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vendredi, 19 février 2010

Transidentité : les associations dénoncent le rapport de la HAS.

Chrysalide, Pink Freak’X et la Lesbian and Gay Pride de Lyon dénoncent le rapport de la Haute Autorité de Santé sur la prise en charge médicale des personnes trans, publié le 18 février 2010.

Nos associations avaient déjà dénoncé la première version de ce rapport, publiée en avril 2009. Au lieu de prendre en compte le point de vue des associations trans, ce rapport final ne fait qu’accroître les dangers encourus par les transsexuels en préconisant un recul des pratiques médicales de plus de 10 ans.

Ainsi, la HAS veut qu’un « diagnostic de transsexualisme » soit posé au bout de 6 à 9 mois par un psychiatre. Puis est imposée une période d’1 an de « test de vie réelle » pendant laquelle la personne trans doit vivre dans son genre social revendiqué et prendre un traitement stérilisant sans pour autant recevoir un traitement hormonal adapté à ses besoins. Ce n’est qu’à l’issu de ce test que la personne pourra espérer rentrer dans un protocole hormonal et éventuellement chirurgical. Cette obligation de se plier à un avis psychiatrique va à l’encontre de ce que nos associations demandent : un retrait effectif du « transsexualisme » des maladies mentales.

Un tel parcours est aberrant et dangereux et ne tient pas compte des risques sociaux-sanitaires encourus. En effet, toutes les personnes ne souhaitent pas subir de castration chimique ; et contrairement aux affirmations du rapport, un tel traitement ne modifie que peu l’apparence physique. Il ne permet donc pas d’éviter les insultes et les agressions. Enfin, il s’agit là d’une violation grave de la vie privée que d’informer de force l’employeur de la transidentité de son ou sa salariée, d’autant que la loi ne reconnaît toujours pas les discriminations liées à l’identité de genre.

Nous appelons donc le Ministère de la Santé à ne pas suivre l’avis du rapport de la HAS concernant le parcours des personnes transsexuelles, et à dénoncer le suivi psychiatrique obligatoire, les « tests de vie réel » et les traitements imposés sans tenir compte des souhaits des trans.

Par ailleurs, la HAS rappelle très justement les conclusions que tire Thomas Hammarberg, Commissaire aux Droits de l’Homme dans son rapport « Droit de l’homme et identité de genre » du 29 juillet 2009.

Nous appelons le Ministère de la Justice à reprendre à son compte ce rapport qui prononce l’arrêt des stérilisations obligatoires, la simplification des procédures de changement d’état-civil et la prise en compte des discriminations liées à l’identité de genre.

vendredi, 13 novembre 2009

L'Ordre des mots

 

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Vendredi prochain aura lieu la 11e célébration de la Journée du Souvenir Trans (Transgender Day of Remembrance). Cette journée, est pour nous, l’occasion de se souvenir des personnes trans assassinées à travers le monde et donc de parler de la transphobie (la discrimination dont les personnes trans font l’objet).

A cette occasion, trois associations lyonnaises, Chrysalide, la Lesbian and Gay Pride de Lyon et Ecrans Mixtes organisent la projection du film documentaire L’Ordre des Mots de Cynthia ARRA et Melissa ARRA

Le documentaire sera précédé d’une présentation, et suivi d’un débat d’une heure, en présence de David et Sophie de Chrysalide.

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Cette manifestation sera l'occasion de s’interroger sur les avancées réelles présentées en septembre dernier par la Ministre de la santé concernant la prise en charge des personnes trans.

Dans un communiqué de presse publié le 18 septembre dernier (disonible ici), le ministère de la santé annoncait un changement de catégorie d’Affection Longue Durée pour les personnes trans, de l’ALD 23 à une ALD hors liste. Pour nos associations, Chrysalide et la Lesbian and Gay Pride de Lyon, il s’agit donc uniquement de remplacer une catégorie de remboursement par une autre, au titre moins pathologisant.

Cette annonce ne présente aucune avancée réelle et concrète pour les trans.

 

Ces associations avaient déjà pris acte de la volonté du Ministère de la Santé de retirer enfin la transidentité de la liste des affections psychiatriques de longue durée le 16 mai dernier. Il s’agit en effet d’une revendication que nos associations portent depuis de nombreuses années, afin que même les remboursements ne fassent pas référence à un « trouble » ou à une « pathologie ». Cependant, le ministère ne s’oppose pas à l’évaluation psychiatrique humiliante destinée à déterminer si une personne trans peut avoir accès au traitement hormonal. C’est pourtant un des problèmes les plus importants rencontré par les personnes trans, qui a un impact concret sur leur vie quotidienne, leur recto_flyer_17mai2009.jpgestime d’elles-mêmes, et qui est révélateur de la transphobie du système de santé.

Pire, Mme Bachelot indique dans son communiqué de presse qu’elle soutient la proposition de la HAS de créer des centres de références. Pourtant, de nombreuses associations se sont insurgées contre ce projet de la HAS, pour en dénoncer la dangerosité extrême. Nous connaissons déjà les critères discriminatoires et la violation du droit du libre choix de ses médecins qui y seront pratiqués.


Rappelons que ces centres d’expertises existent déjà sous forme d’équipes hospitalières. Ils sont les premiers vecteurs de discriminations à l’encontre des personnes transidentitaires. Les critères utilisés actuellement par de nombreux psychiatres se présentant comme « spécialistes » excluent notamment les personnes mariées, ayant des enfants mineurs, étant homosexuelLEs dans le genre revendiqué, séropositifVEs, refusant d’être stériliséEs chirurgicalement, etc.

Nous demandons au contraire depuis des années la dissolution de ces équipes. L’hypothèse de « centres de références », qui seront formés des mêmes personnes, est particulièrement inquiétante.

Cette manifestation, sera pour nous, l'occasion de réafirmer notre vive opposition aux propositions de la HAS. Nous attendons du ministère qu’il rencontre les associations trans pour parler des perspectives d’évolutions de la prise en charge médicale. Le ministère doit traduire par des mesures concrètes sa volonté de lutter contre la stigmatisation des personnes trans. Il doit annoncer en particulier que les personnes trans doivent avoir le droit de disposer librement de leur corps : le recours à la médecine doit être facilité, et non pas conditionné par un avis psychiatrique (voir notre campagne du 17 mai 2009)

 
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