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mardi, 01 juillet 2008

«L’omertà sur l’homophobie à l’école est toujours présente»

Je vous invite vivement à lire l'interview de Xavier DARCOS.

Le ministre s'engage fortement contre  l'homophobie en mileu scolaire. Son Administration va-t-elle suivre ? 

A la veille de la 13e marche des fiertés Lesbiennes, Gaies, Bi et Trans, le 14 juin dernier, nous avions interpellé le recteur de l'Académie de Lyon. 

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À l’occasion de la 13e marche lyonnaise des fiertés Lesbiennes, Gaies, Bi et Trans, ce Samedi 14 juin, dont le thème est « Pour une Education sans aucune discrimination », La Lesbian and Gay Pride de Lyon, l’Autre Cercle Rhône-Alpes et Moove ! adressent aujourd’hui une lettre ouverte au recteur de Lyon pour qu’il s’engage plus volontairement en matière éducative dans la lutte contre les discriminations liées à l’orientation sexuelle et à l’identité de genre.

Lettre ouverte à Monsieur le Recteur de l’Académie de Lyon

Monsieur le Recteur,

Le 4 avril dernier, le Ministère de l’Education nationale publiait une circulaire de rentrée qui consacre un paragraphe à la lutte « contre toutes les violences et toutes les discriminations, notamment l’homophobie » (BO n° 15 du 10 avril 2008).

C’est la première fois qu’une circulaire de rentrée mentionne aussi explicitement la lutte contre l’homophobie.

Auparavant, cette nécessité était tout juste évoquée dans certaines circulaires relatives à la lutte contre le sida ou à l’éducation à la sexualité, de portée bien moindre.

Cependant, cette avancée symbolique impose la mise en œuvre concrète d’actions contre les violences homophobes et transphobes subies par les jeunes en recherche de leur orientation sexuelle ou de leur identité de genre.

Comme cette circulaire de rentrée soulève d’immenses espoirs chez les acteurs de la lutte contre les discriminations : nous souhaiterions savoir comment vous allez réagir. Des initiatives ont-elles été prises dans les établissements de l’académie de Lyon dans le cadre d’une information ou d’un projet ? Allez-vous mener une politique ambitieuse d’éducation à la citoyenneté et donc une politique de lutte contre les discriminations qui n’oublierait pas celles liées à l’orientation sexuelle et à l’identité de genre ?

Nous serions également intéressés de savoir si des incidents ont été portés à votre connaissance dans l’académie ces dernières années, y a t’il des statistiques ?

Nous savons combien la question peut vous paraître dérangeante mais, malheureusement beaucoup de jeunes adolescents se suicident à la découverte de leur orientation sexuelle faute de compréhension et de lieux de paroles. Ainsi selon une étude de l’INVS parue en juin 2007 portant sur 6184 hommes homosexuels, il y a cinq fois plus de tentatives de suicide chez les jeunes homosexuels que chez les jeunes hétérosexuels : 32 % des homosexuels de moins de 20 ans ont tenté de se suicider !

De plus, d’après un rapport de Dominique Versini, défenseure des enfants, 10 % des tentatives de suicide des filles âgées de 15 à 24 ans seraient liées à la difficulté de vivre son homosexualité. Ainsi de nombreuses études mettent en évidence le rapport entre le mal-être généré par le rejet dont les jeunes en recherche de leur orientation sexuelle ou de leur identité de genre font l’objet et la sur-suicidalité des jeunes homosexuel-le-s. De même en matière de prévention les associations de lutte contre les IST (dont le VIH) ont souligné depuis longtemps le lien entre mal-être, mauvaise estime de soi et prises de risque.

lundi, 30 juin 2008

Pour une Ecole sans homophobie

En mars 2008, à Bagneux, six jeunes de 16 à 25 ans reconnaissaient avoir séquestré un garçon de 19 ans et lui avoir fait subir des sévices et humiliations à connotations antisémites et homophobes durant une journée entière. Ils auraient écrit « sale juif » et « sale pédé » sur son visage et l’auraient contraint à mimer une fellation sur un bâton.

