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samedi, 30 juillet 2011

"La République malmenée par Nicolas Sarkozy", par Amar THIOUNE candidat à la Présidence de SOS Racisme

Le jour où la République s’est drapée d’un voile aux relents nauséabonds

Aujourd’hui, jour pour jour, le Président de la République a prononcé un discours à Grenoble qui restera gravé dans les mémoires. Gravé dans les mémoires car stigmatisant une partie de citoyens français et des ROMS, gravé dans les mémoires car légitimant la dérive qui consiste à essayer d’hiérarchiser les français - Il y aurait de bon français et de mauvais français-, gravé dans les mémoires car théorisant une justice d’exception pour une catégorie de justiciables.

Ce jour là, dans cette ville compagnon de la libération, ville symbolique de la résistance contre le nazisme, les valeurs de la République ont été battues en brèche par Nicolas Sarkozy.

En 1968, le général De Gaulle, en présence de Hubert Dubedout, maire de Grenoble, est venu vanter les mérites de l’olympisme dans la capitale des alpes. En 2010, le Président de la République est venu tenter de défaire le lien séculaire de la patrie de Droits de l’homme avec l’internationalisme qui a été le principal moteur de l’universalisme. Par opposition aux Lumières, la République a été servie par des ténèbres qui viennent mettre le voile sur l’humanisme que partage la majorité des français, semant le doute et opposant les citoyens, les uns aux autres.

Nicolas Sarkozy, en prononçant ce discours a non seulement remis en cause les valeurs de la République mais surtout il a renforcé le camps des antirépublicains notamment celui de l’extrême Droite et de la Droite populaire.

Plus que jamais, en ce jour, nous devons affirmer que nous refuserons toute stigmatisation des minorités et des étrangers en France, toute discrimination et toute régression des valeurs qui fondent notre vivre ensemble « Liberté, Egalité, Fraternité ».

Comme je l’ai exprimé dans un article ce jour là, la Police doit pouvoir faire son travail partout, doit être respectée, doit être protégée mais la justice doit être égale pour tous. Tous les hommes doivent rester égaux devant la loi.

Des moyens doivent être mis en œuvre pour que la police puisse mener à bien sa mission première qui est celle de protéger les individus et leurs biens dont en priorités ceux qui sont les plus démunis.

Par ailleurs, des moyens doivent être également mis dans nos quartiers dits sensibles et dans tous nos territoires fragilisés par le contexte socio-économique actuel. D’autres politiques doivent y être menées sur le plan de l’éducation, du social et de l’économie.

Il faut casser les ghettos. Pour cela, il ne suffit pas seulement de casser des barres d’immeubles. Il faut repenser complètement l’aménagement territorial des zones dits sensibles, allier le développement local au développement économique. Il faut arrêter les « mesurettes » qui consistent à racheter la paix sociale.

Il faut mettre en œuvre un véritable accompagnement de nos jeunes, leur donner la chance d’avoir des formations qui ouvrent sur l’emploi. Il faut combattre les discriminations depuis la maternelle en évitant des écoles de la République de seconde zone. Il faut redonner confiance en la République et remettre du sens dans les valeurs de la République. Enfin, pour éviter que les tensions sociales exacerbées par la crise économique vont devenir de plus en plus importantes, l’idéal de l’égalité doit être enfin une réalité. L’égalité tout de suite et maintenant !

Amar THIOUNE

Président de SOS Racisme Rhône-alpes

candidat à Présidence de SOS Racisme

La gauche et la culture : l’heureuse surprise, par un collectif d’auteurs, de comédiens, de chorégraphes, de metteurs en scène et de directeurs de centres dramatiques nationaux

Est-il raisonnable d’augmenter significativement le budget de la culture ? A l’heure où l’UE cherche à sauver l’euro, où le poids de la dette atteint des sommets historiques dans les pays développés et où les agences de notation traquent la moindre hausse de la dépense publique, la question pourrait prêter à sourire… Ce n’est pas là la moindre des ironies que ce soit par cette proposition de hausse du plus petit budget de notre nation - faite par Martine Aubry le 17 juillet au festival d’Avignon - que se pose la question fondamentale du volontarisme et de la marge de manœuvre de nos gouvernants.

