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dimanche, 05 septembre 2010

Ville post-carbonne

Entre le 16 et 22 août dernier, ma Vice-présidente représentait la Région Rhône-Alpes sur le pavillon Rhône-Alpes pour la  semaine thématique de la ville post-carbone. Ces sept jours étaient l’occasion pour la Région Rhône-alpes de réunir plusieurs professions que sont l’urbanisme, l’architecture, l’aménagement urbain et le design pour répondre aux défis urbains de demain. Par ailleurs, cette initiative, articulée autour de conférences, maquettes, films et autres interventions rassemblait des professionnels économiques, scolaires et institutionnels de la région pour former un pôle de compétences destiné à réfléchir sur les meilleures solutions à faible indice carbone qui permettront d’harmoniser l’homme et son habitat urbain dans notre vie de demain.

Arf, je me suis donc retrouvé à devoir rédiger un discours pour la soirée d'inauguration du Pavillon. Moi qui privilègie toujours l'avion au train, qui organise des soirées "fuck le développement durable", qui ne trie jamais mes déchets, qui préfère prendre des bains à la place de la douche, j'ai du plancher sur une thèmatique que je ne maîtrise pas et me mettre dans la peau d'un militant d'Europe Ecologie. Comme j'ai travaillé vraiment à contre coeur (alors que je prend toujours un plaisir à rédiger des discours), je ne suis vraiment pas déçu de ma copie. Ce discours a été salué par de nombreux universitaires et par les autorités locales. Fier de mon travail, je me dois de vous le livrer ici.

 

 

Discours de Madame la

Conseillère régionale déléguée à la Jeunesse

A l’occasion de l’inauguration de la semaine Ville-Post Carbonne

Pavillon Rhône-Alpes Exposition Universelle Shangai 2010

17 août 2010

 

Monsieur le Vice-Maire (ou son représentant) de la Municipalité de Shanghai,

Monsieur le Professeur, Michel Lussault, Président du Udl et du Conseil scientifique du Plan Urbanisme, Construction, Architecture,

Mesdames, Messieurs, les représentant-e-s des établissements de l’Udl

Monsieur le Directeur d’ERAI - Shanghai,

Madame la Responsable de l’Asie et Directrice des relations institutionnelles entre la Région Rhône-Alpes et la Municipalité de Shanghai,

Mesdames et Messieurs les membres de la délégation de Rhône-Alpes et tous nos partenaires chinois,

Mesdames et Messieurs, chers amis,

 

Je suis particulièrement honorée de vous accueillir aujourd’hui dans ce beau pavillon Rhône-Alpes, qui symbolise et illustre si bien la richesse des relations que la Région Rhône-Alpes entretient avec la Ville de Shanghai depuis 24 ans ; des relations fondées certes sur des accords de coopération régulièrement renouvelés et approfondis, mais aussi sur une véritable compréhension réciproque, qui nous a fait passer, pour reprendre la très belle image chinoise, du statut de « cousins » à celui de « frère et sœur » !

 

 

Je voudrais également vous dire combien nous sommes heureux, la délégation que j'ai l'honneur de conduire et moi-même, d'être ici à Shanghai, la " perle de l’Orient ", creuset de la modernité chinoise et symbole de l’ouverture au monde, symbole d’un pays engagé dans l’une des plus extraordinaires transformations économiques et sociales de l’Histoire de l'humanité.

 

Je suis moi-même, à titre personnel, très admirative de la culture chinoise, ses traditions, ses savoir faire et son dynamisme.

 

Je suis persuadée que les relations privilégiées qu’entretiennent nos 2 collectivités, ainsi que l’assurance d’une représentation permanente de la Région Rhône-Alpes après l’Exposition universelle (puisque ce Pavillon sera pérenne) sont gages, pour les années à venir, de partenariats nouveaux et novateurs, comme par exemple, dans les domaines des sciences, de la recherche universitaire, de l’urbanisme, de l’architecture ou encore du design.

 

Cette Exposition Universelle se veut celle d'un monde global, par la présence de pavillons de tous les pays de la planète, et surtout par la création pour la première fois dans une Exposition Universelle d'une zone des meilleures pratiques des villes ou des régions du monde, source de comparaison et de dialogue.

