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samedi, 13 juin 2009

Santé et bien-être des trans : se battre contre le silence

Le 1er juillet 2008 a été rendu publique les résultats d’une enquête exploratoire, menée par internet en 2007 par le CRIPS Île-de-France et Act Up-Paris (Bulletin Épidémiologique Hebdomadaire n°27). Ces résultats démontrent la nécessité d’une action politique forte sur ces questions :

  • sur le dépistage : 21 % des personnes interrogées déclarent n’avoir jamais eu recours à un test ;
  • sur les comportements de prévention et les prises de risques par rapport au VIH : un nombre élevé de partenaires et une faible protection des relations sexuelles ;
  • sur la prévalence du VIH : 5,7 % des personnes interrogées seraient séropositives, soit une situation de crise sanitaire majeure selon les critères de l’Organisation Mondiale de la Santé ;
  • sur les discriminations dans l’accès aux soins : 20% des participant-e-s déclarent avoir renoncé à voir un médecin par crainte d’être discriminé-e-s du fait de leur transidentité ;
  • sur les discriminations en général : 49% des participant-e-s ont subi une discrimination ou ont renoncé à un droit de peur de subir une discrimination du fait de leur transidentité.

Ces résultats confirment que les institutions sanitaires, les chercheurs, les soignant-e-s et les acteurs de la prévention doivent s’impliquer dans une meilleure prise en compte des besoins spécifiques des trans en matière de VIH/SIDA, en particulier en termes d’accès au système de santé ou de prise en charge médicale adaptée.

La méconnaissance des enjeux spécifiques des trans par les professionnels de santé est un obstacle majeur au développement d’actions de prévention ou d’accès aux soins de qualité.

Ainsi, régulièrement les personnes trans ont un très fort sentiment d’isolement et de stigmatisation de la part des soignant-e-s qui peuvent aller parfois jusqu’au refus de soins.

L’absence des personnes trans des systèmes de surveillance épidémiologique et des programmes de santé publique, la quasi-inexistence de stratégies de prévention et de réduction des risques en direction des trans, l’absence de prise en compte de leurs spécificités en matière de prise en charge médicale font obstacle à la prise en compte de leurs problèmes de santé.

De même, l’absence de reconnaissance juridique et sociale, la mainmise de la psychiatrie, les violences exercées à l’encontre des trans et bien sûr, les problèmes de discrimination et de stigmatisation sont les complices de l’épidémie.

A l’occasion de la 14e marche des fiertés Lesbiennes, Gaies, Bi et Trans, nous demandons :

  1. le droit au changement d’état civil des trans et l’obtention de papiers (carte d’identité, carte de sécurité sociale etc.) sans passer par une opération chirurgicale ;
  2. La réalisation d’enquêtes épidémiologiques chez les personnes trans ;
  3. la réalisation d’études sur leurs besoins de santé ;
  4. la conception d’action de préventions ciblées en direction des trans ;
  5. l’élaboration de campagnes de sensibilisation à destination des personnels soignants pour améliorer leurs soins

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