Les décisions majeures qui conduisent nos avenirs semblent se jouer au-delà des Etats. Cependant, le mouvement international des Indignés montre que les peuples n’en peuvent plus de subir l’injuste curée libérale qui leur est imposée quels que soient leurs choix électoraux. Dans ce contexte, quel sens pourra revêtir le vote des Français à la future présidentielle ? Sommes-nous condamnés à ne choisir que le meilleur gestionnaire et/ou le plus humain des candidats, ou peut-on encore espérer une vision ambitieuse pour notre vieille démocratie ?

La génération d’artistes que nous représentons n’a pas connu les mythiques «fastes» des années Lang-Mitterrand. C’est avec une vraie surprise que nous voyons l’intérêt grandissant pour les questions culturelles des candidats. Nous travaillons dans et avec les institutions du réseau national des théâtres publics que nous voyons de plus en plus s’appauvrir. En échange permanent avec les habitants de nos villes, les associations, la jeunesse d’aujourd’hui et de demain, nous assistons au délitement du lien social, à la mise à mal des idéaux de solidarité, à la rage causée par l’injustice croissante. Nous déplorons la raréfaction des espaces de création dotés de moyens appropriés. Nous rêvons d’imaginer des fabriques pour les artistes et les publics qui seraient des lieux de partage, de recherche et d’innovation. Nous souhaitons revitaliser le réseau de nos institutions, héritage précieux de la décentralisation culturelle pensée par nos pères. Nous avons besoin de transmettre aux générations suivantes notre passion et notre pratique, d’organiser des compagnonnages en France et à l’étranger. Or, nos conditions de travail se sont détériorées et nos métiers se précarisent à vue d’œil. Maintenu à flots par l’assurance chômage, notre secteur professionnel reste largement sous-financé et nombreux sont les nouveaux équipements ou festivals dont les budgets ne permettent pas de rémunérer normalement les artistes qui y travaillent…

Alors oui, l’idée qu’un projet politique puisse, à l’occasion d’une élection, oser le volontarisme suscite en nous un réel enthousiasme et le retour d’un espoir.

Comme l’ont dit certains responsables, c’est une question de choix et de priorités. Pourquoi, en effet, a-t-il été possible d’accorder une baisse de TVA coûteuse et inefficace, de voter un bouclier fiscal, de n’envisager la réduction de la dette que par celle des dépenses publiques ? Pourquoi serait-il au contraire illusoire d’oser un soutien à notre secteur, vitrine de la France, et qui pèse économiquement autant que celui de l’automobile ? Faut-il toujours attendre de dramatiques événements comme les annulations des festivals de 2003 pour se rendre compte du poids et de l’intérêt économique, social et symbolique de la culture dans notre pays ?

En 1981, alors même qu’une autre crise économique battait son plein, le doublement du budget de la culture avait été mis en œuvre, passant de 0,48% à 0,76% de celui de l’Etat. «Soyons sérieux, ce que je vous demande, c’est exactement 25 km d’autoroute», ironisait déjà André Malraux en 1966. Aujourd’hui, les collectivités territoriales s’engagent à près de 70% du financement de la culture. Un soutien accru de l’Etat permettrait d’inventer, avec elles, cette nouvelle phase de la décentralisation artistique et culturelle que nous appelons de nos vœux. La culture n’est pas un luxe, un supplément d’âme octroyé au prorata d’une hypothétique prospérité. Une crise est toujours culturelle car elle remet en cause les représentations que les sociétés ont d’elles-mêmes. Le désarroi suscité par le contexte actuel exprime bel et bien une crise de notre imaginaire commun. L’engagement du politique en faveur de la culture, en dépit des clivages, est donc une question de première nécessité. La vitalité artistique et les publics sont là. Nous attendons d’autres signes politiques clairs.

