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lundi, 15 juin 2009

2009: Une année riche en action

 

Bonjour tout le monde,

 

Lors du discours prononcé à l'occasion du lancement de la Quinzaine des Cultures Lesbiennes, Gaies, Bi et Trans, vendredi derner, je n'avais cité que trois exemples d'actions menées cette année par les différentes associations de lutte contre les discriminations liées à l'orientation sexuelle et à l'identité de genre.

 

Aujourd'hui, je me permets d'étayer ce point et de revenir sur une année riche en action.

 

Aide aux victimes d’agression.

En avril 2007, deux jeunes lesbiennes sont agressées place Louis Pradel.

 

C’est l’arrivée de la police municipale qui met un terme à cette agression. Pour aider la Justice, la Lesbian and Gay Pride a diffusé un appel à témoins, auquel plusieurs personnes ont répondu. Aujourd'hui, notre association continue de soutenir les jeunes filles dans leurs démarches. Les agresseurs doivent passer devant la justice prochainement, et nous seront partie civile aux cotés des deux victimes.

En novembre 2007, Jérémy, 23 ans, est agressé en rentrant chez lui par deux jeunes hommes de 20 et 21 ans, rapidement arrêtés.

 

Les deux agresseurs devaient passer en jugement le 18 juin dernier, mais la circonstance aggravante d’homophobie, pourtant avérée par les propos tenus par les agresseurs n’avait pas été retenue par la parquet. L’avocat de Jerémie et de la Lesbian and Gay Pride de Lyon a demandé le renvoi et une citation directe pour que la circonstance aggravante d’homophobie soit prise en compte. Après un premier report le procès devrait enfin se tenir le 21 septembre prochain, soit presque 2 ans et demi après l’agression… La Lesbian and Gay Pride de Lyon continuera d’accompagner Jérémie jusqu’à ce que ce dernier obtienne réparation.

 

Durant la Marche des Fiertés en juin 2007, deux jeunes (dont un mineur) ont lancé des bouteilles en verre et des œufs sur les manifestants.


  • 23 juin 2007 : la Lesbian and Gay Pride de Lyon dépose plainte pour « violence volontaire avec arme par destination à caractère homophobe et insultes homophobes » à l’encontre d’Hassan le jour même de l’agression ;Septembre 2007 à février 2008 : la Lesbian and Gay Pride de Lyon demande au Parquet de Lyon de ne pas se contenter d’envoyer le prévenu devant la Maison de Justice et du Droit. En effet, le mis en cause, Hassan, a été convoqué par deux fois devant le délégué du Procureur. Il ne s’est jamais présenté ;
  • mars 2008 : la Lesbian and Gay Pride de Lyon apprend que le Parquet de Lyon veut classer sans suite cette plainte ;
  • 3.28 mars 2008 : l’association rencontre un Vice-Procureur. Elle dénonce l’étonnante mansuétude du Parquet de Lyon et lui demande de poursuivre plus sévèrement les auteurs de violences à caractère discriminatoire ;
  • Septembre 2008 : la Lesbian and Gay Pride de Lyon apprend que le prévenu est poursuivi uniquement pour insulte publique et non pour violence volontaire ;
  • Janvier 2009, le Parquet de Lyon daigne à faire comparaitre le prévenu devant la 11e Chambre du Tribunal Correctionnel pour insulte homophobe alors que le délai de prescription est dépassé.

La Lesbian and Gay Pride de Lyon ne peut pas croire que le Parquet de Lyon ignorait qu’il avait outrepassé le délai de prescription et dénonce le laxisme extrême du parquet dans cette affaire. Rachida Dati a été interpellée par l’association à ce sujet.

Droit des étrangers

Depuis décembre 2008, la Lesbian and Gay Pride de Lyon accompagne une jeune Algérien, Cherif, pour le renouvellement de son titre de séjour.

