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dimanche, 14 juin 2009

Discours pour le lancement de la Quinzaine des Cultures LGBT

Bonjour tout le monde,

 

Voici le discours que j'ai prononcé vendredi dernier pour le lancement de la Quinzaine des Cultures LGBT en présence du Député, Pierre Alain MUET et de Nathalie PERIN-GILBERT, Maire du 1er arrondissement.

 

Je me permets de vous rappelez-vous que le programme de la Quinzaine est disponible ici

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Monsieur le Député,

Madame le Maire,

Chers ami-e-s,

Chers militant-e-s,

Je vous remercie pour votre présence à ce lancement de la Quinzaine des cultures Lesbiennes, Gaies, Bi et Trans.

Je remercie, Madame le Maire, de nous accueillir chaleureusement dans cette salle des Mariages.

Je tiens à vous remercier sincèrement au nom de tous. Vous avez toujours été présente à nos côtés.

Madame le Maire, sans relâche, vous vous battez contre toutes les discriminations.

Aussi, je tiens à saluer le travail que vous menez pour défendre toutes les minorités afin de tendre vers plus d’Egalité.

Ce travail, Madame le Maire, soyez en assurés, est reconnu par toutes et tous, bien au delà des frontières du Grand Lyon.

Cette année, encore, nous pouvons être satisfait du travail inter associatif et de l’énergie que nous avons déployés ensemble.

Je ne reviendrai pas sur les innombrables actions que nous avons menés ces derniers mois pour dénoncer par exemple le laxisme du Parquet de Lyon, pour dénoncer Aulas et l’Olympique Lyonnais qui cautionnent les discriminations dans ses terrains de foot , pour dénoncer les propos meurtriers du chef de l’Eglise Catholique. Car, je dois me consacrer à l’essentiel.

Mes cher-e-s ami-e-s, Cher-e-s militant-e-s, Cher-e-s camarades,

Je ne le répéterai pas assez.

Notre manifestation est unique en son genre et nous devons en être fier et plus particulièrement cette année.

Unique car elle mobilise plus de 8 000 personnes non pas pour défendre un droit acquis ou contester une politique gouvernementale mais pour proposer un véritable projet de société fondé sur l’égalité, la liberté et la fraternité. Quel est ce projet ?

Depuis quelques années, la Lesbian and Gay Pride de Lyon mène un travail de fond sur la transphobie, pour mobiliser ses partenaires et ses compagnons de route. Aujourd’hui toutes les associations Lesbiennes, Gaies, Bi et Trans de la région Rhône-Alpes se sont investies dans ce combat.

Aussi, cette année, les 17 associations regroupées au sein du Conseil de la Lesbian and Gay Pride de Lyon ont décidé à l’unanimité de mettre en avant la transphobie. Nous avons donc choisi pour la marche de samedi le mot d’ordre « Respectons la transidentité, Refusons la transphobie »

Cette marche doit être un levier puissant pour faire avancer les Droits des trans.

Depuis 40 ans, nous constatons que les revendications pour leurs Droits restent les grandes oubliées de notre combat pour l’Egalité.

La Lesbian and Gay Pride de Lyon a pu constater quelques avancées fragiles sur les droits des homosexuel-le-s, notamment avec le PACS.

Mais malheureusement, pendant ce temps, les droits des personnes trans n’ont pas bougé d’un iota.

Elles demeurent des citoyen-ne-s de seconde zone, toujours privé-e-s de nombreux droits fondamentaux.

Sur la transphobie, le constat que nous faisons est alarmant.

Vous pourriez croire que nous disposons d’un arsenal juridique presque complet pour combattre toutes les formes de discriminations.

Détrompez-vous : Les discriminations liées à l’identité de genre n’ont en France aucun statut juridique !

Premièrement, la transphobie n’est pas un motif aggravant dans le code Pénal contrairement à l’homophobie, au racisme ou encore au sexisme.

Deuxièmement, au civil comme au pénal, les lois ne reconnaissent pas la singularité de la discrimination transphobe.

Troisièmement, les injures en raison de l’identité de genre ne sont toujours pas reconnues dans le droit français.

Quatrièmement, personne n’a jugé utile de missionner la HALDE dans la Lutte contre les discriminations liées à l’identité de genre.

Cette hiérarchie entre les motifs de discrimination est intolérable.

Il revient à nos associations de dénoncer la transphobie avec force.

Quant aux pratiques des pouvoirs publics, elles sont telles que l’on peut parler, et l’expression est faible, d’une véritable humiliation d’état.

Les personnes trans sont comme des sans papier dans leur propre pays.

Constatons ensemble que le décalage entre l’apparence physique (masculine ou féminine) et l’état civil (homme/femme) pose de nombreux problèmes au quotidien. C’est au minimum un souci et parfois une blessure humiliante à chaque fois qu’il est nécessaire et obligatoire de présenter des papiers d’identité, et contraire à ce que l’on peut penser, les occasions sont nombreuses : retirer un colis à la Poste, aller voter, passer des examens, trouver un emploi ou un logement, subir un contrôle de police ou de douane...

