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lundi, 14 juillet 2008

Faites comme nous: opposez-vous à EDVIGE

 

Signez la pétition pour obtenir l'abandon du fichier EDVIGE instituant  le fichage systématique et généralisé, dès l'âge de 13 ans,par la police des délinquants hypothétiques et des militants syndicaux, politiques, associatifs et religieux

La pétition est en ligne ici:http://nonaedvige.ras.eu.org/

Sans débat public préalable, le gouvernement, par un décret publié au Journal officiel du 1er juillet 2008, a considérablement accru les capacités de fichage de nos concitoyens. Ce fichage sera assuré, à l'avenir, par la Direction centrale de la sécurité publique (fusion des Renseignements Généraux et de la DST).

A cette fin, un nouveau fichier policier sera mis en place sous le nom d'EDVIGE (Exploitation documentaire et valorisation de l'information générale). Il recensera, de manière systématique et généralisée,  toute personne « ayant sollicité, exercé ou exerçant un mandat politique, syndical ou économique ou qui joue un rôle institutionnel, économique, social ou religieux significatif ». Sans exception, toutes les personnes engagées dans la vie de la cité sont donc visées.

En outre, ce fichage vise à  permettre la collecte de renseignements identitaires sur les « suspects » (personne mais également groupe) simplement considérés, par la police,  comme susceptibles, à l'avenir et de manière totalement hypothétique, de porter atteinte à  « l'ordre public ».

Il permettra de compiler toutes les notes de renseignements telles que : état civil, photographie mais aussi fréquentations, comportement, déplacements, appartenance ethnique, vie sexuelle, opinions politiques, philosophiques, religieuses,  appartenances syndicales et associatives ...

La police sera autorisée à consulter ce fichier en cas d'enquêtes administratives pour l'accès à certains emplois.

Les mineurs ne seront pas épargnés puisque fait sans précédent dans notre République et particulièrement choquant, leur fichage sera autorisé dès l'âge de 13 ans et cela sans qu'aucune infraction n'ait été commise et sur la seule base de leur dangerosité présumée.

Cette initiative gouvernementale, porteuse à l'évidence de nombreuses dérives, s'inscrit résolument dans le cadre de la mise en place d'une politique sécuritaire ouvertement revendiquée.

Le gouvernement est passé outre aux réserves émises par la Commission nationale Informatique et Libertés concernant ce fichier qui, dès sa parution,  a suscité les plus vives réprobations de multiples organisations associatives, syndicales et politiques.

C'est pourquoi les organisations et les personnes signataires de cet appel :

  1. exigent le retrait du décret autorisant la mise en place du fichier EDVIGE qui institue un niveau de surveillance des citoyens totalement disproportionné et incompatible avec une conception digne de ce nom de l'état de droit;
  2. sollicitent le soutien et la signature de tous nos concitoyens et de toutes les organisations attachées aux libertés publiques, au respect de la vie privée et des droits de l'enfant;
  3. s'engagent à se constituer, dès le mois de septembre 2008, sous forme de Collectif afin de prendre toute initiative utile visant à obtenir des pouvoirs publics qu'ils renoncent à la mise en place du  fichier EDVIGE.


Signez cette pétion:http://nonaedvige.ras.eu.org/


mercredi, 09 juillet 2008

Ensemble pour une santé solidaire

Dans un précédent billet (ici) j'avais déjà eu l'occasion de parler de Bruno-Pascal Chevalier: il manifeste depuis longtemps contre les mesures de Roselyne Bachelot concernant les franchises médicales. Le militant, atteint du sida, avait notamment interrompu son traitement pendant neuf mois, entre septembre 2007 et mai 2008.

 

 

 

 

La Roselyne, on l'aimait bien lorsqu'elle avait les ovaires pour défendre le PACS .... mais maintenent qu'elle est devenue Madame franchise médicale, on ne la porte plus beaucoup dans notre coeur.

 

 Détermination.

 

Bruno-Pascal Chevalier est à l'origine du mouvement "Ensemble pour une santé solidaire" dont je vous livre ici le manifeste:

 

Appel des usagers, professionnels de la santé, organismes et travailleurs sociaux opposés au sacrifice de la sécurité sociale sur l’autel du profit.


Le Président de la République et le gouvernement nous martèlent que la sécurité sociale c’est dépassé. Que ça ne fonctionne plus. Que le principe en lui-même est obsolète.