 

Chérif est entré en France en 2002, sous couvert d'un passeport, revêtu d'un visa long séjour étudiant. A l'issue de ses études, il a créé sa propre entreprise de nettoyage et a obtenu un titre de séjour mention « commerçant ». Lorsqu’il effectue une demande de renouvellement il se voit signifier un refus de la préfecture en septembre 2008 sous prétexte que son activité commerciale ne serait pas effective. Pourtant Cherif est à jour de toutes ses cotisations sociales, seul critère, selon le conseil d’état, permettant au préfet d’évaluer la réalité d’une activité économique. De plus Cherif est homosexuel et risque une peine de trois ans de prison s’il retourne en Algérie. C’est pourquoi la Lesbian and Gay Pride de Lyon tente, depuis plusieurs mois d’infléchir la décision de la préfecture, plusieurs recours amiables ont été déposés mais la préfecture du Rhône reste aussi sourde à nos argument qu’elle le fût pour Nadir l’an dernier, avant de finalement céder devant la pression médiatique précédant la Marche des Fiertés. Cette année encore nous devrons nous mobiliser pour que Cherif obtienne son titre de séjour.

La Lesbian and Gay Pride de Lyon se mobilise également pour Vahid, jeune gay iranien retenu au centre de rétention de Saint-Exupéry.

Vahid a été inquiété en Iran en raison de son appartenance à la communauté Bahai. Le régime iranien ne tolère pas l'existence de cette communauté, dont il estime qu'elle rejette les principes de l'islam. Vahid est également en grave danger du fait de son orientation sexuelle. Arrêté plusieurs fois par la police iranienne, il a subi des interrogatoires poussés et a été fouetté à plusieurs reprises. Il a dû fuir le pays car il avait reçu une convocation du tribunal islamique et se savait en grave danger. Vahid a déposé un dossier de demande d’asile auprès de l’Office Français de Protection des Réfugiés et Apatrides (OFPRA). Une réponse devrait intervenir très prochainement. Cependant, la police dispose de son passeport en cours de validité. En cas de rejet de sa demande d’asile, il pourrait être reconduit d’office en Iran. La Lesbian and Gay Pride de Lyon et l’Inter-LGBT en appellent au ministre de l’immigration. En effet le président Sarkozy avait affirmé durant la campagne électorale que "S’agissant du droit d’asile, si vous êtes persécuté pour votre orientation sexuelle, vous devez pouvoir bénéficier du droit d’asile". Il est temps que le gouvernement applique cette promesse présidentielle.

Prévention


Lors de son récent voyage au Cameroun, le pape a déclaré que le préservatif aggravait l’épidémie du Sida. Selon lui, le problème du SIDA ne « peut pas être réglé » par la « distribution de préservatifs » et qu’ « au contraire, leur utilisation aggrave le problème ». Parce que 22 millions de personnes vivent avec le VIH en Afrique sub-saharienne et 1,9 millions de contaminations y ont été enregistrées en 2007, la Lesbian and Gay Pride de Lyon et de nombreuses associations de lutte contre le Sida se sont mobilisées lors d’une manifestation le 29 mars devant la basilique de Fourvière pour protester contre ces propos scandaleux, fallacieux et même criminels.


Droit des salariés


Le 1er mai dernier, la Lesbian and Gay Pride de Lyon et plusieurs associations gaies et lesbiennes ont défilé derrière le mot d’ordre « Trans, homos, hétéros, travailleurs tous égaux ». En effet, et plus particulièrement en ces temps de crise nous savons que les minorités seront parmi les premières victimes des plans de licenciement. De plus, les salariés lesbiens, gays bi et trans ne bénéficient pas toujours des mêmes droits que leur homologues hétéros (congés parentaux, pension de réversion, traitement parfois différenciés des couples pacsés et mariés, etc).

 

Homophobie dans le sport


Le dimanche 14 décembre 2008, lors d’une rencontre de l’OL/ OM, une banderole à caractère explicitement homophobe a été déployée dans le virage Nord par le groupe de supporters Bad Gones : « Pape Diouf, tes initiales te vont si bien », P et D se détachent en clair alors que le reste ressort en foncé. La Lesbian and Gay Pride de Lyon a immédiatement réagit en interpellant Jean-Michel Aulas, président de l’OL ainsi que la ligue de football professionnelle. L’homophobie, pas plus que le racisme ou le sexisme n’ont leur place dans un stade. Il est grand temps que l’OL suive l’exemple du Paris Saint-Germain en s’engageant des campagnes de lutte contre l’homophobie dans les stades.