Les 34 premiers signataires : Marion Aubert, Cécile Backès, Olivier Balazuc, Virginie Barreteau, Mathieu Bauer, David Bobée, Richard Brunel, Angélique Clairand, Enzo Cormann, Paul Desveaux, Julien Fišera, Caroline Guiela, Laurent Hatat, Christophe Huysman, Norah Krief, Benoît Lambert, Jean Lambert-Wild, David Lescot, Frédéric Maragnani, Eric Massé, Jean-Charles Massera, Fabrice Melquiot, Arnaud Meunier, Anne Monfort, Julie Nioche, Gloria Paris, Christophe Pellet, Leyla-Claire Rabih, Mirabelle Rousseau, Mathieu Simonet, Thierry Thieû Niang, Laurent Vacher, Bérangère Vantusso, Jacques Vincey…

mercredi, 27 juillet 2011

Congrés de SOS Racisme: le blog d'Amar THIOUNE est en ligne.

Cher-e-s potes,

Comme tu le sais, les 21, 22 et 23 octobre prochain aura lieu notre congrès. Moment fort pour notre association, ce congrès nous permettra de redéfinir ensemble les grandes orientations de notre association et de faire émerger une nouvelle équipe.

Pour la première fois depuis la création de SOS Racisme, il y aura au minimum deux candidats à la présidence. C'est une chance qu'il nous faut saisir afin de redéfinir ensemble l'anti-racisme de demain dans une période politique particulièrement difficile pour notre camp.

Gageons que cette campagne se fera sur nos principes fondateurs et non sur un combat de personnes : une campagne digne, claire et sans ambiguïté!

Comme il est aujourd’hui nécessaire de savoir où l’on veut aller et de connaître notre cap, j’ai décidé de créer un blog : http://pourunnouveaucontratrepublicain.blogs.nouvelobs.com/

Je t’invite à le visiter.

D’ici le congrès, ce blog s’enrichira jour après jour de contributions thématiques et de réactions à l’actualité.

Avec ce blog, je peux ainsi mettre en exergue les maîtres mots de ma campagne :

  1. transparence : pour comprendre le fonctionnement du congres et connaitre les étapes de ma candidature ;
  2. démocratie : militant-e-s et comités locaux pourront apporter leur pierre à l’édifice et contribuer en direct à l’élaboration de notre projet
  3. ouverture : nos associations partenaires auront toute leur place et seront invitées à exprimer leurs expertises pour nourrir nos débats
  4. construire l'antiracisme de demain : tu y trouveras toutes nos contributions. L'objectif est d'échanger autour de ces textes et de les améliorer avec l'expertise, le constat et l'analyse de chacun d'entre nous en fonction des réalités de son territoire. (laïcité, lutte contre les discriminations, droits des migrants, jeunesse, anti-racisme, lutte contre l’extrême droite).

Je souhaite ainsi lancer une nouvelle dynamique pour donner un nouveau souffle à notre organisation et à notre famille des potes.

Ce blog sera notre moyen d’échanger et de construire ensemble un projet commun.

Alors n’hésite pas à nous envoyez tes propositions, ton projet, tes idées et tes contributions pour améliorer nos actions, notre combat et renforcer SOS Racisme.

"Ensemble, on lâchera rien!"

Amar THIOUNE , Candidat a la présidence de SOS Racisme

Un immense besoin d'éducation populaire, par Christian Maurel, sociologue, cofondateur du collectif national Education populaire et transformation sociale

Le sociologue, Christian MAUREL, publiait le 02 février 2011 dans le journal le Monde une tribune sur l'Education populaire. Elle est également disponible ici: http://www.lemonde.fr/idees/article/2011/02/02/un-immense...

Où va le monde et que peuvent les hommes ? C'est à ces deux questions que l'éducation populaire tente à sa manière de répondre. En fait ces deux questions se ramènent à une seule : comment faire pour que les hommes qui sont le produit de l'Histoire – selon les cas et les moments, bénéficiaires ou victimes – puissent individuellement et collectivement faire l'Histoire et construire leur devenir commun ? La question est d'une brulante actualité. Il y a trois bonnes raisons de la poser :

1- La crise économique, sociale et écologique profonde que nous traversons nous conduit à penser que le monde ne peut rester en l'état et qu'il est urgent que les hommes reprennent collectivement leur destin en main.

