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mercredi, 02 décembre 2009

Quartiers: l'Etat les a abandonné

Lundi 31 novembre, Bernadette MALGORN, présidente du Conseil d’Orientation de l’O.N.Z.U.S. a rendu public le rapport de l’Observatoire national des zones urbaines sensibles (O.N.Z.U.S).

Le rapport est disponible ici.

La loi d’orientation et de programmation pour la ville du 1er août 2003 a fixé comme objectif à la politique de la ville de réduire de façon significative, sur une période de cinq ans, les écarts entre ses territoires prioritaires (les zones urbaines sensibles, (ZUS)) et le reste des territoires urbains. L’Observatoire a été créé par cette même loi pour « mesurer l’évolution des inégalités sociales et des écarts de développement dans chacune des zones urbaines sensibles [...], de mesurer les moyens spécifiques mis en oeuvre et d’en évaluer les effets par rapport aux objectifs ». Depuis cinq ans, l’Observatoire national des zones urbaines sensibles remet un rapport au Gouvernement qui permet de fournir un état des lieux des évolutions que connaissent ces quartiers prioritaires pour la politique de la ville.

Ce rapport n’est vraiment pas bon. Il démontre que non seulement les inégalités ne cessent de se creuser entre les ZUS et les agglomérations de référence mais également que les populations de ces zones urbaines sensibles (4, 4 millions de personnes qui sont répartis dans 751 quartiers) prennent de plein de fouet la crise économique.

Voilà ce que nous dit le rapport :

  • le taux de chômage des jeunes reste important : un jeune sur 4 est inactif, contre un sur 8 dans les centres-villes ;
  • la faible probabilité d’accès à l’emploi stable (CDI ou CDD de plus d’un an) des jeunes habitants des quartiers de la politique de la ville : emploi stable est 1,7 fois moins accessible à un jeune habitant de ZUS qu’à un habitant des autres quartiers;
  • un faible niveau de qualification des jeunes : 66% des jeunes actifs de moins de 25 ans en ZUS n’ont pas de diplôme;
  • la réussite aux baccalauréats généraux, technologiques ou professionnels dans les établissements en ZUS reste inférieure aux moyennes nationales;
  • la pauvreté et la précarité sont très présentes en ZUS. Ainsi, en 2007, 33,1% des habitants vivent en dessous du seuil de pauvreté, c’est-à-dire avec moins de 908 euros par mois pour vivre. La proportion est de 12 % dans le reste du territoire. Alors que cette proportion est restée stable entre 2006 et 2007, hors ZUS, elle a augmenté de 2,6 points en ZUS;
  • pour la couverture maladie universelle complémentaire, en 2007, comme en 2006, elle bénéficie, dans les ZUS, à un peu plus d’un assuré ou ayant droit sur cinq, soit une couverture 3 fois plus élevée qu’en France métropolitaine et 2,4 fois plus élevée que dans les agglomérations de référence;
  • les zones urbaines sensibles sont, en moyenne moins bien dotées en équipements urbains que les agglomérations de référence : le taux d’équipement en ZUS est en moyenne 1,5 à 2 fois moins important que dans le reste de l’agglomération de référence.

Ces données révèlent l’absence de réelle mobilisation gouvernementale en faveur de la solidarité urbaine et l’échec des différents dispositifs mis en place depuis 2007. Ce rapport révèle que l’exclusion culturelle, sociale et professionnelle reste une réalité. Il devient urgent que l’Etat ne laisse plus à l’abandon ces quartiers. Il doit investir massivement dans l’éducation, les équipements, l’emploi et la santé.

Le seul point positif, selon ce rapport,  est la rénovation urbaine, qui est (selon lui) bien engagée, avec des réalisations concrètes et visibles.

Xavier DARCOS a promis de venir sur le terrain pour constater ces avancées. Nous l’attendrons donc de pied ferme.

 

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