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dimanche, 20 mars 2011

La politique régionale en faveur de la jeunesse: Kesako ?

En Rhône-alpes, un habitant sur quatre a moins de 26 ans. La région Rhône-Alpes compte 750 000 jeunes de 16 à 25 ans, 25% de la population régionale a moins de 26 ans (R.G.P. 1999).


La Région Rhône-alpes considère la jeunesse comme une véritable chance. Nous savons qu’ils sont attachés à la Région Rhône-alpes, exigeants pour leur insertion, déterminés dans leurs projets et disposés à nous exprimer leur propre manière de voir.

 

C’est un formidable levier pour le dynamisme d’une grande Région européenne comme la nôtre. C’est aussi un défi majeur pour notre collectivité qui accompagne au quotidien les jeunes rhônalpins. Les jeunes doivent pouvoir compter sur l’accompagnement et l’aide de notre Institution.

La formation est le premier poste de dépenses représentant près de la moitié du budget régional (CFA, Lycées, Universités, Instituts de formations sanitaires et sociales).

Parallèlement, nous agissons aussi pour soutenir l’emploi des jeunes, grâce aux Contrats d’Aide et de Retour à l’Emploi Durable. Nous favorisons encore l’accès à la culture et au sport, grâce à la Carte M’RA. Nous accompagnons également la mobilité des jeunes pour permettre leur ouverture sur le monde grâce aux bourses Explo’RA.

 

Ces actions s’inscrivent dans un contexte bien particulier. Aux difficultés structurelles en matière de formation, d’emploi, de logement, d’autonomie financière sont venus se greffer les effets de la crise économique et sociale, de la Réforme des collectivités locales et de la baisse des budgets, qui ont aggravé les phénomènes de paupérisation, de précarisation et d’exclusion des jeunes.

 

Au moment où je rédigeais mon billet, me revenait à l’esprit un sondage de l’A.F.E.V, plus de la moitié des Français ont une opinion négative de la jeunesse, 62 % d’entre eux ne la trouvent pas capable de se prendre en main et 41 % seulement pensent avoir des valeurs communes avec elle.

 

Notre société semble assumer une défiance forte à l’égard des nouvelles générations, jugées par ailleurs « individualistes » et bien peu « tolérantes »

 

Triste constat auquel j’ai du mal à croire tant il me parait injuste à l’endroit d’une génération qui est aujourd’hui la première victime du chômage et de la précarité, première à souffrir du mal-logement, première génération à ne pouvoir attendre de son travail ou de ses études un meilleur niveau de vie que celui de ses parents.

 

L’irruption des jeunes, notamment lycéens et étudiants dans les récentes mobilisations du CPE et des retraites, mais aussi, sous d’autres formes, lors des émeutes des banlieues de 2005, démontrent le malaise de la jeunesse et le manque de perspective d’avenir qu’offre aujourd’hui notre société aux générations futures : absence d’emploi, emploi précaire, pouvoir d’achat en perpétuel baisse.

 

La France détient aujourd’hui un des plus forts taux de chômages des jeunes. Il est largement supérieur à celui des voisins européens (23,7 pour une moyenne européenne de 19,7%).`

La situation des jeunes générations est plus que jamais critique.

La jeunesse est aujourd’hui confrontée à une société qui peine à lui offrir des perspectives d’émancipation sociale.

Pour la première fois depuis l’après-guerre, une génération s’apprête à vivre moins bien que ses parents. Alors que notre pays n’a jamais été aussi riche.

La jeunesse est sommée d’accepter la précarité comme seule perspective d’avenir.

Tout au long de leur parcours de formation et d’insertion, les jeunes sont exclus du droit commun et des protections collectives :

  1. 70% des étudiants n’ont pas accès aux bourses, y compris lorsqu’ils ne vivent plus chez leurs parents

  2. Les étudiants salariés cotisent aux ASSEDIC mais n’ont pas le droit au chômage

  3. 300 000 jeunes au chômage ne bénéficient d’aucun minima sociaux ni indemnisation

  4. 50% des moins de 25 ans travaillent en contrats précaires alors que 80% des salariés sont en CDI

 

Cette fragilité est accentuée par la réforme des services publics et par la mise en cause des mécanismes de solidarité et de protection sociale, qui assombrissent un peu plus l’horizon des jeunes générations.