Ils nous affirment que ça coûte trop cher « à la société », que ce n’est plus possible, non, vraiment…


Ils nous expliquent que la solidarité est un obstacle au progrès. Que le service public c’est moins bien que le privé. Quitte à manipuler les arguments financiers, qui pourtant prouvent le contraire…


Ils nous préviennent que les changements – pudiquement baptisés « évolutions »- sont inéluctables, qu’il n’y a pas moyen de faire autrement.
Il y a une vérité dans leur discours : en effet, le système de santé français va mal. Et il pourrait aller mieux.


Beaucoup de « responsables » sont désignés d’un doigt accusateur. Les malades, d’abord, « consommateurs » de soins, qui « surconsommeraient » des soins pour la seule raisons que, quand on ne paye pas, ou pas cher, on gâche, et qu’il faut « responsabiliser » par une sanction financière : les franchises dites « médicales », qui ne sont pas plus médicales que franches.

Ces franchises qui, en opposant au principe de protection solidaire celui du « chacun pour soi » évacuent la question fondamentale du financement de la sécurité sociale. Financement actuellement assis sur la part salariale des revenus, qui a baissé ces dernières années au profit d’autres formes de revenus, du capital, non assujetties à la contribution sociale.

Ce n’est donc pas, comme on voudrait nous le faire croire, un problème insoluble de financement d’un système

Il s'agit avant tout d'habituer les patients à payer toujours plus, à les amener à désespérer du système d'assurance-maladie issu de la Résistance, dans lequel chacun, quelle que soit sa condition sociale, se voit garantir un égal accès aux soins, en cassant tout le système pour convaincre qu’il ne fonctionne plus. En le rendant exsangue pour prouver que l’Etat ne peut plus assurer cette mission de service public, en créant les conditions du chaos ou de la pénurie, il n’y aura plus d’autre choix que le privé.

Des médecins, des économistes de santé, des politiques, des syndicats, des associations de malades ont tiré le signal d’alarme.

Mais c’est une accélération des réformes qui est annoncée pour l’automne.

Les appellations positives de « réforme », « modernisation », pour « améliorer l’accès aux soins » sont l’habillage élégant de projets répondant à une seule logique : la diminution drastique de tous les moyens d’Etat pour la santé.

Après les déremboursements, remises en question du remboursement des affections de longue durée, « forfaits » sur les soins, « franchises », attribution de la CMU, etc… qui n’étaient que les amuse-gueule, le gouvernement nous concocte pour la rentrée le plat de résistance, dont la pièce maîtresse est le projet de « réforme » de l’hôpital.

Service public donc par nature dépensier et mal géré, l’hôpital a vu, en 2004, deux spécialistes, Philippe Douste-Blazy-et Xavier Bertrand, se pencher sur son cas, et lui administrer une potion miracle qui allait le remettre sur pieds pour 2008 : la T2A. Tarification à l’activité. LA solution.

On allait voir.

On a vu. Même les rapports des chambres régionales des comptes sont obligés de constater le lien direct de cause à effet entre T2A et déficit catastrophique des hôpitaux publics en 2008. Car on avait juste oublié une chose dans ce système qui voulait aligner les hôpitaux publics sur le privé : la prise en charge des malades les plus lourds, les plus fragiles, les plus dépendants… devenus, dans ce système, les moins « rentables ».

Au lieu de revoir les modalités de la T2A, le projet de réforme préconise la fermeture massive d’hôpitaux publics, pardon, leur « évolution » en services de gériatrie médicalisés. Et une forte réduction des personnels hospitaliers. Qui sont déjà en nombre insuffisant.

Ce qui est bien avec ce type d’arguments, c’est qu’on peut les décliner à l’infini. Certains ne s’en lassent pas.…

Au fil de ces mesures ridicules et obscènes, la notion même d'assurance-maladie solidaire est méthodiquement vidée de son sens, par ceux là même qui devraient la sauver, pendant que dans la coulisse les assureurs privés se frottent les mains.

En culpabilisant tout le monde, malades et médecins, hôpital et médecine de ville, en désignant un coupable après l’autre, pour que tout le monde se sente un peu « responsable » de la mort de la sécu, et puisse accuser l’autre pour se défausser, les fossoyeurs de la sécurité sociale se sentent à l’abri.

Plus pour longtemps.

Car les mensonges et les manipulations n’ont qu’un temps. Et les français, dans leur grande majorité, (plus de 70%) profondément attachés au système solidaire, commencent à se demander si on ne les prend pas un peu pour des imbéciles. Qu’ils ne sont pas.