2- Nous vivons un redéploiement des inégalités tant dans notre pays que sur l'ensemble de la planète. Entre les 5 % les plus riches de la Terre et les 5 % les plus pauvres, l'écart des revenus atteint 74 pour 1, contre 3 pour 1 en 1960. Ces inégalités menacent aujourd'hui l'unité du corps social.

3- La démocratie délégataire connaît une grave crise de légitimité. Les milieux populaires et les jeunes ne se sentent plus représentés et les Etats, même les plus démocratiques, sont dominés par les puissances économiques et financières qui les tiennent à leurs bottes.

Les hommes, notamment ceux qui subissent les événements, ont un urgent besoin de s'exprimer, de mettre des mots sur ce qu'ils vivent, d'apprendre à voir, de comprendre, de s'engager en sachant mieux l'Histoire qu'ils font. "Substituer enfin l'ambition d'éclairer les hommes à celle de les dominer", disait déjà Condorcet dans son Projet d'instruction publique de 1792. "Avoir la science de son malheur", dira cent ans plus tard Fernand Pelloutier, l'initiateur des Bourses du travail.

Une simple instruction du peuple dispensant un savoir, aussi pertinent soit-il, ne suffira pas si elle ne s'accompagne pas, comme ce fut le cas au moment de l'élaboration des Cahiers de doléances en 1789, de la construction de nouvelles intelligences et représentations collectives du monde permettant de donner un avenir au futur. L'éducation populaire peut et doit contribuer à ce processus nécessaire et ambitieux en œuvrant dans trois directions complémentaires et convergentes : l'émancipation qui consiste à sortir, aussi modestement que cela soit (une prise de parole, une indignation publiquement exprimée, un premier acte de résistance…) de la place qui vous a été assignée par les conditions sociales, les appartenances culturelles, le genre ou les handicaps de toutes sortes ; l'augmentation de la puissance d'agir permettant aux individus de reprendre leur destin en main ; l'engagement dans les transformations des rapports sociaux et politiques jugées pertinentes et que les situations imposent.

On comprend ainsi que l'éducation populaire est tout le contraire d'un acte pédagogique autoritaire qui va de ceux qui savent aux apprenants. Elle est un processus d'autorisation à dire et à faire ce qui était ou semblait préalablement interdit. Comment procède-t-elle ? L'histoire de l'éducation populaire spontanée ou agréée par l'Etat témoigne d'un foisonnement d'expériences dans les lieux et les domaines les plus divers : loisirs, quartiers, école, médias, monde du travail, espaces ruraux, hôpitaux psychiatriques, prisons… On peut cependant identifier quelques principes et processus qui éclairent, guident et sous-tendent les procédures et procédés pédagogiques :

- Le "voir, comprendre, agir" qui pendant longtemps servit de guide aux mouvements sociaux, de jeunesse et d'éducation populaires de toutes obédiences (républicaines, chrétiennes, socialistes, communistes, anarcho-syndicalistes…). Le "comprendre" n'est pas premier comme c'est le cas dans l'instruction. Il s'appuie sur l'observation à partir du point de vue où l'on se trouve et est orienté vers l'action, en situation.

- Le processus "paroles, savoirs, œuvre, pouvoir, émancipation" expérimenté et formalisé par Pierre Roche, sociologue au Centre d'études et de recherches sur les qualifications (Céreq), où l'on voit que, de part en part, la culture est au travail, ouvre à la création (sociale, artistique, intellectuelle…), génère des savoirs "inouïs", chacun pouvant alors devenir "œuvrier" comme le dit si joliment Bernard Lubat. La mise en jeu qui a son origine dans la parole, même la plus modeste, devient "mise en je" comme le montre l'expérience accompagnée par Armand Gatti dans le quartier de la Croix des oiseaux à Avignon au début des années 1990 et qui conduit quinze jeunes en situation d'exclusion à la création de Ces empereurs aux ombrelles trouées jouée dans le cadre du festival.

