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samedi, 26 septembre 2009

Droits de l'Enfant

Je me lève de bonheur pour un samedi matin, mais je dois partir pour Meythet.

 

Là je bois mon café (ma 4e tasse) et je me rends compte que je suis resté silencieux sur une actualité qui me tient, pourtant, particulièrement à cœur.

 

Comme vous le savez, le Gouvernement a décidé de supprimer le poste de Défenseur-e des enfants, créé par la loi du 6 mars 2000, sans aucune explication, ni concertation, tout en catimini (comme il aime le faire d’ailleurs).

 

Pourtant, le travail de Dominique VERSINI et de ses 60 correspondants installés sur l’ensemble du territoire, est reconnu par tout le monde. Interlocuteur des plus jeunes pour garantir leurs droits fondamentaux, de nombreuses collectivités et associations travaillent régulièrement avec ses services, pour venir en aide aux enfants défavorisés, isolés, maltraités ou victimes de situations familiales difficiles.

 

Tous les acteurs saluent le travail accompli par cette autorité indépendante.

 

Le communiqué de presse de R.E.S.F souligne avec justesse l’action positive de cette autorité indépendante : « En effet, les interventions en faveur des enfants de familles sans papiers représentent numériquement la deuxième raison des actions de la Défenseure des enfants. Elle a été amenée, maintes et maintes fois, à interpeller les préfets ou les ministres sur des situations individuelles de mineurs isolés, d’enfants internés en zone d’attente,  d’enfants placés en rétention et menacés d’expulsion, ou privés d’un de leurs parents, voire, parfois, des deux, laissés livrés à eux-mêmes pour certains. Du fait de son statut, ses interventions ne sont que rarement rendues publiques. Mais, elles constituent un frein à l’arbitraire de certaines préfectures et de certains services de police, tentés d’ignorer les droits de l’enfant pour atteindre les objectifs chiffrés d’expulsions qui leur sont assignés »

 

De même, dans de nombreux rapports, Dominique VERSINI abordait certains sujets afin de soutenir nos revendications :

  1. en 2006, dans son rapport « L’enfant au cœur des nouvelles parentalités », elle préconisait la protection des enfants vivant dans une famille homoparentale à travers la création d’un véritable statut du tiers
  2. en 2007, dans son rapport « Adolescents en souffrance, plaidoyer pour une véritable prise en charge », elle abordait la question de la sur-suicidalité des jeunes homosexuel-le-s. 

Ces nombreux exemples démontrent que la disparition de cette autorité indépendante est injustifiée. Elle présage un recul certain des droits fondamentaux au moment même ou la France se prépare à fêter le 20eme anniversaire de la Convention Internationale des Droits de l’Enfant.

 

Le Gouvernement devrait faire preuve de sagesse et revenir sur cette décision infondée.

 

Aussi faîtes comme moi et témoignez votre soutien au maintien d’un-e défenseur-e des enfants indépendant en cliquant sur le lien suivant :

http://www.defenseuredesenfants.fr/pourundefenseurdesenfa...

Allez, zou, je file prendre mon train.

vendredi, 25 septembre 2009

Moi, Mustapha Kessous, journaliste au "Monde" et victime du racisme

Bonjour tout le monde,

Je ne cesse de re-lire cet article de presse. Je suis obligé de le partager avec vous, aujourd'hui. Il met en exergue les symptômes de notre société. J'ai eu la chance de rencontrer Mustpapha Kessous (nous avons un ami en commun), hier matin,  à la Cour d'Appel de Lyon. Il était venu assister au procès de Maxence C, footballeur raciste (et minable) de Lagnieux (01).

Moi, Mustapha Kessous, journaliste au "Monde" et victime du racisme

Brice Hortefeux a trop d'humour. Je le sais, il m'a fait une blague un jour. Jeudi 24 avril 2008. Le ministre de l'immigration et de l'identité nationale doit me recevoir dans son majestueux bureau. Un rendez-vous pour parler des grèves de sans-papiers dans des entreprises. Je ne l'avais jamais rencontré. Je patiente avec ma collègue Laetitia Van Eeckhout dans cet hôtel particulier de la République. Brice Hortefeux arrive, me tend la main, sourit et lâche : "Vous avez vos papiers ?"

Trois mois plus tard, lundi 7 juillet, jour de mes 29 ans. Je couvre le Tour de France. Je prépare un article sur ces gens qui peuplent le bord des routes. Sur le bitume mouillé près de Blain (Loire-Atlantique), je m'approche d'une famille surexcitée par le passage de la caravane, pour bavarder. "Je te parle pas, à toi", me jette un jeune homme, la vingtaine. A côté de moi, mon collègue Benoît Hopquin n'a aucun souci à discuter avec cette "France profonde". Il m'avouera plus tard que, lorsque nous nous sommes accrédités, une employée de l'organisation l'a appelé pour savoir si j'étais bien son... chauffeur.