 

Fichage


En juillet 2008, la Lesbian and Gay Pride de Lyon et 22 autres associations Lesbiennes, Gaies, Bi et Trans saisissent la HALDE (Haute Autorité de Lutte contre les Discriminations et pour l’Egalité) pour exprimer leurs craintes liées aux risques de comportements discriminatoires qu’entraînerait la constitution du fichier « EDVIGE » (Exploitation Documentaire et Valorisation de l’Information Générale). En effet, par le décret du 1er juillet 2008, le Gouvernement s’est accordé le droit de constituer un nouveau fichier de police dénommé "EDVIGE". Celui-ci prévoyait en particulier la possibilité d’enregistrer des données personnelles sur l’orientation sexuelle et l’état de santé d’un individu, mais également ses activités politiques, syndicales, religieuses, et cela dès l’âge de 13 ans, avec, pour argument principal, le possible « trouble à l’ordre public ». Ces associations, mobilisées au sein du collectif non à Edwige obtinrent le retrait des dispositions les plus controversées dudit logiciel et notamment la mention de l’orientation sexuelle des personnes fichées. Cependant l’association reste mobilisée contre toute dérive de fichage de la part du gouvernement.

 

dimanche, 14 juin 2009

Discours pour le lancement de la Quinzaine des Cultures LGBT

Bonjour tout le monde,

 

Voici le discours que j'ai prononcé vendredi dernier pour le lancement de la Quinzaine des Cultures LGBT en présence du Député, Pierre Alain MUET et de Nathalie PERIN-GILBERT, Maire du 1er arrondissement.

 

Je me permets de vous rappelez-vous que le programme de la Quinzaine est disponible ici

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Monsieur le Député,

Madame le Maire,

Chers ami-e-s,

Chers militant-e-s,

Je vous remercie pour votre présence à ce lancement de la Quinzaine des cultures Lesbiennes, Gaies, Bi et Trans.

Je remercie, Madame le Maire, de nous accueillir chaleureusement dans cette salle des Mariages.

Je tiens à vous remercier sincèrement au nom de tous. Vous avez toujours été présente à nos côtés.

Madame le Maire, sans relâche, vous vous battez contre toutes les discriminations.

Aussi, je tiens à saluer le travail que vous menez pour défendre toutes les minorités afin de tendre vers plus d’Egalité.

Ce travail, Madame le Maire, soyez en assurés, est reconnu par toutes et tous, bien au delà des frontières du Grand Lyon.

Cette année, encore, nous pouvons être satisfait du travail inter associatif et de l’énergie que nous avons déployés ensemble.

Je ne reviendrai pas sur les innombrables actions que nous avons menés ces derniers mois pour dénoncer par exemple le laxisme du Parquet de Lyon, pour dénoncer Aulas et l’Olympique Lyonnais qui cautionnent les discriminations dans ses terrains de foot , pour dénoncer les propos meurtriers du chef de l’Eglise Catholique. Car, je dois me consacrer à l’essentiel.

Mes cher-e-s ami-e-s, Cher-e-s militant-e-s, Cher-e-s camarades,

Je ne le répéterai pas assez.

Notre manifestation est unique en son genre et nous devons en être fier et plus particulièrement cette année.

Unique car elle mobilise plus de 8 000 personnes non pas pour défendre un droit acquis ou contester une politique gouvernementale mais pour proposer un véritable projet de société fondé sur l’égalité, la liberté et la fraternité. Quel est ce projet ?

Depuis quelques années, la Lesbian and Gay Pride de Lyon mène un travail de fond sur la transphobie, pour mobiliser ses partenaires et ses compagnons de route. Aujourd’hui toutes les associations Lesbiennes, Gaies, Bi et Trans de la région Rhône-Alpes se sont investies dans ce combat.

