité de vigilance des étudiants et personnels de l’université Lyon 3 contre l’extrême droite.
  2. Nous appelons Bruno Gollnisch à presenter toutes ses excuses quant aux propos qu’il a pu tenir ces dernières années. Si tel n’était pas le cas, nous en appellerions au ministre de l’enseignement supérieur, Laurent Wauquiez, pour prendre toutes les measures necessaires concernant son exclusion.
  3. Nous appelons l’ensemble de la communauté universitaire à se mobiliser dans les semaines et mois à venir pour obtenir une exclusion définitive de Bruno Gollnisch
  4. Nous appelons l’ensemble des citoyens attachés au combat contre le racisme et l’extrême droite à se rassembler contre le retour de Bruno Gollnisch à l’Université Lyon 3 le Mercredi 14 Septembre 16H00 Université Lyon 3 Jean Moulin, 8 rue Rollet

jeudi, 04 août 2011

SOS Racisme s'associe à la plainte pour insultes et menaces de mort à l'encontre de Lofti Ben Khelifa, Adjoint au Maire de Vénissieux

SOS Racisme Rhône apprend avec consternation que Lotfi BEN KHELIFA, Adjoint au Maire de Vénissieux, a reçu une lettre anonyme d'insultes racistes et de menaces de mort. SOS Racisme Rhône condamne avec la plus grande fermeté cet acte. Elle apporte tout son soutien à cet élu de la République et étudiera la possibilité de se constituer partie civile à ses côtés.


Quand un citoyen français s’implique dans la vie de la Cité, on ne cesse de le renvoyer à ses origines. L’extrême droite s’acharne à stigmatiser l’absence supposée d’intégration des immigrés et de leurs enfants. On a la preuve ici que l’intégration est un argument qui cache juste la haine de l’Autre.


Par ailleurs, SOS Racisme Rhône ne peut s’empêcher de faire un parallèle avec les attentats commis en Norvège. Là-bas, les discours décomplexés xénophobes y ont armé un fanatique, ici, ils conduisent à menacer de mort un élu de la République.


SOS Racisme Rhône interpelle la Préfecture du Rhône et le Parquet de Lyon pour qu’ils ne minimisent pas les dangers que représente l’extrême droite, surtout dans notre agglomération. Au-delà des scores électoraux inquiétants réalisés par cette partie de l’échiquier politique, il n’est pas possible de sous-estimer le potentiel de violence que l’extrême droite représente et qu’elle suscite par ses discours invariablement haineux. Il ne s’agit pas d’un acte isolé. L’association reçoit régulièrement ce genre de menace.


SOS Racisme Rhône espère que le Procureur de la République accordera à la plainte de Lotfi BEN KHELIFA toute l’attention que la gravité de tels actes nécessite, implique et induit. Elle restera exigeante et vigilante jusqu’à que l’auteur de cet acte odieux soit condamné.


Nous demandons à la Mairie de Vénissieux de mettre en œuvre la protection juridique dont devrait bénéficier cet élu, et d’ici là qu’elle condamne également cet acte.

 
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