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vendredi, 27 novembre 2009

Misère du prétendu « grand débat sur l’identité nationale »

Tribune de Christophe DAADOUCH, juriste, formateur et Laurent MUCCHIELLI, sociologue, chercheur au CNRS, publiée dans le Monde du 24 novembre.

 

Le lancement du débat sur l’identité nationale est-il un acte politique ou seulement politicien ?

Dans le contexte de la campagne pour les élections régionales de 2010 et de l’accumulation de sondages d’opinion qui lui sont défavorables, chacun devine que le gouvernement cherche à exploiter les peurs des Français en reliant les thèmes de l’étranger et de la sécurité, de même que ceux du communautarisme et de la condition des femmes. Mais n’y aurait-il pas par ailleurs un débat politique de fond qu’on ne saurait refuser par principe ?

Beaucoup le pensent. Mais ils risquent de le regretter quand ils découvriront la façon dont ce débat aura été organisé concrètement.

Pour le comprendre, il faut lire la circulaire envoyée aux préfets le 2 novembre 2009 par le ministre de l’immigration, de l’intégration et de l’identité nationale, Eric Besson, leur demandant « d’organiser et de présider » partout en France des débats locaux sur l’identité nationale, et dont la synthèse sera ensuite imposée par le gouvernement comme le résultat de cette vaste consultation des Français. On y découvre une liste de préjugés et de fausses évidences définissant par avance l’identité nationale alors que l’on prétend la mettre en débat.

Beaucoup de sujets sont abordés, mais le thème de « l’étranger » est en réalité central. Et certaines questions formulées à ce sujet sont totalement orientées, choquantes et inacceptables. Détaillons celle-ci : « comment éviter l’arrivée sur notre territoire d’étrangers en situation irrégulière, aux conditions de vie précaires génératrices de désordres divers (travail clandestin, délinquance) et entretenant, dans une partie de la population, la suspicion vis-à-vis de l’ensemble des étrangers ? ». On trouve ici, condensés dans une même phrase, tous les poncifs du discours xénophobe.

1. Les sans-papiers seraient nécessairement arrivés irrégulièrement. En réalité, l’irrégularité du séjour ne suppose pas l’entrée illégale. Les dernières réformes ont précarisé le statut des étrangers résidant en France, les faisant basculer dans l’irrégularité pour des motifs de plus en plus nombreux (polygamie, séparation du couple, fin du contrat de travail, rejet de la demande d’asile, fin des études, etc.).

2. Les sans-papiers auraient nécessairement des conditions de vie précaires. C’est la fameuse « misère du monde » et ce n’est pas totalement faux. Toutefois, en réalité, si leur situation administrative est nécessairement précaire, les sans-papiers peuvent aussi être qualifiés, intégrés, travailler, avoir un logement et payer des impôts.

3. Cette précarité serait forcément source de travail clandestin. Ce n’est pas totalement faux. Toutefois, en réalité, nombre de sans-papiers travaillent avec un vrai contrat de travail et sont déclarés. Au demeurant, le « travail au noir » n’est pas réservé aux étrangers irréguliers. Il est au contraire assez répandu (garde d’enfants, cours du soir, ménage, couture et repassage, aide à domicile, etc.).

4. Cette précarité serait forcément source de délinquance. C’est le vieux thème d’extrême droite, étrangers = délinquance, dissimulé sous le masque de l’apitoiement sur la pauvreté. En réalité, les clandestins sont bien sûr tous délinquants au sens administratif (absence de papiers). Mais pour le reste, leur particularité est généralement d’être au contraire très respectueux de l’ordre public pour ne pas se faire remarquer.