Aussi, cette année, les 17 associations regroupées au sein du Conseil de la Lesbian and Gay Pride de Lyon ont décidé à l’unanimité de mettre en avant la transphobie. Nous avons donc choisi pour la marche de samedi le mot d’ordre « Respectons la transidentité, Refusons la transphobie »

Cette marche doit être un levier puissant pour faire avancer les Droits des trans.

Depuis 40 ans, nous constatons que les revendications pour leurs Droits restent les grandes oubliées de notre combat pour l’Egalité.

La Lesbian and Gay Pride de Lyon a pu constater quelques avancées fragiles sur les droits des homosexuel-le-s, notamment avec le PACS.

Mais malheureusement, pendant ce temps, les droits des personnes trans n’ont pas bougé d’un iota.

Elles demeurent des citoyen-ne-s de seconde zone, toujours privé-e-s de nombreux droits fondamentaux.

Sur la transphobie, le constat que nous faisons est alarmant.

Vous pourriez croire que nous disposons d’un arsenal juridique presque complet pour combattre toutes les formes de discriminations.

Détrompez-vous : Les discriminations liées à l’identité de genre n’ont en France aucun statut juridique !

Premièrement, la transphobie n’est pas un motif aggravant dans le code Pénal contrairement à l’homophobie, au racisme ou encore au sexisme.

Deuxièmement, au civil comme au pénal, les lois ne reconnaissent pas la singularité de la discrimination transphobe.

Troisièmement, les injures en raison de l’identité de genre ne sont toujours pas reconnues dans le droit français.

Quatrièmement, personne n’a jugé utile de missionner la HALDE dans la Lutte contre les discriminations liées à l’identité de genre.

Cette hiérarchie entre les motifs de discrimination est intolérable.

Il revient à nos associations de dénoncer la transphobie avec force.

Quant aux pratiques des pouvoirs publics, elles sont telles que l’on peut parler, et l’expression est faible, d’une véritable humiliation d’état.

Les personnes trans sont comme des sans papier dans leur propre pays.

Constatons ensemble que le décalage entre l’apparence physique (masculine ou féminine) et l’état civil (homme/femme) pose de nombreux problèmes au quotidien. C’est au minimum un souci et parfois une blessure humiliante à chaque fois qu’il est nécessaire et obligatoire de présenter des papiers d’identité, et contraire à ce que l’on peut penser, les occasions sont nombreuses : retirer un colis à la Poste, aller voter, passer des examens, trouver un emploi ou un logement, subir un contrôle de police ou de douane...

Certes, la loi autorise le changement de sexe sur l’état civil.

Mais les conditions imposées relèvent du parcours du combattant.

Pour bénéficier de cette autorisation, l’État français oblige à suivre un long protocole médical, arbitraire et discriminatoire, que nous voulons voir disparaître. Ce protocole impose une équipe médicale, dont les compétences ne sont pas démontrées, alors que chacun doit avoir le droit de choisir son médecin.

De surcroît, le droit français impose d’avoir préalablement effectué des opérations chirurgicales dites de « ré-assignation sexuelle » pour espérer bénéficier d’un changement d’état civil.

Et enfin, il faut convaincre le juge de faire preuve de bonne volonté et de bien vouloir vous accorder cette faveur !

Après l’opération, après avoir subi l’équipe médical emprunt de préjugés homophobes et sexistes, les tribunaux français imposent aux Trans d’être stérilisé-e-s.

Pour pouvoir obtenir des papiers conformes à l’identité revendiquée, l’Etat française impose la stérilisation obligatoire pour les Trans.

Nos associations dénoncent ces pratiques moyen-âgeuses. Nos associations dénoncent cette pratique barbare de notre appareil d’état.

Plus grave encore. En 2009, les personnes trans sont toujours considérées comme des « malades mentaux », comme autrefois les homosexuel-le-s.

Nos associations se battent pour obtenir leur dépsychiatrisation, une véritable dépsychiatrisation et non une simple déclassification d’ALD, comme l’annoncé en grande pompe le 16 mai dernier, Roselyne Bachelot, qui pour elle, les trans souffrent d’un trouble de l’identité.