Aujourd’hui, ce ne sont plus seulement les professionnels et les économistes de la santé qui dénoncent la politique gouvernementale de casse de la Sécu. Ce sont les usagers.

Des usagers qui, quels que soient leurs choix politiques, ne veulent pas d’une privatisation à l’américaine de notre système de santé, symbolisée par le discours du Directeur de l'Union Nationale des Caisses d'Assurance-Maladie, Frédéric Van Roekeghem, ancien cadre des assurances privées, nommé à la tête de la Sécurité sociale par Jacques Chirac en 2004, qui se félicite ouvertement de l'effet-franchise et de la décélération des remboursements de Sécurité Sociale.

Tandis que, pendant ce temps, dans le monde réel de nombreux malades sont amenés à repousser certains soins ou à y renoncer

Des représentants d'associations d'usagers, Les travailleurs sociaux, les personnels des CPAM, les professionnels de la santé et du monde social alertent sur les retards de soins et sur l'augmentation des demandes d'aide auprès des fonds d'aide sociale des CPAM ou des mairies.

Les médecins généralistes constatent la diminution du nombre des consultations, le retard à certains accès aux soins, la complexité grandissante de certaines consultations trop tardives.

Des infirmiers et généralistes sont menacés de sanctions (financières bien sûr) s’ils pratiquent « trop systématiquement » le tiers-payant, seul moyen pour de nombreux patients d'accéder aux soins de ville en utilisant l'avance de frais

La casse de la protection sociale et de l’assurance maladie, du service public de la santé, de l’hôpital, avec pour seul recours le privé n’est pas « la » seule solution.

Un système de santé solidaire, organisé, moins coûteux, articulant médecine de ville, notamment les médecins généralistes, et hôpital, médical, paramédical et médico-social, pour la prévention, l’éducation à la santé et un meilleur accès aux soins, pour tous, est possible. Des propositions concrètes, chiffrées, étayées, existent.

Il faut permettre aux usagers de décider de l’avenir de leur système de santé.

Nous sommes tous usagers, ou usagers potentiels. Nous sommes 60 millions.

La Sécu nous appartient, nous ne la laisserons pas détruire!

 

Je vous invite à rejoindre ce mouvement: http://www.ensemblepourunesantesolidaire.fr/

09:12 Publié dans Santé | Lien permanent | Commentaires (0) |  Facebook |

jeudi, 03 juillet 2008

Chrysalide

Si vous ne connaissez pas encore l'association Chrysalide, je vous invite à la découvrir maintenant: http://chrysalidelyon.free.fr/

Comme je n'ai pas rédigé ces textes, pour toutes questions , vous pouvez contacter les auteur-e-s (que je remercie d'ailleurs ) David et Sophie: chrysalidelyon@yahoo.fr

 
Quand les trans vont chez le médecin...

Les personnes transgenres ou transsexuelles sont fréquemment confrontées à des difficultés dans leur rapport avec le corps médical. La plupart des médecins sont incapables de répondre à nos problèmes de santé, d’autres refusent de nous recevoir.

Par manque de connaissance, certains médecins n’accepteront pas de nous traiter : des orthophonistes pensent à tort que les oestrogènes féminisent la voix et refuseront de suivre une MtF (femme transsexuelle) non hormonée ; d’autres avanceront le fait de ne pas avoir été formés aux traitements spécifiques à la transition (parcours fait par une personne trans).

Ils ne sont pas toujours en mesure de nous aider ou bien ils prescrivent des traitements contre-productifs par exemple des anti-androgènes pour des FtM (homme transsexuel). De plus, en raison des préjugés, il nous est souvent difficile d’être suivis par un gynécologue ou un andrologue. Le médecin refusera de nous examiner par principe, au motif que les chirurgiens qui nous ont opéré sont les seuls qui devraient s’occuper de nous ou que notre présence pourrait déranger les autres patients.

A cause des contraintes de la procédure de changement d’Etat Civil qui conditionne le 1 et le 2 du numéro de sécurité sociale, notre accès aux soins médicaux les plus simples peut devenir un véritable parcours du combattant ; même lorsque nous souhaitons consulter hors du cadre de notre transition, nous tombons souvent sur des médecins méprisants.

A cause de notre numéro de SS, nous sommes sans cesse réassignés/ées à la pseudo naturalité de notre identité. Il est tout à fait inacceptable qu’il soit obligatoire en France que seules les personnes ayant été stérilisées chirurgicalement puissent avoir ce droit de voir leur vie privée enfin respectée.