Je pensais que ma "qualité" de journaliste au Monde allait enfin me préserver de mes principaux "défauts" : être un Arabe, avoir la peau trop basanée, être un musulman. Je croyais que ma carte de presse allait me protéger des "crochets" balancés par des gens obsédés par les origines et les apparences. Mais quels que soient le sujet, l'endroit, la population, les préjugés sont poisseux.

J'en parle souvent à mes collègues : ils peinent à me croire lorsque je leur décris cet "apartheid mental", lorsque je leur détaille les petites humiliations éprouvées quand je suis en reportage, ou dans la vie ordinaire. A quoi bon me présenter comme journaliste au Monde, on ne me croit pas. Certains n'hésitent pas à appeler le siège pour signaler qu'"un Mustapha se fait passer pour un journaliste du Monde !"

Ça fait bien longtemps que je ne prononce plus mon prénom lorsque je me présente au téléphone : c'est toujours "M. Kessous". Depuis 2001, depuis que je suis journaliste, à la rédaction de Lyon Capitale puis à celle du Monde, "M. Kessous", ça passe mieux : on n'imagine pas que le reporter est "rebeu". Le grand rabbin de Lyon, Richard Wertenschlag, m'avait avoué, en souriant : "Je croyais que vous étiez de notre communauté."

J'ai dû amputer une partie de mon identité, j'ai dû effacer ce prénom arabe de mes conversations. Dire Mustapha, c'est prendre le risque de voir votre interlocuteur refuser de vous parler. Je me dis parfois que je suis parano, que je me trompe. Mais ça s'est si souvent produit...

A mon arrivée au journal, en juillet 2004, je pars pour l'île de la Barthelasse, près d'Avignon, couvrir un fait divers. Un gamin a été assassiné à la hachette par un Marocain. Je me retrouve devant la maison où s'est déroulé le drame, je frappe à la porte, et le cousin, la cinquantaine, qui a tenté de réanimer l'enfant en sang, me regarde froidement en me lançant : "J'aime pas les Arabes." Finalement, il me reçoit chez lui.

On pensait que le meurtrier s'était enfui de l'hôpital psychiatrique de l'endroit : j'appelle la direction, j'ai en ligne la responsable : "Bonjour, je suis M. Kessous du journal Le Monde..." Elle me dit être contente de me recevoir. Une fois sur place, la secrétaire lui signale ma présence. Une femme avec des béquilles me passe devant, je lui ouvre la porte, elle me dévisage sans me dire bonjour ni merci. "Il est où le journaliste du Monde ?", lance-t-elle. Juste derrière vous, Madame : je me présente. J'ai alors cru que cette directrice allait s'évanouir. Toujours pas de bonjour. "Vous avez votre carte de presse ?, me demande-t-elle. Vous avez une carte d'identité ?" "La prochaine fois, Madame, demandez qu'on vous faxe l'état civil, on gagnera du temps", riposté-je. Je suis parti, évidemment énervé, forcément désarmé, avant de me faire arrêter plus loin par la police qui croyait avoir... trouvé le suspect.

Quand le journal me demande de couvrir la révolte des banlieues en 2005, un membre du club Averroès, censé promouvoir la diversité, accuse Le Monde d'embaucher des fixeurs, ces guides que les journalistes paient dans les zones de guerre. Je suis seulement l'alibi d'un titre "donneur de leçons". L'Arabe de service, comme je l'ai si souvent entendu dire. Sur la Toile, des sites d'extrême droite pestent contre "l'immonde" quotidien de référence qui a recruté un "bougnoule " pour parler des cités.

Et pourtant, s'ils savaient à quel point la banlieue m'était étrangère. J'ai grandi dans un vétuste appartement au coeur des beaux quartiers de Lyon. En 1977, débarquant d'Algérie, ma mère avait eu l'intuition qu'il fallait vivre au centre-ville et non pas à l'extérieur pour espérer s'en sortir : nous étions parmi les rares Maghrébins du quartier Ainay. Pour que la réussite soit de mon côté, j'ai demandé à être éduqué dans une école catholique : j'ai vécu l'enfer ! "Retourne dans ton pays", "T'es pas chez toi ici", étaient les phrases chéries de certains professeurs et élèves.