La marche des Fiertés Lesbiennes, Gaies, Bi et Trans doit relayer avec force cette revendication. Nous devons lutter avec détermination contre cette vision archaïque, fausse, injurieuse et stigmatisante.

En effet, considérer les trans comme des malades mentaux est un alibi qui sert de justification à des discours et des pratiques qui les rabaissent et les infériorisent. Les droits humains fondamentaux des personnes Trans sont ignorés et bafoués à cause des préjugés, de l’ignorance, de la peur et de la haine.

Vraiment, je crois que l’on ne peut plus faire l’impasse sur ces questions.

Le mot d’ordre que nous avons choisi est pour nous l’occasion de porter dans l’espace public ces revendications que nous cherchons à rendre audibles depuis quelques années.

Nous dénonçons avec force l’absence de reconnaissance juridique et sociale des personnes trans, la mainmise de la psychiatrie sur elles, les violences exercées à leur encontre et bien sûr les problèmes de discrimination et de stigmatisation.

Cette marche se veut une marche citoyenne.

Il s’agit d’un combat pour la liberté.

La liberté de choisir le sexe de son état-civil, sans protocole humiliant, liberté de choisir son médecin, sans être soumis au bon vouloir du psychiatre.

Il s’agit d’un combat pour l’égalité.

L’égalité devant les droits en termes de santé, en particulier la prise en charge par la Sécurité Sociale des opérations chirurgicales dans les pays qui savent les pratiquer.

Il s’agit d’un combat de fraternité.

Fraternité dans la lutte contre toutes les formes de discrimination, fraternité dans le soutien face aux injures et aux violences physiques et symboliques dont sont victimes les trans.

La 14e marche des Fiertés Lesbiennes, Gaies, Bi et Trans est pour nous l’occasion d’interpeller vigoureusement les pouvoirs publics.

Le Samedi 20 juin, nous avons besoin de votre énergie, nous avons besoin de votre présence pour que ces pouvoirs publics mettent en place une véritable politique volontariste, pour faire « respecter la transidentité et pour refuser la transphobie ».

Contrairement à ce que nous avons pu lire ces derniers temps dans la presse, je peux vous garantir que cette 14e marche ne sera pas la marche la plus honteuse de France, bien au contraire.

Alors le 20 juin, venez faire la fête, venez danser et démontrez que nous sommes toutes et tous unis, fiers et solidaire pour lutter contre la transphobie et pour faire respecter la transidentité.

Je tiens à remercier tous nos partenaires la Ville de Lyon et le Conseil Régional mais également l’équipe du Pinck’s et les commerces de la rue Saint Georges qui se sont mobilisés cette année grâce à Tata Mona.

Je tiens également à féliciter l’association Chrysalide et à saluer la grande qualité du travail qu’elle accomplie tout au long de l’année.

Je tiens également à rendre un grand hommage à l’énergie, à la persévérance, aux convictions et à l’engagement de David et Sophie.

Je tiens aussi à remercier également tous les bénévoles des associations qui se sont investis dans l’organisation et plus particulièrement : le Forum Gai et Lesbien, l’APGL, Contact Lyon, Etudiants contre le Sida, Aides, Homosexualité et socialisme, Autre Cercle Rhône-Alpes, Moove, Le Mouvement des Jeunes Communistes, Keep Smiling, Aris, Middle Gender et la Ligue des Droits de l’Homme. Je vous remercie pour votre attention et vous invite maintenant à vous diriger vers le buffet.

samedi, 13 juin 2009

Santé et bien-être des trans : se battre contre le silence

Le 1er juillet 2008 a été rendu publique les résultats d’une enquête exploratoire, menée par internet en 2007 par le CRIPS Île-de-France et Act Up-Paris (Bulletin Épidémiologique Hebdomadaire n°27). Ces résultats démontrent la nécessité d’une action politique forte sur ces questions :

  • sur le dépistage : 21 % des personnes interrogées déclarent n’avoir jamais eu recours à un test ;
  • sur les comportements de prévention et les prises de risques par rapport au VIH : un nombre élevé de partenaires et une faible protection des relations sexuelles ;
  • sur la prévalence du VIH : 5,7 % des personnes interrogées seraient séropositives, soit une situation de crise sanitaire majeure selon les critères de l’Organisation Mondiale de la Santé ;
  • sur les discriminations dans l’accès aux soins : 20% des participant-e-s déclarent avoir renoncé à voir un médecin par crainte d’être discriminé-e-s du fait de leur transidentité ;
  • sur les discriminations en général : 49% des participant-e-s ont subi une discrimination ou ont renoncé à un droit de peur de subir une discrimination du fait de leur transidentité.