L’accès au traitement hormonal est conditionné par l’accord d’un psychiatre. Certains s’évertueront à vouloir guérir leur patient qui doit accepter le corps que la nature (Dieu ?) lui a donné : n’oublions pas que nous sommes toujours considérés comme des malades mentaux par l’OMS.

D’autres donneront leur accord à condition que le patient respecte des conditions arbitraires : hétérosexualité dans le sexe de destination, volonté d’effectuer une chirurgie de réassignation sexuelle... alors que rares sont les personnes trans qui correspondent à ces stéréotypes.

Des médecins se présentant comme des ‘spécialistes’ du « transsexualisme » qui forment des équipes multidisciplinaires pseudo officiels et imposent des protocoles contraignants s’inspirent de ces critères.

Leurs critères excluent bien entendu de nombreux trans qui se retrouvent en grande détresse morale, d’autant qu’il leur est souvent tenu des propos insoutenables : (un endocrinologue) « Je pourrai vous prescrire des hormones maintenant. Ce serait facile.

Mais vous vous êtes marié et avez un enfant. Donc assumez », ou bien (un psychologue à une personne disant qu’elle risque de ‘faire une bêtise’ si elle ne peut pas avoir d’hormones) « nous nous sentons responsables lorsqu’une personne à qui nous avons permis d’effectuer une transition se suicide. En revanche, quand il s’agit de quelqu’un qui n’entrait pas dans le protocole, ce n’est pas notre problème. ».

En juin 2005 ActUp a osé dénoncer publiquement via un tract le discours d’une psychiatre partisane de ce type de discours. Le président de l’association a été condamné en appel à 5000€ de dommages et intérêts pour diffamation et verra cette condamnation portée à son casier judiciaire.

Il reste toutefois possible de faire une transition en dehors de ces pseudo ‘équipes officielles’.

On peut trouver un psychiatre et un endocrinologue sans idées préconçues afin de commencer notre parcours. Créer sa propre équipe soignante, c’est aussi choisir ses interlocuteurs et quelque part choisir sa vie.

 

La Transidentité en France en 2007 


La transidentité est le fait de ressentir une inadéquation entre son corps et son esprit, entre son anatomie et la conviction d’être homme ou femme. Ce n’est pas une affaire de sexualité mais d’identité. Ce n’est pas une forme d’homosexualité. Cette conviction profonde d’être homme ou femme s’appelle l’identité de genre. En effet, malgré les préjugés, il n’y a pas de lien nécessaire entre corps biologique et identité psychique : on peut être né avec un corps masculin mais se sentir profondément femme et vouloir vivre socialement comme telle. Cette situation est source de souffrances psychiques et affectives. La transidentité regroupe une grande variété d’identités : travesti(e)s, transgenres, transsexuel(le)s... De manière générale, on parle de personnes trans. Il est important pour les femmes trans MtF (Male to Female) d’être considérées socialement comme femme. Il est donc nécessaire de s’adresser à elles au féminin. De même, un homme trans FtM (Female to Male) doit être reconnu en tant qu’homme et on devra s’adresser à lui au masculin.

Les trans se retrouvent isolés socialement lorsque les amis et la famille s’éloignent d’eux au lieu de les soutenir dans leur parcours. De plus, le rejet dans le monde du travail est fréquent. Par peur d’avoir à affronter le regard des autres, d’essuyer des insultes, voire de se faire agresser, les personnes trans ont souvent peur de sortir de chez elles. Le décalage entre l’apparence et l’état civil pose également de nombreux problèmes au quotidien chaque fois qu’il est obligatoire de présenter ses papiers d’identité : retirer un colis à la Poste, voter, passer des examens, trouver un emploi ou un logement, subir un contrôle de police ou de douane... De ce point de vue, on est comme sans-papiers dans son propre pays.

Cependant, pour bénéficier du changement du sexe sur l’état civil, l’État français impose de suivre un long protocole arbitraire et discriminatoire que nous voulons voir disparaître. Il impose d’avoir préalablement effectué des opérations chirurgicales de « réassignation sexuelle » (mammectomie et hystérectomie pour les hommes, vaginoplastie pour les femmes).