- Partir de ce qui affecte et indigne les gens (voir les expériences de l'Université populaire – Laboratoire social de la Maison des jeunes et de la culture (MJC) de Ris-Orangis) et ainsi privilégier l'approche ascendante et transversale de la construction des savoirs à l'inculcation descendante qui est encore souvent celle de l'instruction et de l'éducation du peuple.

- Redonner un statut pédagogique et politique au conflit dans une société qui le refoule (voir Benasayag et Del Rey, Eloge du conflit) et lui préfère la violence ou les faux consensus. L'éducation populaire doit au contraire s'évertuer à réveiller les contradictions, à les mettre en mots et en travail de transformation visant à les dépasser, à traduire les rapports de violence réelle ou potentielle en rapports de sens.

L'APPROFONDISSEMENT DE LA DÉMOCRATIE

Ainsi conçue, l'éducation populaire devient une "opération culturelle", dit Michel De Certeau dans La culture au pluriel, qui "perturbe les constellations sociales en place". Il est à remarquer que tous les actes et mouvements sociaux et politiques de transformation qu'ils soient réformistes ou révolutionnaires, les plus modestes comme les plus spectaculaires, sont traversés et travaillés par des processus d'éducation populaire contribuant à accoucher d'une nouvelle conscience collective. "Maintenant, Avignon est enceinte de sa banlieue", dit Paul Blanc, le directeur de la MJC, au moment de l'opération conduite par Armand Gatti. La révolution tunisienne actuelle témoigne, à sa manière, que malgré les contraintes du pouvoir, la population, et tout particulièrement les jeunes, ont su mettre les nouvelles technologies de l'information et de la communication au service d'une compréhension porteuse d'émancipation, de capacité à agir ensemble et de transformation démocratique.

Confrontés aux questions sociales vives que leur posent les citoyens ainsi que ceux qui ne s'autorisent pas encore à le faire – car même les silences sont porteurs de sens –, les élus politiques et les institutions publiques seraient bien inspirés de faire une réelle place à l'éducation populaire et lui donner les moyens qu'elle mérite. "Nous avons un vrai combat à conduire vers l'électorat populaire", dit par exemple Ségolène Royal dans Le Monde daté 9 janvier. A quoi elle ajoute : "J'oppose au simplisme des replis identitaires, source de violence, la volonté de reconstruire une communauté nationale de travail, de dialogue et de création". Ce projet louable, dont il serait prétentieux de programmer d'en haut le déroulement et l'aboutissement, ne saurait prendre corps sans une reconnaissance et un engagement d'une éducation populaire traversant et travaillant le corps social. Il en va de l'avenir et de l'approfondissement de la démocratie.

Edgar Morin plaidant pour "une nouvelle inventivité politique" dans Le Monde daté 9 novembre se réfère à un proverbe turc : "Les nuits sont enceintes et nul ne connaît le jour qui naîtra". Nous parions que si l'on veut faire advenir le jour, les nuits devront être éclairées par un travail culturel d'éducation populaire car "les têtes" ne pourront magiquement "surgir dans les désastres planétaires pour le salut de l'humanité". En effet, la situation, du local au global, est telle que, pour faire naître d'autres intelligences au service d'un nouveau projet de société, l'organisation d'états généraux de la transformation sociale et politique peut et doit être mise à l'ordre du jour. L'éducation populaire devra y prendre toute sa place. Qui prendra l'initiative de les convoquer ?

La religion n’est pas un service public par Henri Pena-Ruiz, Philopsophe

Le philosophe, Henri Pena-Ruiz, publiait le 30 mars dernier, une tribune dans le journal Libération. Elle est disponible ici: http://www.liberation.fr/societe/01012328412-la-religion-...

