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lundi, 30 juin 2008

Pour une Ecole sans homophobie

En mars 2008, à Bagneux, six jeunes de 16 à 25 ans reconnaissaient avoir séquestré un garçon de 19 ans et lui avoir fait subir des sévices et humiliations à connotations antisémites et homophobes durant une journée entière. Ils auraient écrit « sale juif » et « sale pédé » sur son visage et l’auraient contraint à mimer une fellation sur un bâton.

Nous faisons un triste constat. Quand elles s’expriment sous leurs formes les plus désinhibées, les violences homophobes sont très régulièrement le fait de jeunes scolarisés ou à peine sortis de leur scolarité . Au delà de la sanction pénale, ces faits soulignent les défaillances de notre système éducatif.

L’Éducation Nationale n’a toujours pas engagé d’action décisive en matière de prévention des violences discriminatoires, ni d’action de sensibilisation au respect de la diversité des orientations sexuelles et des identités de genre.

Elle est aujourd’hui la grande muette contre l’homophobie, malgré des circulaires ministérielles et des initiatives encore trop isolées. Ces formes de discrimination restent malheureusement considérées comme secondaires et négligeables. « Enculé », « pédale », « salope », « brouteuse » sont toujours les insultes favorites de nos enfants à l’école. L’institution scolaire impose le silence et rejette la diversité humaine.

Face à l’homophobie, l’isolement et le repli sur soi deviennent la seule protection imaginable des jeunes en questionnement. Insultes, passages à tabac, rejet des parents ou des ami-e-s, et absence de repères positifs sont autant de facteurs qui entraînent mésestime de soi et homophobie intériorisée dont les conséquences sont dramatiques. Les tentatives de suicide des jeunes homosexuel-le-s sont de six à treize fois plus fréquentes que chez les jeunes hétérosexuel-le-s. Le mal-être que connaissent tou-te-s les adolescent-e-s se renforce alors par la violence de l’exclusion.

Les jeunes sont fragilisés par la violence directe, par le silence de ceux et celles qui pourraient agir et rétablir le respect et le droit là où l’homophobie fait rage. Aujourd’hui inscrite dans la loi, la pénalisation de l’homophobie est une nécessité. Mais elle n’a aucun sens sans une véritable éducation à la citoyenneté en amont. L’école ne doit plus être le lieu où l’on apprend à vivre son homosexualité dans la honte.

Au contraire, elle devrait empêcher la reproduction des schémas de domination sexiste et homophobe. Nous devons veiller à ce que l’École combatte l’hompohobie comme le racisme et le sexisme. Sans hiérarchie des discriminations.

dimanche, 29 juin 2008

Les travaillistes norvégiens ouvrent le mariage aux couples de même sexe

Le mariage entre couple de même sexe est désormais légalisé en Norvège : « Avec cette loi, nous mettons sur un pied d’égalité l’union entre couples homosexuels et entre couples hétérosexuels et reconnaissons qu’elle est fondée sur les mêmes valeurs. Il devient ainsi plus facile pour les homosexuels et les lesbiennes d’admettre leur orientation sexuelle. Aujourd’hui, à travers toute la Norvège, beaucoup de jeunes n’ont plus à éprouver de la honte et peuvent enfin se sentir totalement respectés par la société. C’est important pour l’individu. C’est important aussi pour notre société. C’est la seule façon d’avoir une société mieux adaptée » (Anniken Huitfeldt, ministre norvégien de l’Enfance et de la Parité).

La Norvège devient ainsi le 6e Pays au monde à accorder l’égalité des droits entre les couples de même sexe et les couples hétérosexuels.

Le mercredi 11 juin dernier, le Storting, le Parlement norvégien adoptait une loi ouvrant le mariage aux couples de même sexe.Ce texte est issu d’un projet de loi du gouvernement de Jens Stoltenberg, le Premier ministre travailliste dont le parti est membre du Parti socialiste européen (PSE). Longuement débattu au sein du Parlement norvégien, il a été adopté par 84 voix contre 41. Les trois partis de la coalition de centre-gauche au pouvoir et deux formations d'opposition, le Parti conservateur et le Parti libéral, ont majoritairement voté pour, le Parti chrétien-démocrate et la droite populiste votant contre.

La nouvelle loi sur le mariage stipule que :

  1. deux personnes de même sexe ou de sexe opposé peuvent s’unir par le mariage;
  2. les couples homosexuels peuvent être candidats à l’adoption, au même titre que les couples hétérosexuels;
  3. les couples féminins, qu’ils soient mariés ou pacsés, peuvent bénéficier d’une fécondation assistée au même titre que les couples hétérosexuels mariés ou pacsés.

