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jeudi, 03 juillet 2008

Chrysalide

Si vous ne connaissez pas encore l'association Chrysalide, je vous invite à la découvrir maintenant: http://chrysalidelyon.free.fr/

Comme je n'ai pas rédigé ces textes, pour toutes questions , vous pouvez contacter les auteur-e-s (que je remercie d'ailleurs ) David et Sophie: chrysalidelyon@yahoo.fr

 
Quand les trans vont chez le médecin...

Les personnes transgenres ou transsexuelles sont fréquemment confrontées à des difficultés dans leur rapport avec le corps médical. La plupart des médecins sont incapables de répondre à nos problèmes de santé, d’autres refusent de nous recevoir.

Par manque de connaissance, certains médecins n’accepteront pas de nous traiter : des orthophonistes pensent à tort que les oestrogènes féminisent la voix et refuseront de suivre une MtF (femme transsexuelle) non hormonée ; d’autres avanceront le fait de ne pas avoir été formés aux traitements spécifiques à la transition (parcours fait par une personne trans).

Ils ne sont pas toujours en mesure de nous aider ou bien ils prescrivent des traitements contre-productifs par exemple des anti-androgènes pour des FtM (homme transsexuel). De plus, en raison des préjugés, il nous est souvent difficile d’être suivis par un gynécologue ou un andrologue. Le médecin refusera de nous examiner par principe, au motif que les chirurgiens qui nous ont opéré sont les seuls qui devraient s’occuper de nous ou que notre présence pourrait déranger les autres patients.

A cause des contraintes de la procédure de changement d’Etat Civil qui conditionne le 1 et le 2 du numéro de sécurité sociale, notre accès aux soins médicaux les plus simples peut devenir un véritable parcours du combattant ; même lorsque nous souhaitons consulter hors du cadre de notre transition, nous tombons souvent sur des médecins méprisants.

A cause de notre numéro de SS, nous sommes sans cesse réassignés/ées à la pseudo naturalité de notre identité. Il est tout à fait inacceptable qu’il soit obligatoire en France que seules les personnes ayant été stérilisées chirurgicalement puissent avoir ce droit de voir leur vie privée enfin respectée.

L’accès au traitement hormonal est conditionné par l’accord d’un psychiatre. Certains s’évertueront à vouloir guérir leur patient qui doit accepter le corps que la nature (Dieu ?) lui a donné : n’oublions pas que nous sommes toujours considérés comme des malades mentaux par l’OMS.

D’autres donneront leur accord à condition que le patient respecte des conditions arbitraires : hétérosexualité dans le sexe de destination, volonté d’effectuer une chirurgie de réassignation sexuelle... alors que rares sont les personnes trans qui correspondent à ces stéréotypes.

Des médecins se présentant comme des ‘spécialistes’ du « transsexualisme » qui forment des équipes multidisciplinaires pseudo officiels et imposent des protocoles contraignants s’inspirent de ces critères.

Leurs critères excluent bien entendu de nombreux trans qui se retrouvent en grande détresse morale, d’autant qu’il leur est souvent tenu des propos insoutenables : (un endocrinologue) « Je pourrai vous prescrire des hormones maintenant. Ce serait facile.

Mais vous vous êtes marié et avez un enfant. Donc assumez », ou bien (un psychologue à une personne disant qu’elle risque de ‘faire une bêtise’ si elle ne peut pas avoir d’hormones) « nous nous sentons responsables lorsqu’une personne à qui nous avons permis d’effectuer une transition se suicide. En revanche, quand il s’agit de quelqu’un qui n’entrait pas dans le protocole, ce n’est pas notre problème. ».

En juin 2005 ActUp a osé dénoncer publiquement via un tract le discours d’une psychiatre partisane de ce type de discours. Le président de l’association a été condamné en appel à 5000€ de dommages et intérêts pour diffamation et verra cette condamnation portée à son casier judiciaire.

Il reste toutefois possible de faire une transition en dehors de ces pseudo ‘équipes officielles’.

On peut trouver un psychiatre et un endocrinologue sans idées préconçues afin de commencer notre parcours. Créer sa propre équipe soignante, c’est aussi choisir ses interlocuteurs et quelque part choisir sa vie.

 

La Transidentité en France en 2007 


La transidentité est le fait de ressentir une inadéquation entre son corps et son esprit, entre son anatomie et la conviction d’être homme ou femme. Ce n’est pas une affaire de sexualité mais d’identité. Ce n’est pas une forme d’homosexualité. Cette conviction profonde d’être homme ou femme s’appelle l’identité de genre. En effet, malgré les préjugés, il n’y a pas de lien nécessaire entre corps biologique et identité psychique : on peut être né avec un corps masculin mais se sentir profondément femme et vouloir vivre socialement comme telle. Cette situation est source de souffrances psychiques et affectives. La transidentité regroupe une grande variété d’identités : travesti(e)s, transgenres, transsexuel(le)s... De manière générale, on parle de personnes trans. Il est important pour les femmes trans MtF (Male to Female) d’être considérées socialement comme femme. Il est donc nécessaire de s’adresser à elles au féminin. De même, un homme trans FtM (Female to Male) doit être reconnu en tant qu’homme et on devra s’adresser à lui au masculin.

Les trans se retrouvent isolés socialement lorsque les amis et la famille s’éloignent d’eux au lieu de les soutenir dans leur parcours. De plus, le rejet dans le monde du travail est fréquent. Par peur d’avoir à affronter le regard des autres, d’essuyer des insultes, voire de se faire agresser, les personnes trans ont souvent peur de sortir de chez elles. Le décalage entre l’apparence et l’état civil pose également de nombreux problèmes au quotidien chaque fois qu’il est obligatoire de présenter ses papiers d’identité : retirer un colis à la Poste, voter, passer des examens, trouver un emploi ou un logement, subir un contrôle de police ou de douane... De ce point de vue, on est comme sans-papiers dans son propre pays.

Cependant, pour bénéficier du changement du sexe sur l’état civil, l’État français impose de suivre un long protocole arbitraire et discriminatoire que nous voulons voir disparaître. Il impose d’avoir préalablement effectué des opérations chirurgicales de « réassignation sexuelle » (mammectomie et hystérectomie pour les hommes, vaginoplastie pour les femmes).

Ces opérations sont lourdes et nécessitent des soins à vie. En France, les résultats obtenus sont si catastrophiques que l’on constate très souvent une perte totale du plaisir, de nombreux problèmes fonctionnels, et des résultats esthétiques très approximatifs... En outre, de nombreuses personnes transsexuelles ne ressentent absolument pas le besoin de se faire opérer. Nous estimons que la France doit prendre exemple sur d’autres pays comme l’Espagne qui n’exigent pas d’opérations pour l’obtention d’un changement d’état civil. Même après l’opération, la loi laisse à la discrétion des tribunaux le choix d’imposer des expertises humiliantes, ce dont beaucoup ne se privent pas. Il est lamentable que la transsexualité soit aujourd’hui encore considérée comme une maladie mentale par le DSM IV, l’ouvrage de classification des troubles mentaux établi par les psychiatres, comme l’homosexualité l’était il y a 30 ans.

L’association Chrysalide tient des permanences Trans le 3e samedi de chaque mois, de 16 h à 18 h dans les locaux d’Aris, 19 rue des Capucins 69001 Lyon. Nous partageons des informations et échangeons avec les nouveaux/elles venus/es en toute convivialité.

Merci encore à Sophie et David pour ces deux textes, pour plus d'information, http://chrysalidelyon.free.fr


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