Nous faisons un triste constat. Quand elles s’expriment sous leurs formes les plus désinhibées, les violences homophobes sont très régulièrement le fait de jeunes scolarisés ou à peine sortis de leur scolarité . Au delà de la sanction pénale, ces faits soulignent les défaillances de notre système éducatif.

L’Éducation Nationale n’a toujours pas engagé d’action décisive en matière de prévention des violences discriminatoires, ni d’action de sensibilisation au respect de la diversité des orientations sexuelles et des identités de genre.

Elle est aujourd’hui la grande muette contre l’homophobie, malgré des circulaires ministérielles et des initiatives encore trop isolées. Ces formes de discrimination restent malheureusement considérées comme secondaires et négligeables. « Enculé », « pédale », « salope », « brouteuse » sont toujours les insultes favorites de nos enfants à l’école. L’institution scolaire impose le silence et rejette la diversité humaine.

Face à l’homophobie, l’isolement et le repli sur soi deviennent la seule protection imaginable des jeunes en questionnement. Insultes, passages à tabac, rejet des parents ou des ami-e-s, et absence de repères positifs sont autant de facteurs qui entraînent mésestime de soi et homophobie intériorisée dont les conséquences sont dramatiques. Les tentatives de suicide des jeunes homosexuel-le-s sont de six à treize fois plus fréquentes que chez les jeunes hétérosexuel-le-s. Le mal-être que connaissent tou-te-s les adolescent-e-s se renforce alors par la violence de l’exclusion.

Les jeunes sont fragilisés par la violence directe, par le silence de ceux et celles qui pourraient agir et rétablir le respect et le droit là où l’homophobie fait rage. Aujourd’hui inscrite dans la loi, la pénalisation de l’homophobie est une nécessité. Mais elle n’a aucun sens sans une véritable éducation à la citoyenneté en amont. L’école ne doit plus être le lieu où l’on apprend à vivre son homosexualité dans la honte.

Au contraire, elle devrait empêcher la reproduction des schémas de domination sexiste et homophobe. Nous devons veiller à ce que l’École combatte l’hompohobie comme le racisme et le sexisme. Sans hiérarchie des discriminations.

dimanche, 29 juin 2008

Les travaillistes norvégiens ouvrent le mariage aux couples de même sexe

Le mariage entre couple de même sexe est désormais légalisé en Norvège : « Avec cette loi, nous mettons sur un pied d’égalité l’union entre couples homosexuels et entre couples hétérosexuels et reconnaissons qu’elle est fondée sur les mêmes valeurs. Il devient ainsi plus facile pour les homosexuels et les lesbiennes d’admettre leur orientation sexuelle. Aujourd’hui, à travers toute la Norvège, beaucoup de jeunes n’ont plus à éprouver de la honte et peuvent enfin se sentir totalement respectés par la société. C’est important pour l’individu. C’est important aussi pour notre société. C’est la seule façon d’avoir une société mieux adaptée » (Anniken Huitfeldt, ministre norvégien de l’Enfance et de la Parité).

La Norvège devient ainsi le 6e Pays au monde à accorder l’égalité des droits entre les couples de même sexe et les couples hétérosexuels.

Le mercredi 11 juin dernier, le Storting, le Parlement norvégien adoptait une loi ouvrant le mariage aux couples de même sexe.Ce texte est issu d’un projet de loi du gouvernement de Jens Stoltenberg, le Premier ministre travailliste dont le parti est membre du Parti socialiste européen (PSE). Longuement débattu au sein du Parlement norvégien, il a été adopté par 84 voix contre 41. Les trois partis de la coalition de centre-gauche au pouvoir et deux formations d'opposition, le Parti conservateur et le Parti libéral, ont majoritairement voté pour, le Parti chrétien-démocrate et la droite populiste votant contre.

La nouvelle loi sur le mariage stipule que :

  1. deux personnes de même sexe ou de sexe opposé peuvent s’unir par le mariage;
  2. les couples homosexuels peuvent être candidats à l’adoption, au même titre que les couples hétérosexuels;
  3. les couples féminins, qu’ils soient mariés ou pacsés, peuvent bénéficier d’une fécondation assistée au même titre que les couples hétérosexuels mariés ou pacsés.