Apparemment notre république serait trop pauvre pour faire vivre des grands services publics communs à tous, croyants, agnostiques et athées. Asphyxie organisée de l’école publique, démantèlement des hôpitaux de proximité, privatisations en tous genres, etc. L’ultra-libéralisme fait son œuvre. La solidarité redistributive n’est plus à l’ordre du jour. En revanche la république serait assez riche pour financer des lieux de culte, qui ne concernent pourtant que les croyants pratiquants, une petite minorité. M. Sarkozy prône le supplément d’âme d’un monde sans âme. La terre vous paraît bien injuste voire invivable ? Réfugiez-vous donc dans le ciel ! Le protecteur des nantis ose dire sans ambages : «La république a besoin de croyants» (discours au palais du Latran).

La religion réduite à une compensation, et reconnue d’utilité publique ? Napoléon, que ne hantait pas une foi très vive, avait expérimenté la recette avec son concordat, qui aujourd’hui encore en Alsace-Moselle fait financer par tous les citoyens, croyants ou non, le culte de certains. Les mauvais coups contre la laïcité n’ont cessé. Voici venir le coup de grâce. Le prétexte en est l’utilisation illégitime d’une rue pour la prière, par des citoyens musulmans instrumentalisés politiquement. Certes la convergence hebdomadaire, vers la même rue, de fidèles de toute la région parisienne est clairement une manifestation en forme de défi. Elle usurpe l’espace public. Mais c’est un cas rarissime. N’importe. C’est une aubaine pour le FN qui se découvre adepte d’une laïcité à géométrie variable, que jamais il n’a invoquée contre les privilèges publics du catholicisme. Une aubaine aussi pour M. Sarkozy, qui s’apprête à détruire la laïcité en raturant la loi de 1905 sous prétexte de faire cesser le trouble. Janus biface, il «libère» la rue… mais accueillera les fidèles dans des mosquées payées par la puissance publique !

Notre sauveur fera ainsi coup double. D’une part il se présentera comme le gardien de la sécurité qui a toujours besoin de s’inventer un ennemi : jeunes des banlieues, immigrés, Roms, et maintenant musulmans des caves ou des rues. Funeste recette de la popularité que celle qui nourrit les peurs collectives ! D’autre part, le rétablissement de l’ordre public sera un prétexte pour faire payer aux contribuables des lieux de culte que ne devraient financer que les croyants.

Il fait ainsi croire que le seul problème réel est celui de l’intégration religieuse alors que la population visée souffre avant tout d’exclusion sociale et économique. Parler de l’islam sans le distinguer de l’islamisme politique, pourtant groupusculaire, est inadmissible. On prétend adapter la laïcité aux religions. N’est-ce pas plutôt à celles-ci de s’adapter à la laïcité, vecteur de liberté et d’égalité ? A-t-on jamais demandé aux droits de l’être humain de s’adapter aux coutumes ? Ce serait supprimer un levier d’émancipation. Les femmes en savent quelque chose, qui souffrent encore des préjugés machistes longtemps sacralisés par les religions du Livre. Ceux qui combattent la laïcité pour restaurer leurs privilèges perdus, et non une spiritualité désintéressée, se frottent les mains. Le scénario actuel les comble.

Premier temps : l’invention de la notion insultante de laïcité ouverte, ou positive. Parle-t-on de justice «ouverte» ? Ceux qui refusent l’égalité de traitement des croyants et des athées militent pour que les religions soient reconnues d’utilité publique. Cela les conduit à affubler la laïcité d’adjectifs polémiques et à la prétendre hostile aux religions.

Deuxième temps : le brouillage de la distinction entre cultuel et culturel. Puisque la loi laïque réserve l’argent public à ce qui est d’intérêt général, comme par exemple la culture, le rapport Machelon propose que le financement direct de la culture assure le financement indirect du culte. La ficelle est grosse. On dira que certains élus le font déjà. Mais l’infraction à la loi n’appelle nullement sa suppression. Qui propose d’abolir les feux rouges sous prétexte que certains les grillent ?