 

L’analyse superficielle de la loi de finances 2011/2013 aurait pu laisser croire à une revalorisation du soutien de l’Etat aux politiques de jeunesse et d’éducation populaire.

 

Pourtant, les apparences sont trompeuses. Le service civique fait office de faux-nez pour tenter de masquer le désengagement massif et continu de l’Etat dans son soutien aux activités portées par les associations de jeunesse et d’éducation populaire.

 

Le budget « Jeunesse et Vie associative » se trouve ainsi cannibalisé par le service civique, qui ponctionnera 45.9 % du budget total en 2011 et 65.2 % en 2013 !

 

La loi de finances 2011/2013 marque une remise en cause brutale et programmée du soutien aux associations de jeunesse et d’éducation populaire, tant au niveau national (une amputation de 8.7 % des crédits alloués aux conventions partenariales en 2011, qui atteindra 18.3 % en 2013) qu’au niveau local (les crédits dédiés aux associations locales, qui s’élevaient en 2010 à 8.35 millions d’euros, étant intégralement supprimés dès 2011).

 

Cette situation est d’autant plus paradoxale à l’heure de l’accroissement des besoins de formation et d’accompagnement liés à la montée en puissance du service civique et à l’accueil des volontaires.

 

l’Etat fait le choix de concentrer ses maigres moyens sur des programmes et dispositifs qu’il gère en direct (Service civique, CIDJ, INJEP, AFPEJA, OFAJ, etc.), au détriment d’une politique d’accompagnement et de développement de la vie associative autonome.

 

A ce désengagement de l’Etat vient se greffer une fragilisation de la capacité financière des collectivités territoriales, sous l’effet conjugué de la refonte de la fiscalité locale et du gel des dotations aux collectivités annoncé pour 2011.

 

Les associations de jeunesse et d’éducation populaire, qui ont développé des partenariats privilégiés avec l’Etat et les collectivités, risquent de payer un lourd tribut de cet « effet ciseau » dévastateur.

Crise économique, stigmatisation des jeunes, désengagement de l’Etat, la réforme des collectivités locales, compliquent également notre action.

La Réforme des Collectivités, c’est :

  1. les  compétences  exclusives : clarifier la répartition des compétences entre les Départements et les Régions et supprimer la clause de compétence générale ;
  2. les  compétences  partagées et financements croisés dans les domaines suivants : sport, tourisme et culture. Une collectivité, chef de file sera désignée pour coordonner l’exercice de cette compétence et  sont spécialement concernés les domaines sportif et culturel.

 

Quid des compétences jeunesses ?

Pourtant, le processus de décentralisation, conjugué à la prise en compte croissante des problématiques liées aux jeunes, a conduit les collectivités territoriales à s’affirmer comme des acteurs majeurs des politiques jeunesses.

La multiplicité des défis rencontrés par les jeunes (éducation, formation, emploi, loisirs, logement, etc.) nécessite la mobilisation de compétences rattachées à l’ensemble des collectivités territoriales.

En 2014, les Régions ne pourront plus subventionner les associations de Jeunesses ou mener leurs actions propres.

Le souci de mise en cohérence des politiques publiques et de clarification des champs d’intervention des collectivités territoriales va priver ces dernières de leur capacité d’initiative, déjà largement entamée par la réforme fiscale imposée par l’Etat.

Pourtant par ses compétences obligatoires comme par ses compétences optionnelles, la Région intègre naturellement une forte dimension « jeunesse » à ses politiques.

La coexistence des dispositifs ouverts aux jeunes dans les différents domaines d’intervention a fondé la mise en œuvre d’une politique globale et transversale en direction de la jeunesse de Rhône-Alpes.

Aussi, l’esprit général de la politique régionale en faveur de la jeunesse recouvre plusieurs objectifs :

  1. confirmer le soutien régional aux initiatives citoyennes des jeunes : aide aux projets citoyens des jeunes.

  2. favoriser leur participation démocratique à la vie régionale : forum citoyen jeunesse.

  3. encourager l’engagement et le volontariat des jeunes: le service civique

  4. faciliter l’accès à l’autonomie des jeunes et à leur épanouissement : Carte M’RA.

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