En plus, dans un couple féminin, une mère non biologique qui a donné naissance à un enfant grâce à une fécondation assistée obtient automatiquement le statut de mère, comme dans un couple hétérosexuel. Il est également proposé d’utiliser le terme « co-mère » pour désigner la mère qui ne met pas au monde l’enfant.

samedi, 28 juin 2008

« On n’est pas racistes, la preuve : on t’encule ! »

 

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Le sport, professionnel ou amateur, est malade des propos et pratiques discriminatoires. Régulièrement, les journaux rendent compte des insultes racistes dont ont été victimes des joueurs. Plus rarement, ils relèvent les propos sexistes ou homophobes.

Pourtant, chaque semaine, de bons pères de famille et autres supporters donnent dans l’exemplaire “pédé” ou “enculé” pour qualifier l’arbitre ou un joueur de l’équipe adverse, ou accompagnent le gardien par un “viril” “oh hisse, enculé”.

Image de la “norme virile, le sport refuse trop généralement de laisser sa place à l’homosexuel, perçu dans le prisme réducteur de la féminité, de la non-combativité, de la fragilité. Exemple caricatural, Luciano Moggi, ancien responsable de la Juventus, se croyait autorisé à déclarer qu’« Il n’y a pas de gays dans le football, je ne sais pas si les joueurs sont contre le fait d’en avoir dans leur équipe, mais moi je le suis » / ... / « Dans les club où j’ai travaillé, il n’y en a jamais eu. Je n’ai jamais voulu d’un joueur homosexuel et je refuserais encore aujourd’hui d’en faire signer. »

Inversement, la sportive lesbienne est la “démonstration” qu’une lesbienne se prend pour un homme, en s’affichant dans la chasse gardée de la virilité qu’est le sport.

À chaque fois, l’homosexuel est rejeté des vestiaires, où sa “lubricité” sous les douches remettrait en cause la cohérence de l’équipe.

Pire, une personne Trans, sans papiers d’identité en adéquation avec son genre, est interdite de vestiaires. Elle ne peut s’inscrire à une compétition officielle.

En réaction à ces pratiques, les clubs gay ou LGBT sont nés, exprimant le besoin de pratiquer librement et sans discrimination un sport.

Ils s’affirment comme des espaces de mixité, de tolérance, en même temps qu’ils sont des contre-modèles aux stéréotypes homophobes.

Réagissons !

L’homophobie, le sexisme et le racisme ne doivent plus avoir de place dans le milieu sportif. Le mot d’ordre de la 13ème Marche des Fiertés s’adresse aussi aux institutions sportives, qui doivent contribuer à construire une « Éducation sans aucune discrimination ».

Aussi, nous leur demandons de condamner fermement l’homophobie, le sexisme et le racisme, de mener des actions de sensibilisation et de prévention auprès des dirigeants, des éducateurs, des arbitres, des joueurs, des spectateurs et du grand public. Tout comme le PSG, l’Olympique Lyonnais doit être exemplaire, et enfin signer une charte contre l’homophobie.

 

 

 

 

vendredi, 09 mai 2008

Mariage : changez la loi et vite !

La France, pourtant berceau des droits de l’Homme, accuse un sérieux retard en matière d’égalité entre ses citoyens. Au regard du Code Civil français, les personnes homosexuelles et transsexuelles sont toujours privées de nombreux droits fondamentaux. Aussi le mariage est encore exclusivement réservé aux hétérosexuel-le-s.

Pourtant, refuser l’égalité met des personnes homosexuelles et transsexuelles dans des situations discriminantes, révoltantes, humiliantes et blessantes.

La logique discriminante en œuvre est évidente. Prenons l’exemple de Frédéric Minvielle. Cet homme a perdu la nationalité française au moment où il a demandé la nationalité hollandaise, après s’être marié avec un autre homme aux Pays Bas. Selon le Droit international et national, quiconque change de nationalité perd automatiquement sa nationalité d’origine.