 

Durant une semaine, acteurs chinois et rhônalpins seront ainsi réunis ici pour débattre des défis et des enjeux de la construction de la ville post-carbone, sans oublier de faire découvrir, par des animations et des expositions, la richesse, les compétences et les expériences développées en Rhône-Alpes pour les relever. Compétences régionales considérables puisque la Région Rhône-Alpes se place aux premiers rangs européens en cette matière.

 

 

Je pense par exemple au projet exemplaire mené par l’Université de Lyon avec la construction de l’éco-campus LyonTech à la Doua, qui préfigure en France la création du 1er campus universitaire durable.

 

La croissance urbaine fait aujourd’hui de la ville, le lieu de vie de plus d’un humain sur deux.

 

Pour bien comprendre l’évolution, en 2030, selon les prévisions des Nations Unies, deux tiers des habitants du globe vivront en zone urbaine. En 1950, le monde comptait 86 villes de plus d’un million d’habitants. Il y en aura 550 en 2015 et, parmi elles, 36 mégalopoles de plus de 10 millions d’habitants chacune.

 

C’est un fait.

 

A mesure que l’urbanisation progresse, la vulnérabilité des organisations urbaines croît.

 

L’un des autres enjeux, auxquels nous sommes également confrontés, est le risque d’une fracture sociale entre générations. Par exemple, si dans les prochaines années, nos villes devenaient de plus en plus vulnérables, nos jeunesses nous diraient : «pourquoi n’avez-vous pas agi ? Pourquoi n’avez vous pas fait quelque chose quand il en était encore temps ? Comment avez-vous pu nous laisser avec un monde urbain qui ne cesse de côtoyer le chaos. ? ».

 

Nous n’avons jamais eu à faire face à une division du monde entre générations. Mais cela pourrait arriver si nous tardons à agir.

 

L’horloge écologique de la planète ne nous accorde plus beaucoup de temps. A chacun d’agir et de prendre ses responsabilités.

 

Cette exigence s’impose à nous. C’est au coeur de la civilisation urbaine que vit désormais plus de la moitié de l’humanité ; Les grandes villes du monde doivent modifier leur gestion des déplacements, leurs modes de consommation, leurs sources d’énergie, réduire la pauvreté et la précarité.

 

Pas demain. Maintenant !

 

La nécessité de mieux protéger notre environnement quotidien est au cœur des préoccupations citoyennes au sein du monde urbain. Si les résultats restent malheureusement modestes, cette prise de conscience est révélatrice de l’époque et des menaces identifiées qui impliquent, précisément, que chacun contribue au changement.

 

Nous le savons. Construire un monde urbain commun, moins vulnérable et plus équitable, est la tâche la plus urgente qu’il nous faut envisager.

 

Durant cette semaine, des concepts avancés d'urbanisation seront échangés avec pour but la recherche d'un nouveau mode de vie pour l'humanité.

 

Aussi je souhaite que cette semaine thématique contribue à une prise de conscience, afin que nos villes deviennent plus durables, plus justes, plus sûres, plus harmonieuses.

 

De nos échanges, de nos coopérations naîtront, je n’en doute pas, des initiatives nécessaires à la résolution de l’enjeu planétaire auquel nous devons faire face ensemble.

 

 

C’est donc vraiment une grande fierté pour nous, de savoir que ce pavillon va permettre de favoriser les échanges autour d’un enjeu décisif pour l’avenir de notre planète, à savoir la constitution de l’urbain post-Kyoto et d’affronter ensemble les problèmes posés par le développement urbain tous azimuts que le monde connaît actuellement.

 

Aussi, je tiens à remercier très chaleureusement la vingtaine d’établissements, Universités, Instituts, Ecoles et les personnalités qui ont œuvrés avec énergie pour la réussite de cette semaine thématique.