Ces résultats confirment que les institutions sanitaires, les chercheurs, les soignant-e-s et les acteurs de la prévention doivent s’impliquer dans une meilleure prise en compte des besoins spécifiques des trans en matière de VIH/SIDA, en particulier en termes d’accès au système de santé ou de prise en charge médicale adaptée.

La méconnaissance des enjeux spécifiques des trans par les professionnels de santé est un obstacle majeur au développement d’actions de prévention ou d’accès aux soins de qualité.

Ainsi, régulièrement les personnes trans ont un très fort sentiment d’isolement et de stigmatisation de la part des soignant-e-s qui peuvent aller parfois jusqu’au refus de soins.

L’absence des personnes trans des systèmes de surveillance épidémiologique et des programmes de santé publique, la quasi-inexistence de stratégies de prévention et de réduction des risques en direction des trans, l’absence de prise en compte de leurs spécificités en matière de prise en charge médicale font obstacle à la prise en compte de leurs problèmes de santé.

De même, l’absence de reconnaissance juridique et sociale, la mainmise de la psychiatrie, les violences exercées à l’encontre des trans et bien sûr, les problèmes de discrimination et de stigmatisation sont les complices de l’épidémie.

A l’occasion de la 14e marche des fiertés Lesbiennes, Gaies, Bi et Trans, nous demandons :

  1. le droit au changement d’état civil des trans et l’obtention de papiers (carte d’identité, carte de sécurité sociale etc.) sans passer par une opération chirurgicale ;
  2. La réalisation d’enquêtes épidémiologiques chez les personnes trans ;
  3. la réalisation d’études sur leurs besoins de santé ;
  4. la conception d’action de préventions ciblées en direction des trans ;
  5. l’élaboration de campagnes de sensibilisation à destination des personnels soignants pour améliorer leurs soins

vendredi, 12 juin 2009

Les Trans : des citoyen-ne-s sans droits ?

En 1975, la Cour de cassation rendit un arrêt interdisant aux personnes trans le droit de changer d'état civil. Dans cette affaire, la plaignante, Line B, opérée au début des années 70, fut confrontée à un refus systématique des tribunaux pendant 17 ans. Elle porta l'affaire devant la Cour Européenne des Droits de l'Homme, qui finalement condamna la France (25 mai 1992). La Cour de cassation dut réviser sa jurisprudence le 11 décembre 1992, afin de permettre aux personnes trans de modifier leur état civil, à condition d'avoir suivi un traitement médico-chirurgical, par exemple, la stérilisation obligatoire.

Les papiers d'identité constituent la problématique la plus sensible du monde trans Une personne trans qui n'a pas de papiers d'identité en accord avec son genre est victime de multiples discriminations en toutes sortes. Passer la douane, retirer un recommandé, voter, retirer un chéquier à la banque, solliciter un prêt, candidater pour un emploi ou  pour un logement, autant d'actes anodins en général, mais essentiels à l'exercice de la vie sociale et citoyenne, qui deviennent problématiques pour les personnes trans. Cette situation les oblige à révéler leur transidentité, aspect fondamental de leur vie privée, ce qui constitue une violation flagrante de l'article 8 de la Convention Européenne des Droits de l'Homme, justement, le droit à la vie privée.