Ces opérations sont lourdes et nécessitent des soins à vie. En France, les résultats obtenus sont si catastrophiques que l’on constate très souvent une perte totale du plaisir, de nombreux problèmes fonctionnels, et des résultats esthétiques très approximatifs... En outre, de nombreuses personnes transsexuelles ne ressentent absolument pas le besoin de se faire opérer. Nous estimons que la France doit prendre exemple sur d’autres pays comme l’Espagne qui n’exigent pas d’opérations pour l’obtention d’un changement d’état civil. Même après l’opération, la loi laisse à la discrétion des tribunaux le choix d’imposer des expertises humiliantes, ce dont beaucoup ne se privent pas. Il est lamentable que la transsexualité soit aujourd’hui encore considérée comme une maladie mentale par le DSM IV, l’ouvrage de classification des troubles mentaux établi par les psychiatres, comme l’homosexualité l’était il y a 30 ans.

L’association Chrysalide tient des permanences Trans le 3e samedi de chaque mois, de 16 h à 18 h dans les locaux d’Aris, 19 rue des Capucins 69001 Lyon. Nous partageons des informations et échangeons avec les nouveaux/elles venus/es en toute convivialité.

Merci encore à Sophie et David pour ces deux textes, pour plus d'information, http://chrysalidelyon.free.fr


mardi, 01 juillet 2008

«L’omertà sur l’homophobie à l’école est toujours présente»

Je vous invite vivement à lire l'interview de Xavier DARCOS.

Le ministre s'engage fortement contre  l'homophobie en mileu scolaire. Son Administration va-t-elle suivre ? 

A la veille de la 13e marche des fiertés Lesbiennes, Gaies, Bi et Trans, le 14 juin dernier, nous avions interpellé le recteur de l'Académie de Lyon. 

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À l’occasion de la 13e marche lyonnaise des fiertés Lesbiennes, Gaies, Bi et Trans, ce Samedi 14 juin, dont le thème est « Pour une Education sans aucune discrimination », La Lesbian and Gay Pride de Lyon, l’Autre Cercle Rhône-Alpes et Moove ! adressent aujourd’hui une lettre ouverte au recteur de Lyon pour qu’il s’engage plus volontairement en matière éducative dans la lutte contre les discriminations liées à l’orientation sexuelle et à l’identité de genre.

Lettre ouverte à Monsieur le Recteur de l’Académie de Lyon

Monsieur le Recteur,

Le 4 avril dernier, le Ministère de l’Education nationale publiait une circulaire de rentrée qui consacre un paragraphe à la lutte « contre toutes les violences et toutes les discriminations, notamment l’homophobie » (BO n° 15 du 10 avril 2008).

C’est la première fois qu’une circulaire de rentrée mentionne aussi explicitement la lutte contre l’homophobie.

Auparavant, cette nécessité était tout juste évoquée dans certaines circulaires relatives à la lutte contre le sida ou à l’éducation à la sexualité, de portée bien moindre.

Cependant, cette avancée symbolique impose la mise en œuvre concrète d’actions contre les violences homophobes et transphobes subies par les jeunes en recherche de leur orientation sexuelle ou de leur identité de genre.

Comme cette circulaire de rentrée soulève d’immenses espoirs chez les acteurs de la lutte contre les discriminations : nous souhaiterions savoir comment vous allez réagir. Des initiatives ont-elles été prises dans les établissements de l’académie de Lyon dans le cadre d’une information ou d’un projet ? Allez-vous mener une politique ambitieuse d’éducation à la citoyenneté et donc une politique de lutte contre les discriminations qui n’oublierait pas celles liées à l’orientation sexuelle et à l’identité de genre ?

Nous serions également intéressés de savoir si des incidents ont été portés à votre connaissance dans l’académie ces dernières années, y a t’il des statistiques ?

Nous savons combien la question peut vous paraître dérangeante mais, malheureusement beaucoup de jeunes adolescents se suicident à la découverte de leur orientation sexuelle faute de compréhension et de lieux de paroles. Ainsi selon une étude de l’INVS parue en juin 2007 portant sur 6184 hommes homosexuels, il y a cinq fois plus de tentatives de suicide chez les jeunes homosexuels que chez les jeunes hétérosexuels : 32 % des homosexuels de moins de 20 ans ont tenté de se suicider !

De plus, d’après un rapport de Dominique Versini, défenseure des enfants, 10 % des tentatives de suicide des filles âgées de 15 à 24 ans seraient liées à la difficulté de vivre son homosexualité. Ainsi de nombreuses études mettent en évidence le rapport entre le mal-être généré par le rejet dont les jeunes en recherche de leur orientation sexuelle ou de leur identité de genre font l’objet et la sur-suicidalité des jeunes homosexuel-le-s. De même en matière de prévention les associations de lutte contre les IST (dont le VIH) ont souligné depuis longtemps le lien entre mal-être, mauvaise estime de soi et prises de risque.

 
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