 

Je voudrais remercier également, pour conclure, les équipes qui ont rendu possible cet ensemble de manifestations :

 

  1. ERAI, maître d’ouvrage de toute l’aventure, et plus particulièrement toute l’équipe de Chine, la cheville ouvrière ;
  2. le pôle de recherche et d’enseignement supérieur de l’Université de Lyon ;
  3. le Conseil scientifique du Plan Urbanisme, Construction, Architecture
  4. l’éminent géographe, Président de l’UdL et du PUCA, Monsieur Michel Lussault
  5. les services de la Région Rhône-Alpes (la Direction de l’Enseignement Supérieur et la Direction des Relations internationales) : ceux qui sont ici comme ceux qui sont restés à Lyon ;

 

Et bien entendu les autorités chinoises et plus précisément shanghaiennes, qui ont accueilli avec enthousiasme notre projet et lui ont permis, par une coopération sans faille, de prendre corps sur la rive du Fleuve Huangpu, dans cette ville magnifique et fascinante, cette « cité-monde ».

 

Je vous souhaite la bienvenue à tous et pleine réussite à cette semaine.

Je vous remercie pour votre attention.

 


lundi, 22 mars 2010

Grossetête se prend une gauche par Jean Jack Queyranne

La gauche a remporté dimanche les élections régionales en Rhône-Alpes, décrochant au passage la majorité absolue.

Jean-Jack Queyranne, président socialiste sortant, atteint 50,76% et ses listes devraient obtenir 100 des 157 élus régionaux.

Selon nos informations, la répartition donnerait 48 sièges au PS, 5 aux radicaux de gauche, 37 à Europe écologie, et 10 au Front de gauche.

En Rhône-Alpes, la gauche progresse de quatre points par rapport à 2004 (46,52%).

La droite dépasse à peine 34,02%.

Françoise Grossetête s'est donc pris une bonne gauche par Jean Jack Queyranne.

C'est la 1er fois qu'un Président sortant est réélu en Rhône-Alpes.

mercredi, 10 mars 2010

Compte-Rendu du café politique du 23 février 2010

Merci à l’association Chrysalide pour ce compte-rendu.

Des associations LGBT de Lyon ont invité des représentants de chaque liste aux régionales des 14 et 21 mars 2010 à s’exprimer sur les questions LGBT. Voici un compte-rendu des propositions des candidats.

Etaient présents :
- Front de Gauche (FG) : Katia Philippe
- MoDem (MD) : Hervé Morel
- Parti Socialiste (PS) : Stéphane Gomez
- Europe Ecologie (EE) : Edith Oresta
- Nouveau Parti Anticapitaliste (NPA) : Catherine Faivre d’Arcier

Etaient absents :
- Front National
- Union de la Majorité Présidentielle

Le FN n’a pas donné d’explication au fait qu’il ne viendrait pas. L’UMP a fait savoir par communiqué de presse que "l’homosexualité et la transsexualité, dans leurs droits comme dans leurs revendications, sont des sujets de société et non pas des enjeux régionaux".

Les représentants des listes ont été interpellés sur 6 points :
- Quelle politique de lutte contre les discriminations au sein de la région ?
- Quelles actions de sensibilisation auprès des jeunes à l’homophobie et à la transphobie ?
- Comment aider les victimes de discriminations ?
- Quels soutiens aux associations LGBT ?
- Quels projet concernant la santé, et notamment le VIH ?
- Quelles positions sur des évolutions nationales telles le mariage homo, l’adoption, la stérilisation des trans, la dépsychiatrisation ?

1 - Quelle politique de lutte contre les discriminations au sein de la région ?

L’équipe sortante (PS) a déjà accordé les mêmes droits, notamment pour événements familiaux. Toutes les listes entendent les maintenir, à l’exception du MD, qui "a été gêné par cette question", considère que "prendre des mesures spécifiques pour les agents de la région n’est pas une bonne idée" et qu"il n’y a pas de discrimination au sein de la région".

Le FG entend également renforcer les stages de sensibilisation aux discriminations proposés aux agents de la région, pas assez fréquentés.

EE souhaite que le soutien aux associations et partenaires de la région cesse dès lors que ces entités ont des pratiques discriminatoires.

2 - Quelles actions de sensibilisation auprès des jeunes à l’homophobie et à la transphobie ?

Le PS, le FG et le NPA proposent des campagnes de sensibilisation.

Le PS souhaite sensibiliser les directeurs d’établissements scolaires (lycées et CFA).

Le FG souhaite aider les associations à obtenir un agrément ministériel leur permettant d’effectuer des interventions en milieu scolaire.

3 - Comment aider les victimes de discriminations ?