5. Ceci entretient la suspicion de la population à l’égard de l’ensemble des étrangers. Cette idée que la lutte contre les immigrés clandestins permettrait aux immigrés légaux d’être acceptés et de s’intégrer tranquillement est une idée fausse. D’abord le discours xénophobe même limité aux clandestins ne peut qu’alimenter une xénophobie plus générale (il n’est qu’à voir les discours sur la religion musulmane et ses « signes ostensibles »). Ensuite, les pratiques policières qui découlent de la lutte contre l’immigration clandestine touchent en réalité tous les Français dont la peau n’est pas blanche. L’exemple le plus évident est le contrôle d’identité sur la voie publique, autrement dit le contrôle au faciès.

Ainsi, ce débat sur « l’identité nationale » n’est pas seulement contestable sur le fond, il l’est aussi et d’abord sur la méthode. La lecture de la circulaire Besson montre que les conclusions sont largement écrites d’avance. Non seulement la circulaire formule les questions qui seront débattues, mais elle se termine de surcroît par une liste de 15 propositions précises qui, comme par hasard, concernent dans 11 cas sur 15 les étrangers ! (le reste consiste en cours d’instruction civique, en obligation pour les enfants de chanter régulièrement la Marseillaise et pour les bâtiments publics d’arborer le portrait de Marianne et le drapeau tricolore). Ceci indique bien le niveau réel du débat qui est proposé et le fond de la pensée de ceux qui l’ont conçu. Et qui pourrait élever ce débat, le sortir de ces cadres étriqués aux accents xénophobes ? A aucun moment, il n’est requis la présence des chercheurs spécialistes de la société française, capables d’aider à objectiver son histoire et sa composition actuelle, pas plus que la présence de représentants des divers partis politiques, syndicats professionnels, grandes associations nationales, institutions religieuses ainsi que les diverses « communautés » pourtant évoquées dans la circulaire. Dans ces débats, il est seulement demandé aux intendants du Prince de recueillir attentivement les peurs du « bon peuple » pour pouvoir ensuite le rassurer en lui parlant de la « fierté d’être Français ». Non, décidément, les dés sont pipés, il s’agit une manipulation et nous appelons nos concitoyens à contester ces procédés politiciens rétrogrades qui menacent davantage qu’ils ne servent la cohésion sociale en réactualisant le bon vieux manichéisme opposant deux entités mythiques : la « communauté nationale » et les « corps étrangers » qui la menaceraient.

 

samedi, 07 novembre 2009

Lettre de Jeanne Moreau à Brice Hortefeu, valable aussi pour Besson

vendredi, 10 juillet 2009

Cet Homme. Une chanson militante contre la politique de Nicolas Sarkozy

 

 

C’est contre toi cette chanson
Toi petit homme qui sans raison
Avec des discours et des lois
Nous a donné tous un peu froid

Toi qui nous a repris l’espoir
Que nous avions de la mémoire
Tous les gens bien et mal intentionnés
Vont te claquer la porte au nez

Il parle parle parle et personne s’étonne
Moi ca me fait mal mal mal d’entendre cet homme
Sarkozy, ta vision de la France n’est pas la mienne, man
Je la connais pas cœur laisse moi déchirer ton programme

1.
Un jour s’est décidé, dans un dîner d’élite
Que discuter ensemble, deviendrait un délit
A ceux qui n’ont pas la chance d’être bien logés à Neuilly
Sortez de la tour et des uniformes seront là pour vous accueillir

La tentation est rapide et efficace
Y a des caméras dans la rue mais sans les dédicaces
Il a coupé les crédits des assos dans les quartiers
Mais sais tu qu’éducateurs et CRS n’ont pas le même métier

On m’a dit partout j’ai lu entendu la jeunesse est vivante
Ouvrez les yeux, écoutez, ses idées ne sont pas récentes
N’a-t-on pas été assez clair ? Jamais d’une politique à la Blair
Dès demain qu’on le chasse vite vite vite d’ici avant que nos enfants pleurent

2.
Mais dis moi que fait la police ?
Humiliation, bavure, bien trop longue est la liste
Mais dis moi que fait le ministre ?
Provocation séduction de l’électorat lepéniste