Troisième temps : le paravent du secours aux musulmans des caves. Comment déguiser une restauration de privilèges en bonne action égalitaire ? Par l’invocation d’un mythe : la pénurie supposée des lieux de cultes musulmans. En 1976, on recensait 150 salles de prière. En 1985, 900. Aujourd’hui, 2 147. Deux services de prière par jour suffiraient à accueillir tous les fidèles. La rue comme lieu de culte n’est donc pas une fatalité. Quatrième temps : l’abolition de la séparation laïque. La main sur le cœur on propose de réparer une injustice imaginaire en détruisant la loi de 1905. Quand de l’argent public aura été dépensé pour une mosquée, les tenants des autres religions s’exclameront : «Pourquoi pas nous ?» L’égalité républicaine ne permet pas que l’on donne aux uns ce qu’on refuse aux autres. A ceci près qu’à ce compte-là il faudra financer aussi les libres penseurs, les francs-maçons, les rationalistes, etc. Bref, il faudra communautariser l’argent public.

Jean Jaurès, en 1904, pensait aux retraites ouvrières : supprimer le budget des cultes, c’était transférer à l’Etat des moyens pour mieux assumer son rôle social. Pensons aussi à la santé pour tous. Un citoyen de confession musulmane hospitalisé dix jours, au prix moyen de six cents euros la journée, économise six mille euros si le service public de santé existe. Dans le meilleur des mondes ultralibéraux, il doit les payer, s’il peut, mais l’Etat lui fournit une mosquée. Quand on sait que seulement 18% des citoyens musulmans fréquentent une mosquée, on voit bien qui perd au change !

Il va de soi qu’il faut mettre un terme aux pratiques discriminatoires de certaines municipalités qui empêchent l’acquisition de terrains destinés à des lieux de culte musulmans. La république laïque n’a pas à financer de lieux de culte mais elle doit garantir juridiquement la possibilité d’en construire. Certains agitent l’épouvantail de l’intégrisme et disent : «Payons, ainsi nous contrôlerons.» Où est l’erreur ? Dans la prétention humiliante d’un tel chantage : voici un lieu de culte, mais attention à ce que vous allez y dire. Où est la faute ? Dans l’oubli de ce qu’est l’état de droit. En république, ce sont les lois qui règlent la liberté de parole. Un prêche qui incite à battre une femme est un délit : incitation à la violence. Peu importe alors que le lieu de culte soit privé ou public, la sanction sera la même. La république laïque ne fonde aucune norme sur un particularisme. Seule compte l’autorité de lois qu’inspire le droit (intégrité physique, égalité des sexes).

Marianne ne s’est pas séparée du Dieu qui la dominait pour le dominer à son tour, mais pour faire disparaître toute domination et tout privilège. Ne sacrifions pas l’universel sur l’autel du particulier. Préservons la laïcité.

Henri Pena-Ruiz

lundi, 25 juillet 2011

Parlement Européen des Jeunes: cérémonie de clôture.

Reportage de France 3 Rhône-alpes.


Soir 3 France 3 Rhône Alpes par pejfrance

 

Reportage de TLM

 


TLM - Les jeunes parlementaires se penchent sur... par pejfrance

 

Voici le discours que j'ai rédigé pour mon élue.

 

Monsieur le Président du Parlement Européen des Jeunes,

Mesdames et Messieurs les délégués du Parlement Européen des Jeunes,

Mesdames, Messieurs, Cher-e-s ami-e-s,

Au terme de cette semaine de travail intense, je ne voudrais pas ajouter un discours trop long aux remarquables interventions qui m’ont précédé et avec lesquelles je tiens à exprimer mon accord.

Les débats, les échanges qui se sont succédés durant cette semaine ont parfaitement répondu aux objectifs fixés, et j’ai été frappée, par la richesse et la variété des interventions. Les résultats de vos travaux témoignent de la pertinence des différentes contributions et de la qualité des échanges qui ont été guidées, de mains de maître, par les chairs.