En plus, dans un couple féminin, une mère non biologique qui a donné naissance à un enfant grâce à une fécondation assistée obtient automatiquement le statut de mère, comme dans un couple hétérosexuel. Il est également proposé d’utiliser le terme « co-mère » pour désigner la mère qui ne met pas au monde l’enfant.

samedi, 28 juin 2008

« On n’est pas racistes, la preuve : on t’encule ! »

 

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Le sport, professionnel ou amateur, est malade des propos et pratiques discriminatoires. Régulièrement, les journaux rendent compte des insultes racistes dont ont été victimes des joueurs. Plus rarement, ils relèvent les propos sexistes ou homophobes.

Pourtant, chaque semaine, de bons pères de famille et autres supporters donnent dans l’exemplaire “pédé” ou “enculé” pour qualifier l’arbitre ou un joueur de l’équipe adverse, ou accompagnent le gardien par un “viril” “oh hisse, enculé”.

Image de la “norme virile, le sport refuse trop généralement de laisser sa place à l’homosexuel, perçu dans le prisme réducteur de la féminité, de la non-combativité, de la fragilité. Exemple caricatural, Luciano Moggi, ancien responsable de la Juventus, se croyait autorisé à déclarer qu’« Il n’y a pas de gays dans le football, je ne sais pas si les joueurs sont contre le fait d’en avoir dans leur équipe, mais moi je le suis » / ... / « Dans les club où j’ai travaillé, il n’y en a jamais eu. Je n’ai jamais voulu d’un joueur homosexuel et je refuserais encore aujourd’hui d’en faire signer. »

Inversement, la sportive lesbienne est la “démonstration” qu’une lesbienne se prend pour un homme, en s’affichant dans la chasse gardée de la virilité qu’est le sport.

À chaque fois, l’homosexuel est rejeté des vestiaires, où sa “lubricité” sous les douches remettrait en cause la cohérence de l’équipe.

Pire, une personne Trans, sans papiers d’identité en adéquation avec son genre, est interdite de vestiaires. Elle ne peut s’inscrire à une compétition officielle.

En réaction à ces pratiques, les clubs gay ou LGBT sont nés, exprimant le besoin de pratiquer librement et sans discrimination un sport.

Ils s’affirment comme des espaces de mixité, de tolérance, en même temps qu’ils sont des contre-modèles aux stéréotypes homophobes.

Réagissons !

L’homophobie, le sexisme et le racisme ne doivent plus avoir de place dans le milieu sportif. Le mot d’ordre de la 13ème Marche des Fiertés s’adresse aussi aux institutions sportives, qui doivent contribuer à construire une « Éducation sans aucune discrimination ».

Aussi, nous leur demandons de condamner fermement l’homophobie, le sexisme et le racisme, de mener des actions de sensibilisation et de prévention auprès des dirigeants, des éducateurs, des arbitres, des joueurs, des spectateurs et du grand public. Tout comme le PSG, l’Olympique Lyonnais doit être exemplaire, et enfin signer une charte contre l’homophobie.

 

 

 

 

Non à la directive de la honte.

C’est ainsi que la directive "retours" sur l’expulsion des étrangers proposée par la Commission européenne a été caractérisée par les associations européennes de défense des droits humains.

Cette directive définit les normes communes européennes qui fixent les conditions de retour des sans papiers vers leur pays d’origine.

A mon grand regret, le Mercredi 18 juin dernier, cette directive a été confirmée par un vote majoritaire au Parlement Européen (367 voix pour, 206 contre et 109 abstentions).

Ainsi malgré une très vive opposition des forces progressistes de gauche, le Parlement européen cède à la pression des conservateurs et donne ainsi son feu vert à une directive qui m’inquiète vivement.

En effet, cette directive européenne est stigmatisante pour les migrants et tourne le dos à la tradition d’accueil de l’Europe, car, elle bafoue :

  1. l’ensemble des droits des mineurs. Les enfants pourront désormais être emprisonnés, privés de scolarité, envoyés dans des pays qui leur sont complètement inconnu dans lesquels ils n’ont ni attache ni famille ;
  1. l’ensemble des droits des malades. Les personnes gravement malades, pourront être renvoyées de force alors que rien ne garantit que des soins adéquats puissent leur être prodigués. Cette politique condamne les personnes les plus vulnérables.

Cette Directive va à l’encontre des valeurs européennes : liberté, démocratie, respect des droits de l’homme et des libertés fondamentales.

Nous devons dénoncer cette directive honteuse : elle va ainsi légitimer les dérives de la politique d’immigration de notre Gouvernement.

Une politique qui vise "à faire du chiffre" au mépris de la dignité humaine et des droits fondamentaux.

 
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