Policiers, CRS, ne font plus régner l’ordre mais blessent
Dis moi : est ce normal que la vue d’un uniforme stresse ?
Deux grammes de weed en poche et voilà qu’ils t’enmènent au poste
Et le ministre ferme les yeux sur les gardes à vue matches de boxe

Il paraît qu’ça rassure, moi ça me fait peur
Le modèle américain j’vois pas l’apport mais j’vois c’qu’on y perd
On est comme des lions, qu’ils voudraient mettre dans des cages
On est des millions, à vouloir faire passer ce message :

Il est dangereux, malgré ce que disent les médias,
Elle est dangereuse, sa politique de l’immédiat
Il est dangereux, il nous mythone il nous endort
On connaît les dégats qu’il a causé pour lutter que faut il encore ?

3.
T’as tout faux, tes raisonnements sont mauvais décalés,
T’as pas le niveau, s.a.r.k.o, t’es pas bien grand,
C’est pas nouveau, droite de la droite on connaissait
Mais là c’est trop, tu alimentes la haine avec tes mots

Donne ton karsher à toutes les amês offensées
Au passage un rappel, tous ces jeunes sont français
A la tête de l’Etat j’vois une tache toute foncée
Y a du nettoyage à faire un parasite à effacer

Ta mission, maintenant tu la connais elle s’appelle
Démission, on veut plus t’entendre vomir à la
Télévision. A quand l’éclaircie, quand de meilleures
Prévisions ? tu connais ta mission : démission

 

paroles & chant : Lo (Bhale Bacce Crew)

musique : Dacoche (Brakosound) & Dazibao family

(TOUS DROITS PROTEGES SUR PAROLES ET MUSIQUE)

Une chanson à faire tourner, à écouter et à diffuser...Diffusion libre.

lundi, 15 juin 2009

2009: Une année riche en action

 

Bonjour tout le monde,

 

Lors du discours prononcé à l'occasion du lancement de la Quinzaine des Cultures Lesbiennes, Gaies, Bi et Trans, vendredi derner, je n'avais cité que trois exemples d'actions menées cette année par les différentes associations de lutte contre les discriminations liées à l'orientation sexuelle et à l'identité de genre.

 

Aujourd'hui, je me permets d'étayer ce point et de revenir sur une année riche en action.

 

Aide aux victimes d’agression.

En avril 2007, deux jeunes lesbiennes sont agressées place Louis Pradel.

 

C’est l’arrivée de la police municipale qui met un terme à cette agression. Pour aider la Justice, la Lesbian and Gay Pride a diffusé un appel à témoins, auquel plusieurs personnes ont répondu. Aujourd'hui, notre association continue de soutenir les jeunes filles dans leurs démarches. Les agresseurs doivent passer devant la justice prochainement, et nous seront partie civile aux cotés des deux victimes.

En novembre 2007, Jérémy, 23 ans, est agressé en rentrant chez lui par deux jeunes hommes de 20 et 21 ans, rapidement arrêtés.

 

Les deux agresseurs devaient passer en jugement le 18 juin dernier, mais la circonstance aggravante d’homophobie, pourtant avérée par les propos tenus par les agresseurs n’avait pas été retenue par la parquet. L’avocat de Jerémie et de la Lesbian and Gay Pride de Lyon a demandé le renvoi et une citation directe pour que la circonstance aggravante d’homophobie soit prise en compte. Après un premier report le procès devrait enfin se tenir le 21 septembre prochain, soit presque 2 ans et demi après l’agression… La Lesbian and Gay Pride de Lyon continuera d’accompagner Jérémie jusqu’à ce que ce dernier obtienne réparation.

 

Durant la Marche des Fiertés en juin 2007, deux jeunes (dont un mineur) ont lancé des bouteilles en verre et des œufs sur les manifestants.