Le 21 décembre 2007, je termine une session de perfectionnement dans une école de journalisme. Lors de l'oral qui clôt cette formation, le jury, composé de professionnels, me pose de drôles de questions : "Etes-vous musulman ? Que pensez-vous de la nomination d'Harry Roselmack ? Si vous êtes au Monde, c'est parce qu'il leur fallait un Arabe ?"

A plusieurs reprises, arrivant pour suivre un procès pour le journal, je me suis vu demander : "Vous êtes le prévenu ?" par l'huissier ou le gendarme en faction devant la porte du tribunal.

Le quotidien du journaliste ressemble tant à celui du citoyen. Depuis plusieurs mois, je cherche un appartement. Ces jours derniers, je contacte un propriétaire et tombe sur une dame à la voix pétillante : "Je m'appelle Françoise et vous ?" "Je suis M. Kessous ", lui répondis-je en usant de mon esquive habituelle. "Et votre prénom ?", enchaîne-t-elle. Je crois qu'elle n'a pas dû faire attention à mon silence. Je n'ai pas osé le lui fournir. Je me suis dit que, si je le lui donnais, ça serait foutu, qu'elle me dirait que l'appartement avait déjà été pris. C'est arrivé si souvent. Je n'ai pas le choix. J'hésite, je bégaye : "Euhhhhh... Mus... Mustapha."

Mustapha Kessous

Je profite de ce billet pour vous donner des nouvelles du procés de Maxence C. En première instance, à Belley, le jeune homme écopait de quatre mois de prison avec sursis et cent jours de travaux d'intérêt général (TIG), pour les insultes racistes à l'enconre de Makam T, footballeur d'origine sénégalaise : "On en a mis cinq dans votre cul, sale nègre". L'affaire passait hier devant la cour d'appel de Lyon, où l'avocat général a confirmé les quatre mois avec sursis, mais transformé les TIG en trois ans d'interdiction de stade. Le délibéré sera rendu le 22 octobre.

 

lundi, 21 septembre 2009

Agression homophobe : procès le 21 septembre à 14h00

Suite à une violente agression homophobe, deux prévenus sont cités à comparaître devant le Tribunal Correctionnel de Lyon pour violences volontaires en réunion le

Lundi 21 septembre 2009 à 14h00
Tribunal de Grand Instance de Lyon
12e Chambre Correctionnelle
67 r Servient, Lyon 3e

Agressé par 2 jeunes hommes de 21 et 22 ans, montée de la Grande Côte (1er arrondissement) dans la nuit du mercredi 31 octobre au jeudi 1er novembre 2007, Jérémy a eu 8 jours d’Incapacité Temporaire de Travail suite à ses blessures. Dès le dépôt de plainte, Jérémy rapporte les propos homophobes (“sales pédés”“sales tarlouzes”) qui ont motivé l’agression.

Ils ont également été attestés par le principal témoin des faits, Stéphane. Rapidement appréhendés, les deux suspects n’ont nullement nié les avoir proféré.

Pour autant, le Parquet de Lyon a refusé de retenir la circonstance aggravante d’homophobie malgré ce caractère incontestable des injures homophobes qui ont été proférées au moment de l’agression.

En matière de discrimination, il est toujours difficile pour la victime d’apporter la preuve, or dans ce dossier les propos injurieux était matériellement constitués et attestés. Aussi le choix du Parquet de Lyon nous parait totalement illogique : comment le Parquet de Lyon a-t-il pu écarter le caractère homophobe de l’agression alors que les éléments de la procédure en attestent ?

A cette audience, la victime, demande au Président du Tribunal Correctionnel de Lyon de requalifier les faits afin que l’homophobie soit enfin reconnue comme circonstance aggravante dans cette affaire.

Nous espérons que Tribunal Correctionnel de Lyon accordera enfin à cette affaire toute l’attention que la gravité de tels actes nécessite, implique et induit

La Lesbian and Gay Pride de Lyon ne peut admettre que ces infractions soient encore trop souvent banalisées par le laxisme du Parquet de Lyon.

Elle restera exigeante et vigilante jusqu’à ce que Jérémy obtienne enfin gain de cause et dédommagement.

La Lesbian and Gay Pride de Lyon félicite Jérémy d’avoir eu le courage de porter plainte et de se constituer partie civile. L’association le soutiendra jusqu’au bout et se constituera également partie civile à ses côtés.

Malgré cette étonnante mansuétude du Parquet de Lyon, la Lesbian and Gay Pride de Lyon, qui lutte au quotidien contre l’homophobie et la transphobie, incite très fortement les personnes homosexuelles et transsexuelles, victimes d’agressions ou de discriminations à contacter l’association, et à ne pas hésiter à porter plainte en mentionnant le caractère homophobe de l’agression.

 
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