EE et FG proposent la mise en place d’un observatoire des discriminations. EE envisage des actions avec des acteurs de terrain.

FG et MD souhaitent la mise en place d’une vice-présidence de l’égalité des chances.

MD souhaite également des délégués de classe représetant la région, servant de relais. Dans le même esprit, il souhaite des relais entre la région et les associations. Cependant, MD rappelle que la première des discriminations, c’est de ne pas avoir d’emploi, et qu’il y a 500.000 personnes illettrées. Il s’agira donc de la priorité du MD.

FG souhaite que les conseillers juridiques existants à la région soient développés et que leur existence soit mieux connue en communiquant plus sur leur existence.

NPA considère que souvent les victimes sont en situation de dépendance financière de leurs conjoints ou de leur famille. Il souhaite donc créer des appartements d’accueil destinés à accueillir les victimes, et à plus long terme favoriser leur autonomie financière.

Le PS indique qu’il soutiendra notamment les associations dans les plaintes déposées en cas d’agressions, pour que les circonstances aggravantes d’homophobie soient reconnues par le parquet.

4 - Quels soutiens aux associations ?

Toutes les listes proposent des conventions sur plusieurs années (2 pour EE, 3 pour FG) afin que les associations ne s’épuisent pas dans des dossiers, et puissent effectuer des projets sur plusieurs années. EE voudrait inciter les associations à se regrouper en collectifs.

Le MD précise cependant que financièrement, il ne pourront pas faire mieux que ce qui existe aujourd’hui. Le FG propose en revanche de tripler le budget destiné à la santé et aux associations.

Toutes les listes à l’exception du PS dénoncent la politique d’appels à projet qui leur semble contraire à l’idée d’un travail associatif efficace. Le PS rappelle qu’il s’agit de la loi.

Le NPA se propose de se faire le porte-parole des revendications des associations.

Le PS rappelle que la présidence sortante a donné 100.000€ de subventions aux associations LGBT durant sa mandature. Un festival de films LGBT va naître l’an prochain grâce à ce soutien. Le PS s’engage aussi à venir lors de la Marche des Fiertés et d’autres événements associatifs.

5 - Quels projet concernant la santé, et notamment le VIH ?

A propos de la prévention VIH, le MD dit : "je ne sais plus quoi faire quand je constate le bareback et sa progression".

FG souhaiterait plus de permanents dans des associations, comme AIDES, dont la branche rhone-alpine a trop peu de salariés pour pouvoir couvrir les 8 départements.

NPA veut développer les outils de prévention dans les établissements, et que le service public se développe au lieu de continuer à être mis en danger avec les politiques actuelles.

PS souhaite développer la prévention en milieu festif, sensibiliser les médecins scolaires davantage. Au delà du VIH, le PS dénonce les déclarations de la ministre de la santé concernant la pseudo dépsychiatrisation des trans, qui n’a pour seul but que de préparer un déremboursement.

6 - Quelles positions sur des évolutions nationales, telles le mariage homo, l’adoption, la stérilisation des trans, la dépsychiatrisation ?

Le PS dénonce fermement les stérilisations exigées pour le changement d’état-civil, comparant cela à de l’eugénisme et indiquant qu’on est "en plein délire". Il appelle à une dépsychiatrisation effective, et dénonce le rapport récent de la Haute Autorité de Santé qui au contraire appelle à plus de psychiatres, et à un test de vie réel inacceptable et abberrant. Il appelle également à la prise en compte de la transphobie dans les lois contre les discriminations.

NPA indique qu’il prône la liberté de disposer de son corps. Il pense que dans leur combat, les trans devraient se rapprocher des femmes à propos de la ligature des trompes.

FG trouve inacceptable que des personnes trans se voient refuser l’accès aux soins dans des établissements de santé, sera vigilante sur cet aspect et sensiblisera les directeurs. Elle souhaite la mise en place de centres de compétences destinés au personnel médical afin de les sensibiliser sur l’accueil des personnes, et en particulier des trans, afin d’éviter les vexations dont ils sont victimes. Elle aussi souhaite que la transphobie soit condamnée au même titre que le racisme ou l’homophobie dans la loi.