  • 23 juin 2007 : la Lesbian and Gay Pride de Lyon dépose plainte pour « violence volontaire avec arme par destination à caractère homophobe et insultes homophobes » à l’encontre d’Hassan le jour même de l’agression ;Septembre 2007 à février 2008 : la Lesbian and Gay Pride de Lyon demande au Parquet de Lyon de ne pas se contenter d’envoyer le prévenu devant la Maison de Justice et du Droit. En effet, le mis en cause, Hassan, a été convoqué par deux fois devant le délégué du Procureur. Il ne s’est jamais présenté ;
  • mars 2008 : la Lesbian and Gay Pride de Lyon apprend que le Parquet de Lyon veut classer sans suite cette plainte ;
  • 3.28 mars 2008 : l’association rencontre un Vice-Procureur. Elle dénonce l’étonnante mansuétude du Parquet de Lyon et lui demande de poursuivre plus sévèrement les auteurs de violences à caractère discriminatoire ;
  • Septembre 2008 : la Lesbian and Gay Pride de Lyon apprend que le prévenu est poursuivi uniquement pour insulte publique et non pour violence volontaire ;
  • Janvier 2009, le Parquet de Lyon daigne à faire comparaitre le prévenu devant la 11e Chambre du Tribunal Correctionnel pour insulte homophobe alors que le délai de prescription est dépassé.

La Lesbian and Gay Pride de Lyon ne peut pas croire que le Parquet de Lyon ignorait qu’il avait outrepassé le délai de prescription et dénonce le laxisme extrême du parquet dans cette affaire. Rachida Dati a été interpellée par l’association à ce sujet.

Droit des étrangers

Depuis décembre 2008, la Lesbian and Gay Pride de Lyon accompagne une jeune Algérien, Cherif, pour le renouvellement de son titre de séjour.

 

Chérif est entré en France en 2002, sous couvert d'un passeport, revêtu d'un visa long séjour étudiant. A l'issue de ses études, il a créé sa propre entreprise de nettoyage et a obtenu un titre de séjour mention « commerçant ». Lorsqu’il effectue une demande de renouvellement il se voit signifier un refus de la préfecture en septembre 2008 sous prétexte que son activité commerciale ne serait pas effective. Pourtant Cherif est à jour de toutes ses cotisations sociales, seul critère, selon le conseil d’état, permettant au préfet d’évaluer la réalité d’une activité économique. De plus Cherif est homosexuel et risque une peine de trois ans de prison s’il retourne en Algérie. C’est pourquoi la Lesbian and Gay Pride de Lyon tente, depuis plusieurs mois d’infléchir la décision de la préfecture, plusieurs recours amiables ont été déposés mais la préfecture du Rhône reste aussi sourde à nos argument qu’elle le fût pour Nadir l’an dernier, avant de finalement céder devant la pression médiatique précédant la Marche des Fiertés. Cette année encore nous devrons nous mobiliser pour que Cherif obtienne son titre de séjour.

La Lesbian and Gay Pride de Lyon se mobilise également pour Vahid, jeune gay iranien retenu au centre de rétention de Saint-Exupéry.

Vahid a été inquiété en Iran en raison de son appartenance à la communauté Bahai. Le régime iranien ne tolère pas l'existence de cette communauté, dont il estime qu'elle rejette les principes de l'islam. Vahid est également en grave danger du fait de son orientation sexuelle. Arrêté plusieurs fois par la police iranienne, il a subi des interrogatoires poussés et a été fouetté à plusieurs reprises. Il a dû fuir le pays car il avait reçu une convocation du tribunal islamique et se savait en grave danger. Vahid a déposé un dossier de demande d’asile auprès de l’Office Français de Protection des Réfugiés et Apatrides (OFPRA). Une réponse devrait intervenir très prochainement. Cependant, la police dispose de son passeport en cours de validité. En cas de rejet de sa demande d’asile, il pourrait être reconduit d’office en Iran. La Lesbian and Gay Pride de Lyon et l’Inter-LGBT en appellent au ministre de l’immigration. En effet le président Sarkozy avait affirmé durant la campagne électorale que "S’agissant du droit d’asile, si vous êtes persécuté pour votre orientation sexuelle, vous devez pouvoir bénéficier du droit d’asile". Il est temps que le gouvernement applique cette promesse présidentielle.