Je souhaite pour ma part remercier tous les participants ici, réunis pour la qualité de leur réflexion et pour avoir investi dans cette expérience beaucoup de leur temps. Je veux une fois de plus vous remercier pour votre présence nombreuse, studieuse et conviviale.

Je tiens à féliciter au nom du Conseil Régional, toute l’équipe qui a organisé cet événement. J’ai déjà eu l’occasion de l’exprimer lors de la cérémonie d’ouverture lundi dernier, mais permettez-moi de saluer une nouvelle fois votre association qui agit ainsi à l'échelle européenne : votre engagement et votre expertise, l'Europe en a grand besoin pour être davantage à l'écoute de ses citoyens, à la fois plus accessible à chacun et plus efficace pour tous.

Lorsque l’on sait que nos concitoyens craignent l’avenir, qu’ils ne font plus confiance à l’Union européenne, qu’ils la croient bien éloignée des soucis quotidiens, il est vraiment important que les citoyens européens prennent la parole. Vous incarnez cette citoyenneté européenne, et contribuez à en faire une réalité plus concrète, plus vécue et plus agissante.

Vous avez débattu ces derniers jours sur des questions sociale, sociétale économique et politique essentielles, qui font partie de l’actualité européenne et internationale. Je souhaite de tout cœur, et je sais que cela a déjà été fait par le passé, que vos propositions soient entendues certes par le Parlement européen comme de véritables réponses législatives pour les politiques publiques européennes à venir mais aussi par toutes les institutions communautaires, les acteurs nationaux ou encore les pouvoirs locaux et régionaux.

Avec l'aide d'une démocratie européenne plus participative, nous regagnerons la confiance perdue. Nous le savons. Des politiques publiques, animées des meilleures intentions pouvaient rater leur objectif, ne pas atteindre ceux auxquels elles étaient destinées ou encore s'accompagner d'effets pervers non pris en compte à l'origine. Les expertises techniques et politiques sont nécessaires mais elles doivent pouvoir être croisées avec l'expertise citoyenne. La modernisation de l'action publique comme la revitalisation de la démocratie sont à ce prix. La démocratie participative n'est pas l'ennemie de la démocratie représentative mais son renfort, son complément et son aiguillon indispensable.

Je considère que l’engagement a une utilité sociale. C’est la seule manière de changer les choses, de faire avancer le monde. Une grande partie du progrès social, culturel est le fait de gens qui ont choisi de s’engager.

L’engagement est une affirmation de sa liberté. Jean-Paul SARTRE disait en substance que nous sommes condamnés à l’engagement comme nous sommes condamnés à être libres. Mais il ne faut pas oublier que le fait de s’engager, de faire le choix de s’engager est aussi une affirmation de sa liberté. On parle aujourd’hui de la fin de l’engagement. Je crois plutôt qu’il change de forme.

De plus, le discours médiatique, à force d’insister sur la fin des idéologies et du militantisme, sur l’affaiblissement des grandes organisations politiques, sur le repli individualiste et sur la versatilité des engagements, fait presque oublier que les personnes qui s’engagent le font généralement dans la durée.

Comme je le disais lundi dernier, il y a pour moi un profond hiatus entre la vision que porte la société sur la jeunesse et la réalité des valeurs, des ambitions et des inspirations des jeunes.

La jeunesse est engagée.

La société que nous voulons n’est pas celle du chacun pour soi, du tout consommation, du repli et, in fine, d’une certaine passivité.

Force est de constater que nous avons, eu, pendant une semaine une expression concrète de l’Europe citoyenne et sociale que nous appelons de nos voeux ! L’avenir de l’Europe repose très largement sur votre enthousiasme. Je souhaite que vous continuiez de mener avec pugnacité et ténacité ce beau combat, avec la détermination inflexible à l’image de celle de Jean MONNET, très tôt convaincu que « là où manque l'imagination, les peuples périssent ».

Alors avec le Parlement Européen des Jeunes, continuez à proposer vos idées, continuez à bousculer les habitudes, continuez à sortir des sentiers battus !

Je vous remercie pour votre attention.

 
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