Le mariage est la seule exception qui permet d’obtenir automatiquement la double nationalité. Ainsi, Frédéric Minvielle aurait dû rester français. Mais l’Administration française lui a retiré sa nationalité, lui a demandé de rendre son passeport, sa carte d’identité et l’a radié des listes électorales. Car son mariage contracté avec une personne du même sexe en Hollande ne peut être reconnu par la France.

Cette terrible affaire illustre le conservatisme de nos institutions. Elle montre que les autorités françaises discriminent en fonction de l’orientation sexuelle jusqu’à déchoir les personnes homosexuelles de leur nationalité.

Les homosexuel-le-s demeurent encore dans notre pays des citoyen-e-s de seconde classe. Le cas de Frédéric Minvielle plaide une nouvelle fois pour l’ouverture du mariage civil aux couples de même sexe, tout comme en Belgique, en Angleterre, en Espagne et aux Pays Bas.

Combien de nos voisins européens devront légiférer avant que la France n’accepte d’ouvrir les yeux sur les évolutions sociétales ? Combien de temps devrons nous attendre avant que notre pays redevienne pionnier en matière de lutte pour l’égalité des droits ?

À la veille de la présidence française de l’Union Européenne, la Lesbian and Gay Pride de Lyon demande au Gouvernement de se saisir de ce dossier.

Il doit mettre fin à cette discrimination. L’ouverture du mariage aux couples de même sexe est une nécessité humaine partout dans l’Union Européenne, une réalité dans un nombre de pays toujours plus grand. Le Gouvernement doit arrêter son comportement mesquin et s’assurer enfin que la France ne discrimine aucune des situations conjugales et familiales juridiquement reconnues par les autres États membres de l’Union.

L’égalité des droits est une nécessité. Le conservatisme dont fait preuve le Gouvernement actuel et les blocages sociaux n’existeraient pas si notre pays s’engageait dans une « Éducation sans aucune discrimination », comme le demande le mot d’ordre de la 13e marche des Fiertés Lesbiennes, Gaies, Bi et Trans.

jeudi, 06 mars 2008

Agression homophobe : la grande mascarade du Parquet de Lyon

J’avais déjà eu l’occasion de parler dans mes précédents billets du laxisme du Procureur de la République du TGI de Lyon.

Comme vous le savez déjà, la Lesbian and Gay Pride de Lyon avait porté plainte le 23 juin 2007 à l’encontre de deux individus pour « violence volontaire avec arme par destination à caractère homophobe et insultes homophobes », suite à deux incidents à la hauteur de la place des Terreaux, lors de la 12e marche des Fiertés Lesbiennes, Gaies, Bi et Trans.

Un premier prévenu, mineur, a déjà été convoqué devant le délégué du Procureur en Maison de Justice et du Droit de Lyon Sud. Pour seule punition, il devait rendre une rédaction de deux pages sur l’homophobie.

Le second prévenu, Fekih, majeur, était convoqué une première fois devant l’antenne de Justice de Rillieux la Pape. Il ne s’y est pas présenté. Il était donc convoquait une 2e fois devant cette même Antenne de Justic ce lundi. Il ne s'est pas présenté.  Nous ne pouvons que rester perplexe devant cette étonnante mansuétude du parquet de Lyon à l’égard d’auteurs d’agressions à caractère homophobe.

Combien de temps cette mascarade va-t-elle durer ?

Nous ne pouvons que dénoncer encore une fois avec beaucoup de fermeté le laxisme du Parquet de Lyon qui refuse de sanctionner sévèrement les violences volontaires avec arme par destination à caractère homophobe. Le Parquet de Lyon doit accorder à ces affaires toute l’attention que la gravité de tels actes nécessite, implique et induit et de ne pas se contenter d’envoyer les prévenus devant la Maison de Justice et du Droit. Le Parquet de Lyon ne doit plus cautionner les actes homophobes en laissant les auteurs dans l’impunité, car l’absence de condamnation encourage les personnes homophobes, fortes d’un sentiment d’impunité et de supériorité, à persévérer dans ce type de comportements haineux.

 
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