Prévention


Lors de son récent voyage au Cameroun, le pape a déclaré que le préservatif aggravait l’épidémie du Sida. Selon lui, le problème du SIDA ne « peut pas être réglé » par la « distribution de préservatifs » et qu’ « au contraire, leur utilisation aggrave le problème ». Parce que 22 millions de personnes vivent avec le VIH en Afrique sub-saharienne et 1,9 millions de contaminations y ont été enregistrées en 2007, la Lesbian and Gay Pride de Lyon et de nombreuses associations de lutte contre le Sida se sont mobilisées lors d’une manifestation le 29 mars devant la basilique de Fourvière pour protester contre ces propos scandaleux, fallacieux et même criminels.


Droit des salariés


Le 1er mai dernier, la Lesbian and Gay Pride de Lyon et plusieurs associations gaies et lesbiennes ont défilé derrière le mot d’ordre « Trans, homos, hétéros, travailleurs tous égaux ». En effet, et plus particulièrement en ces temps de crise nous savons que les minorités seront parmi les premières victimes des plans de licenciement. De plus, les salariés lesbiens, gays bi et trans ne bénéficient pas toujours des mêmes droits que leur homologues hétéros (congés parentaux, pension de réversion, traitement parfois différenciés des couples pacsés et mariés, etc).

 

Homophobie dans le sport


Le dimanche 14 décembre 2008, lors d’une rencontre de l’OL/ OM, une banderole à caractère explicitement homophobe a été déployée dans le virage Nord par le groupe de supporters Bad Gones : « Pape Diouf, tes initiales te vont si bien », P et D se détachent en clair alors que le reste ressort en foncé. La Lesbian and Gay Pride de Lyon a immédiatement réagit en interpellant Jean-Michel Aulas, président de l’OL ainsi que la ligue de football professionnelle. L’homophobie, pas plus que le racisme ou le sexisme n’ont leur place dans un stade. Il est grand temps que l’OL suive l’exemple du Paris Saint-Germain en s’engageant des campagnes de lutte contre l’homophobie dans les stades.

 

Fichage


En juillet 2008, la Lesbian and Gay Pride de Lyon et 22 autres associations Lesbiennes, Gaies, Bi et Trans saisissent la HALDE (Haute Autorité de Lutte contre les Discriminations et pour l’Egalité) pour exprimer leurs craintes liées aux risques de comportements discriminatoires qu’entraînerait la constitution du fichier « EDVIGE » (Exploitation Documentaire et Valorisation de l’Information Générale). En effet, par le décret du 1er juillet 2008, le Gouvernement s’est accordé le droit de constituer un nouveau fichier de police dénommé "EDVIGE". Celui-ci prévoyait en particulier la possibilité d’enregistrer des données personnelles sur l’orientation sexuelle et l’état de santé d’un individu, mais également ses activités politiques, syndicales, religieuses, et cela dès l’âge de 13 ans, avec, pour argument principal, le possible « trouble à l’ordre public ». Ces associations, mobilisées au sein du collectif non à Edwige obtinrent le retrait des dispositions les plus controversées dudit logiciel et notamment la mention de l’orientation sexuelle des personnes fichées. Cependant l’association reste mobilisée contre toute dérive de fichage de la part du gouvernement.

 

samedi, 28 juin 2008

Non à la directive de la honte.

C’est ainsi que la directive "retours" sur l’expulsion des étrangers proposée par la Commission européenne a été caractérisée par les associations européennes de défense des droits humains.

Cette directive définit les normes communes européennes qui fixent les conditions de retour des sans papiers vers leur pays d’origine.

A mon grand regret, le Mercredi 18 juin dernier, cette directive a été confirmée par un vote majoritaire au Parlement Européen (367 voix pour, 206 contre et 109 abstentions).

Ainsi malgré une très vive opposition des forces progressistes de gauche, le Parlement européen cède à la pression des conservateurs et donne ainsi son feu vert à une directive qui m’inquiète vivement.