Pour obtenir la rectification de son état civil, une personne transsexuelle doit assigner le ministère public devant le Tribunal de Grande Instance TGI. Cette procédure coûte en moyenne 1800 €, auxquels il faut ajouter environ 2000 € d'expertise médicale. Ces expertises sont menées de manière arbitraire, car très souvent, les juges refusent de statuer au regard des pièces du dossier, le certificat médical de l'endocrinologue par exemple, ou encore, le compte rendu de l'intervention chirurgicale. Le juge du TGI ordonne 3 expertises judiciaires réalisées par un urologue ou un gynécologue, un psychiatre et un endocrinologue.

Ces expertises sont vécues par les personnes trans comme une expérience humiliante. On y pratique un toucher vaginal pour mesurer la profondeur de l'organe, ce qui est vécu véritablement comme un viol. De plus les pratiques mises en œuvre par les médecins experts sont souvent plus que douteuses, et ce traitement humiliant constitue là encore une violation de l'article 8 de la Convention Européenne des Droits de l'Homme.

Aujourd'hui encore, la HALDE refuse de considérer la transphobie comme un motif de discrimination, en alléguant que le sujet est déjà traité à travers la question du sexisme ou de l'homophobie. Ainsi les citoyens trans sont-ils les discriminés des discriminés.

C'est pour protester contre toutes ces injustices que j'appelle à la solidarité et à la mobilisation de toutes et tous, en se joignant à la 14e marche des Fiertés Lesbiennes, Gaies, Bi et Trans, le Samedi 20 juin prochain

lundi, 01 juin 2009

Mot d’ordre 2009 : Respectons la transidentité, refusons la transphobie !

L'annonce radio :
podcast

Les Lesbiennes, les Gays, les Bi et les Trans s’organisent pour la Marche des Fiertés du 20 juin prochain, son prochain mot d’ordre est :

« Respectons la Transidentié, Refusons la transphobie ! »

Lutte contre l’homophobie, ouverture du mariage et de l’adoption pour les couples de même sexe, homoparentalité ou encore délégation de recto_flyerpride2009.jpgl’autorité parentale sont les grands thèmes qui rythment chaque année les marches des fiertés Lesbiennes, Gaies, Bi et Trans. Malheureusement, les personnes Trans et leurs revendications, restent, aujourd’hui encore, les grandes oubliées de notre combat pour l’Egalité.

La France accuse un sérieux retard en matière de droits pour les personnes Trans. Certains pays, comme l’Afrique du Sud, la Nouvelle-Zélande, le Royaume-Uni, l’Espagne, la Hollande, le Népal ont adapté leurs législations à la transidentité. Même si ces aménagements sont loin d’être parfaits, ils témoignent d’une volonté politique totalement absente en France. Les questions liées à l’identité de genre ne sont toujours pas prises en compte. Le bilan des différents gouvernements qui se sont succédé depuis 20 ans est inexistant dans ce domaine. Les réponses de la France à la question Trans sont l’immobilisme, le sensationnalisme des médias et le mépris.

La transidentité, ou « transsexualisme » comme l’appellent les psychiatres, est considérée comme une pathologie mentale. Les personnes Trans sont stigmatisées comme des malades mentaux. Elles n’ont le droit à aucune reconnaissance juridique et sociale. Pire, les tribunaux français leur imposent d’être stérilisées pour pouvoir obtenir des papiers conformes à l’identité qu’elles revendiquent. Sans ces papiers, leur insertion sociale et notamment professionnelle se trouve largement mis en difficulté.

Les discriminations liées à l’identité de genre ne sont pas reconnues ni dans le Code Pénal ni dans la loi du 30 décembre 2004 portant création la Haute Autorité de Lutte contre les Discriminations et pour l’Egalité.