MD indique qu’ils se sont positionnés sur les mêmes droits et les mêmes devoirs concernant les couples pacsés et mariés. En revanche, il n’y a pas de positionnement concernant un droit au mariage des couples homosexuels. Le MD découvre ce soir l’exigence de stérilisation. Concernant le psychiatre, il indique que dans la mesure où il y a des opérations irréversibles, il convient d’avoir un avis psychiatrique préalable. Il fait la comparaison avec une éventuelle autorisation de l’euthanasie, qui devrait de la même manière être précédée d’un avis psychiatrique.

EE trouve inacceptables les humiliations subies par les trans en milieu hospitalier. Elle pense que la psychiatrisation a pour cause une surmédicalisation dans l’air du temps, à l’instar de celle des femmes enceintes. Concernant le mariage homosexuel, EE estime qu’il s’agit là d’un combat à mener sur la durée, qu’il faudra que les associations luttent, et qu’il s’agit d’une question qui fait débat au sein d’EE.

Remarques générales

Nous avons noté des références fréquentes à la situation des personnes trans au cours du débat. Le terme "transphobie" a été utilisé par tous à de très nombreuses reprises, même si le MD a au début hésité sur le terme, disant une fois "transbophobie".

mercredi, 03 mars 2010

Des régions toutes roses ?

Les 14 et 21 mars se tiendront les cinquièmes élections régionales qui renouvelleront les vingt-six conseils régionaux de métropole et d’outre-mer. Parmi les multiples enjeux de ces élections, les questions liées aux personnes LGBT ne sont pas oubliées.

A priori, les élections régionales ne constituent pas le cadre le plus propice pour parler des droits des gays et des lesbiennes. Bien des combats menés par les militants de la cause LGBT le sont en effet à l'échelon national (droit au mariage, à l'adoption...), départemental (aide sociale et médicale à destination des gays âgés ou séropositifs), ou municipal (cérémonie de PACS dans les mairies). Pour autant, on aurait tort de considérer que les problématiques LGBT sont totalement absentes des politiques régionales. Depuis presque trente ans, les compétences des conseils régionaux n'ont en effet cessé de s'élargir, et englobent de plus en plus des domaines tels que l'économie, l'attractivité du territoire, mais aussi l'éducation ou la santé. Aussi le tissu associatif LGBT rhônalpin s'est-il mobilisé à l'occasion des élections, et a cherché à connaître les positions et les programmes de chacune des listes candidates. Le 23 février, dix associations organisaient ainsi un débat au café Le Moulin Joli (Lyon 1er) auquel chaque parti était invité à envoyer un représentant pour venir exposer sa vision de l'action régionale en faveur de l'égalité des droits, du combat contre les discriminations, de la lutte contre le sida, etc. Sur les neuf listes participant à ces élections dans notre région, cinq ont répondu présentes à l'appel et envoyé leur missi dominici : Catherine Faivre d'Arcier pour le Nouveau Parti Anticapitaliste (NPA), Kathia Philippe pour le Front de Gauche, Édith Oresta pour Europe Écologie, Stéphane Gomez pour le Parti Socialiste et Hervé Morel pour le Modem. L'absence d'un représentant du parti présidentiel a été évidemment très remarquée et critiquée, d'autant plus que Françoise Grossetête (tête de liste UMP en Rhône-Alpes) n'a fait connaître sa défection qu'à la toute dernière minute (voir l'entretien en page 5).