En effet, cette directive européenne est stigmatisante pour les migrants et tourne le dos à la tradition d’accueil de l’Europe, car, elle bafoue :

  1. l’ensemble des droits des mineurs. Les enfants pourront désormais être emprisonnés, privés de scolarité, envoyés dans des pays qui leur sont complètement inconnu dans lesquels ils n’ont ni attache ni famille ;
  1. l’ensemble des droits des malades. Les personnes gravement malades, pourront être renvoyées de force alors que rien ne garantit que des soins adéquats puissent leur être prodigués. Cette politique condamne les personnes les plus vulnérables.

Cette Directive va à l’encontre des valeurs européennes : liberté, démocratie, respect des droits de l’homme et des libertés fondamentales.

Nous devons dénoncer cette directive honteuse : elle va ainsi légitimer les dérives de la politique d’immigration de notre Gouvernement.

Une politique qui vise "à faire du chiffre" au mépris de la dignité humaine et des droits fondamentaux.

vendredi, 09 mai 2008

Mariage : changez la loi et vite !

La France, pourtant berceau des droits de l’Homme, accuse un sérieux retard en matière d’égalité entre ses citoyens. Au regard du Code Civil français, les personnes homosexuelles et transsexuelles sont toujours privées de nombreux droits fondamentaux. Aussi le mariage est encore exclusivement réservé aux hétérosexuel-le-s.

Pourtant, refuser l’égalité met des personnes homosexuelles et transsexuelles dans des situations discriminantes, révoltantes, humiliantes et blessantes.

La logique discriminante en œuvre est évidente. Prenons l’exemple de Frédéric Minvielle. Cet homme a perdu la nationalité française au moment où il a demandé la nationalité hollandaise, après s’être marié avec un autre homme aux Pays Bas. Selon le Droit international et national, quiconque change de nationalité perd automatiquement sa nationalité d’origine.

Le mariage est la seule exception qui permet d’obtenir automatiquement la double nationalité. Ainsi, Frédéric Minvielle aurait dû rester français. Mais l’Administration française lui a retiré sa nationalité, lui a demandé de rendre son passeport, sa carte d’identité et l’a radié des listes électorales. Car son mariage contracté avec une personne du même sexe en Hollande ne peut être reconnu par la France.

Cette terrible affaire illustre le conservatisme de nos institutions. Elle montre que les autorités françaises discriminent en fonction de l’orientation sexuelle jusqu’à déchoir les personnes homosexuelles de leur nationalité.

Les homosexuel-le-s demeurent encore dans notre pays des citoyen-e-s de seconde classe. Le cas de Frédéric Minvielle plaide une nouvelle fois pour l’ouverture du mariage civil aux couples de même sexe, tout comme en Belgique, en Angleterre, en Espagne et aux Pays Bas.

Combien de nos voisins européens devront légiférer avant que la France n’accepte d’ouvrir les yeux sur les évolutions sociétales ? Combien de temps devrons nous attendre avant que notre pays redevienne pionnier en matière de lutte pour l’égalité des droits ?

À la veille de la présidence française de l’Union Européenne, la Lesbian and Gay Pride de Lyon demande au Gouvernement de se saisir de ce dossier.

Il doit mettre fin à cette discrimination. L’ouverture du mariage aux couples de même sexe est une nécessité humaine partout dans l’Union Européenne, une réalité dans un nombre de pays toujours plus grand. Le Gouvernement doit arrêter son comportement mesquin et s’assurer enfin que la France ne discrimine aucune des situations conjugales et familiales juridiquement reconnues par les autres États membres de l’Union.

L’égalité des droits est une nécessité. Le conservatisme dont fait preuve le Gouvernement actuel et les blocages sociaux n’existeraient pas si notre pays s’engageait dans une « Éducation sans aucune discrimination », comme le demande le mot d’ordre de la 13e marche des Fiertés Lesbiennes, Gaies, Bi et Trans.

 
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