Les associations Lesbiennes, Gaies, Bi et Trans ont pourtant des revendications à faire entendre dans l’espace public :

  1. retirer le « transsexualisme » de la liste des maladies mentales ;
  2. généraliser la possibilité de démarrer une transition médicale via son médecin généraliste ou un endocrinologue
  3. prise en charge par la Sécurité Sociale des opérations y compris en dehors de l’Union Européenne, de bien meilleure qualité ;
  4. permettre le changement d’Etat-Civil aux personnes non stérilisées, non opérées et sans traitement hormonal en faisant la demande,via une démarche administrative et non judiciaire ;
  5. reconnaître la transphobie, au même titre que l’homophobie, le sexisme ou le racisme, dans les textes de loi sur les discriminations, l’injure et les violences, ou encore par la HALDE ;
  6. la réalisation d’études épidémiologiques sur les trans’ et le VIH en France ; des campagnes de prévention ciblées vers les trans’

Le mot d’ordre de la 14ème Marche Lyonnaises des Fiertés Lesbiennes, Gaies, Bi et Trans interpelle le Gouvernement, le Ministre de l’Éducation Nationale, la Ministre de la Santé, le Ministre des Affaires étrangères, le Ministre du Travail, la Ministre de la Justice, l’ensemble des acteurs publics, sociaux et associatifs pour qu’ils s’engagent avec détermination et fermeté pour « Refuser la transphobie et Respecter la Transidentité ! ».

dimanche, 31 mai 2009

Les questions à ne pas poser à une personne transsexuelle

Hé oui, malgré ce que l’on a pu vous dire, les questions stupides existent !

out n’est pas bon à demander sous prétexte de vouloir satisfaire une curiosité insatiable.

Tout au long de sa vie, une personne trans se voit sans arrêt poser des questions incroyablement déplacées sur sa vie privée. Celui ou celle qui pose ces questions pourrait facilement répondre à la majorité d’entre elles s’il ou elle prenait la peine d’y réfléchir un tout petit peu.

Mais la question que l’on nous pose en réalité est : est-ce que tu sais que je te juge ? Et la réponse est : oui !

Je sais que cette question est sur la liste des questions à ne pas poser, mais il y a une quelque chose sur cette liste que je meure d’envie de savoir ! Cette histoire de « questions à ne pas poser », çà ne s’applique pas vraiment à moi ?

Hé bien si ! Ça s’applique à tout le monde ! Personne ne peut avoir la prétention de faire exception. Si vous pensez faire exception, c’est que vous avez d’autant plus de questions à vous poser...

Ne soyez pas vexée si je vous demande çà, mais... Toute question commençant par cette mise en garde est généralement blessante et déplacée : alors si vous sentez que vous devez présenter votre question par cette formule, c’est que vous ne devez pas poser cette question !

Est-ce que l’opération fait mal ?

En fait, lors d’une opération, on utilise quelque chose de tout à fait formidable appelé ‘anesthésie’ ; du coup, on ne sent rien du tout pendant l’opération ! Tu devrais essayer !

Quel est / était ton « vrai » nom ? Est-ce que tu peux me montrer des photos de toi « avant » ?

En fait, ce que tu sous-entends c’est que je ne suis pas vraiment un homme (ou une femme) pour toi, et que mon identité actuelle n’est qu’une façade qui masque ce que tu considères être ma « vraie » identité. Si tu penses qu’il y a un secret à découvrir derrière les apparences, tu as tort !

Toute question à propos de mes préférences sexuelles, de ma sexualité, de mes parties intimes... Cela ne regarde que moi. Tu ne poserais jamais cette question à un collègue de boulot, à un membre de ta famille ou à un-e ami-e que tu viens de rencontrer, alors pourquoi à moi ?

T’es un homme ou une femme ?

On ne devrait jamais poser cette question à un être humain de toute façon. Si tu n’arrives pas à savoir, c’est que tu n’as pas besoin de le savoir.

Je te considère comme un homme / une femme.

Ça n’est pas une question mais une remarque par laquelle tu sous-entends que je ne suis justement pas un vrai homme ou une vraie femme à tes yeux. Tu ne dirais jamais ça à ton père ou à ta sœur ! J’ai vu « La cage aux folles », du coup je comprends ce que tu ressens.

Encore une remarque à laquelle j’ai seulement envie de répondre : j’ai vu « Le dîner de con », je sais ce que tu ressens !

Ma coiffeuse est trans, tu la connais ?

Évidemment que je ne la connais pas. Par contre, ce que je vois c’est que tu essayes de me montrer que tu es tolérant-e et que tu m’acceptes malgré tout. Je ne demande pas à être tolérée !

 

 
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