De l'importance des associations

Sans surprise, la majorité sortante au sein de l'exécutif régional (socialistes, communistes et écologistes), a défendu «une approche non fractionnelle, transversale et globale» en matière de lutte contres les discriminations et s'est félicitée d'un «bon bilan» en matière de droits des LGBT, un avis d'ailleurs partagé par les associations (voir l'entretien en page 5). Le consensus entre les participants, à la fois sur ce qui a été fait ces six dernières années et sur ce qu'il convient de faire pour les prochaines, a été assez large. Chacun a ainsi reconnu l'importance du soutien financier de la Région aux associations, un levier essentiel de sa politique de lutte contre les discriminations. Stéphane Gomez (PS) a rappelé que le budget alloué sur l'ensemble de la mandature par le Conseil régional aux associations LGBT s'élevait à 100 000€, une somme qui contraste agréablement, aux yeux de la Lesbian & Gay Pride de Lyon, avec celle, «dérisoire», accordée par la majorité précédente. Pour autant, Édith Oresta (Europe Écologie), qui a elle-même milité au sein d'associations de lutte contre le sida, a estimé qu'il fallait «passer à une étape supérieure» et déploré la précarité dans laquelle se trouvent de nombreuses associations. Elle a été rejointe sur ce point par Katia Philippe (Front de Gauche), qui estime qu'il faut tripler les aides actuellement versées aux associations et accorder à certaines des subventions pluriannuelles afin de leur permettre de mener des projets à long terme. Parmi les autres propositions évoquées ce soir-là par les partis : la création d'une seizième vice-présidence au sein du Conseil régional dédiée à l'Égalité des Chances, qui permettrait de coordonner plus efficacement la lutte contre les discriminations. Car, ainsi que l'a déploré Katia Philippe, «toutes les formes de discrimination persistent dans la région». Elle a par exemple regretté que seule la moitié des missions locales d'insertion rhônalpines (ces organismes chargés de favoriser l'insertion socioprofessionnelle des jeunes, et en particulier des demandeurs d'emplois) ait intégré dans leur action un volet “citoyenneté et lutte contre les discriminations“. Tous les candidats ont cependant admis que la région, à elle seule, ne pouvait régler tous les problèmes et qu'une grande partie des réponses qu'il convenait d'apporter était du ressort de l'État. «Parfois, l'action gouvernementale va même à l'encontre des ambitions définies par la région» : c'est du moins l'avis de Catherine Faivre d'Arcier (NPA), qui a estimé qu'«avec sa politique de casse sociale, le gouvernement favorise l'exclusion». Telle est la situation rencontrée, selon elle, par les jeunes homos que la précarisation rend financièrement dépendants de leurs parents, alors même que certains rencontrent de très fortes difficultés à faire accepter leur orientation sexuelle au sein de leurs familles. C'est pourquoi le NPA a proposé «des appartements d'accueil pour les jeunes en rupture avec leur milieu familial».

La question trans en débat

Même si tous les partis présents au débat semblaient pour une fois s'accorder sur les progrès réels accomplis durant la dernière mandature, certaines divergences persistent. Pour Hervé Morel, «même si Azouz [Begag, tête de liste Modem en Rhône-Alpes, NdlR] a tendance à dire qu'il est d'accord avec les propositions de tout le monde», l'équilibre des dépenses publiques doit absolument être respecté, ce qui implique évidemment des choix budgétaires parfois difficiles. Exactement le genre de propos qui a le don de faire bondir Catherine Faivre d'Arcier, qui, elle, ne manque pas d'idées pour trouver les fonds nécessaires, à commencer par «arrêter d'aider financièrement les entreprises qui licencient et les lycées privés, auprès desquels la région n'a aucune obligation» et qui ont, selon elle, englouti pas moins de quinze millions d'euros dans le budget 2010. Autre point de divergence : Katia Philippe propose la mise en place d'un Observatoire de lutte contre les discriminations là où Stéphane Gomez juge suffisante la cellule de veille et d'alerte déjà existante. Mais c'est à propos de l'accompagnement du parcours médical des trans, que le ton a été le plus vif. L'ensemble des participants s'est certes accordé pour réclamer l'introduction dans la loi du 30 décembre 2004 (celle qui a donné naissance à la Haute Autorité de Lutte contre les Discriminations) d'un dix-neuvième critère de discrimination : la transphobie. Stéphane Gomez a également dénoncé «la fausse dépsychiatrisation [annoncée par le gouvernement en février, NdlR] et l'obligation de stérilisation des trans», assimilant cette dernière pratique à «de l'eugénisme», tandis qu'Édith Oresta a mis en garde contre une «surmédicalisation» de la question trans. À l'inverse, Hervé Morel a estimé qu'un suivi psychiatrique des personnes désirant changer de sexe pouvait être justifié, «dans la mesure où il s'agit d'un traitement irréversible». Un désaccord qui résonne comme un écho à l'importance grandissante prise par les questions liées au genre et à la transidentité dans les problématiques LGBT. Peut-être un prélude à de nouveaux combats ?

 
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