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jeudi, 04 octobre 2012

Projet Régional de Santé: l'ARS devrait revoir sa copie.

L’Agence Régionale de Santé a lancé cet été une pseudo-consultation pour l’élaboration du Projet Régional de Santé. L’ARS propose un calendrier de consultation trop contraint, avec un document beaucoup trop technique – rédigé par des technocrates - pour que les citoyens et la société civile s’en saisissent.

Pourtant, j’ai la conviction que nous devons tous (citoyens, élus, soignants, usagers, associations) confronter nos points de vue, pour construire ensemble l’avenir de la santé en Rhône-Alpes. La démocratie sanitaire ne saurait être réduite à des enjeux d’observations et d’informations

Ainsi, la méthode de travail de l’ARS met déjà à rude épreuve les promesses de démocratie sanitaire promue par la loi H.P.S.T.

Les inégalités sociales et territoriales de santé dans notre région doivent guider nos décisions. Les différents rapports de l'ARS devraient donc poser cet impératif de manière transversale à tous les schémas proposés

La santé des rhonalpins ne pourra pas être sérieusement protégée et améliorée, si nous ne donnons pas, aujourd’hui, une plus grande place à la promotion de la santé.

Aussi, des champs nouveaux comme la jeunesse, qui concentre de vrais enjeux de société, doivent être examinés afin de mettre l’accent sur la prévention. Je constate, par ailleurs, que les logiques administratives l’emportent sur la prévention et la promotion de la santé, et on ne retrouve pas dans ce P.R.S, par exemple, un volet de médecine scolaire et universitaire, sous prétexte que la responsabilité de ces actions dépend du Rectorat.

Alors que l’ARS Rhône-Alpes soutenait par le passé des actions de prévention en milieu scolaire auprès des jeunes pour lutter contre le VIH et les IST, les subventions aux associations diminuent d’année en année. L’Education devrait, parait-il, soutenir de tels projets. La santé des jeunes devrait être l'affaire de tout le monde.

Les chiffres de contamination du V.I.H. chez les jeunes homosexuels, par exemple, sont ainsi alarmants (multiplication par 2,5 des diagnostics d'infections à VIH chez les 15-24 ans entre 2003 et 2010, un abandon de plus en plus important du préservatif après le premier rapport sexuel)

L’absence d’ambition affichée dans ce domaine va à l’encontre des constats faits d’une dégradation réelle de la santé des jeunes, notamment la santé mentale.

La prévention permet d’anticiper l’avenir et de diminuer nos futures dépenses de santé.

Ce P.R.S manque cruellement de prospective et d’anticipation. Il ne prend pas assez en compte les mutations du système de santé afin de répondre aux nouveaux besoins. C’est bien en matière de formation des professionnels de demain, me semble t il, qu'il faut agir au plus vite.

Enfin, le PRS ne nous indique aucune priorité financière. Il laisse ainsi entrevoir une orientation générale qui ne correspond pas au maintien d’un service public de santé de qualité et laisse sous entendre une logique libérale qui place l’efficience économique avant la qualité de soins. Il y a donc un certain paradoxe à réfléchir aux priorités de santé en les déconnectant de la question des moyens financiers qui seront alloués. L’accès à la santé est un droit universel sur lequel nulle logique comptable ne doit l’emporter.

Le Projet Régional de Santé ne fait que reprendre la loi «Hôpital, patients, santé, territoires» (HPST), votée en 2009. Loi qui sera d’ailleurs évaluée par l’Assemblée Nationale et qui devrait donc évoluer ces prochaines semaines, sous l’impulsion de la Ministre des Affaires sociales et de la Santé.

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