Certes, la loi autorise le changement de sexe sur l’état civil.

Mais les conditions imposées relèvent du parcours du combattant.

Pour bénéficier de cette autorisation, l’État français oblige à suivre un long protocole médical, arbitraire et discriminatoire, que nous voulons voir disparaître. Ce protocole impose une équipe médicale, dont les compétences ne sont pas démontrées, alors que chacun doit avoir le droit de choisir son médecin.

De surcroît, le droit français impose d’avoir préalablement effectué des opérations chirurgicales dites de « ré-assignation sexuelle » pour espérer bénéficier d’un changement d’état civil.

Et enfin, il faut convaincre le juge de faire preuve de bonne volonté et de bien vouloir vous accorder cette faveur !

Après l’opération, après avoir subi l’équipe médical emprunt de préjugés homophobes et sexistes, les tribunaux français imposent aux Trans d’être stérilisé-e-s.

Pour pouvoir obtenir des papiers conformes à l’identité revendiquée, l’Etat française impose la stérilisation obligatoire pour les Trans.

Nos associations dénoncent ces pratiques moyen-âgeuses. Nos associations dénoncent cette pratique barbare de notre appareil d’état.

Plus grave encore. En 2009, les personnes trans sont toujours considérées comme des « malades mentaux », comme autrefois les homosexuel-le-s.

Nos associations se battent pour obtenir leur dépsychiatrisation, une véritable dépsychiatrisation et non une simple déclassification d’ALD, comme l’annoncé en grande pompe le 16 mai dernier, Roselyne Bachelot, qui pour elle, les trans souffrent d’un trouble de l’identité.

La marche des Fiertés Lesbiennes, Gaies, Bi et Trans doit relayer avec force cette revendication. Nous devons lutter avec détermination contre cette vision archaïque, fausse, injurieuse et stigmatisante.

En effet, considérer les trans comme des malades mentaux est un alibi qui sert de justification à des discours et des pratiques qui les rabaissent et les infériorisent. Les droits humains fondamentaux des personnes Trans sont ignorés et bafoués à cause des préjugés, de l’ignorance, de la peur et de la haine.

Vraiment, je crois que l’on ne peut plus faire l’impasse sur ces questions.

Le mot d’ordre que nous avons choisi est pour nous l’occasion de porter dans l’espace public ces revendications que nous cherchons à rendre audibles depuis quelques années.

Nous dénonçons avec force l’absence de reconnaissance juridique et sociale des personnes trans, la mainmise de la psychiatrie sur elles, les violences exercées à leur encontre et bien sûr les problèmes de discrimination et de stigmatisation.

Cette marche se veut une marche citoyenne.

Il s’agit d’un combat pour la liberté.

La liberté de choisir le sexe de son état-civil, sans protocole humiliant, liberté de choisir son médecin, sans être soumis au bon vouloir du psychiatre.

Il s’agit d’un combat pour l’égalité.

L’égalité devant les droits en termes de santé, en particulier la prise en charge par la Sécurité Sociale des opérations chirurgicales dans les pays qui savent les pratiquer.

Il s’agit d’un combat de fraternité.

Fraternité dans la lutte contre toutes les formes de discrimination, fraternité dans le soutien face aux injures et aux violences physiques et symboliques dont sont victimes les trans.

La 14e marche des Fiertés Lesbiennes, Gaies, Bi et Trans est pour nous l’occasion d’interpeller vigoureusement les pouvoirs publics.

Le Samedi 20 juin, nous avons besoin de votre énergie, nous avons besoin de votre présence pour que ces pouvoirs publics mettent en place une véritable politique volontariste, pour faire « respecter la transidentité et pour refuser la transphobie ».

Contrairement à ce que nous avons pu lire ces derniers temps dans la presse, je peux vous garantir que cette 14e marche ne sera pas la marche la plus honteuse de France, bien au contraire.

Alors le 20 juin, venez faire la fête, venez danser et démontrez que nous sommes toutes et tous unis, fiers et solidaire pour lutter contre la transphobie et pour faire respecter la transidentité.

Je tiens à remercier tous nos partenaires la Ville de Lyon et le Conseil Régional mais également l’équipe du Pinck’s et les commerces de la rue Saint Georges qui se sont mobilisés cette année grâce à Tata Mona.

Je tiens également à féliciter l’association Chrysalide et à saluer la grande qualité du travail qu’elle accomplie tout au long de l’année.

Je tiens également à rendre un grand hommage à l’énergie, à la persévérance, aux convictions et à l’engagement de David et Sophie.

Je tiens aussi à remercier également tous les bénévoles des associations qui se sont investis dans l’organisation et plus particulièrement : le Forum Gai et Lesbien, l’APGL, Contact Lyon, Etudiants contre le Sida, Aides, Homosexualité et socialisme, Autre Cercle Rhône-Alpes, Moove, Le Mouvement des Jeunes Communistes, Keep Smiling, Aris, Middle Gender et la Ligue des Droits de l’Homme. Je vous remercie pour votre attention et vous invite maintenant à vous diriger vers le buffet.

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