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mercredi, 31 octobre 2007

Non à l'impôt sur la maladie!

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Je m’excuse d’emblée pour cette paresse intellectuelle inexcusable. En effet, Je voulais poster un billet sur les franchises médicales ... mais pourquoi se lancer dans cette aventure, alors qu'un homme a déjà tout dit. Par conséquent, je me permets de retranscrire ici l'intervention de Jean-Louis TOURAINE, notre Député, lors de la scéance du 24 octobre 2007 à l'Assemblée Nationale. medium_manif-franchises.jpg  

" Monsieur le président, mesdames les ministres, monsieur le ministre, mes chers collègues, le précédent président de la commission des affaires sociales vient de faire acte de repentance. Dans un quotidien du soir, il a déclaré : « Un remords lancinant me taraude : ne pas m'être battu suffisamment pour sauver l'hôpital public qui s'enfonce inexorablement dans le coma. »Il est vrai que, depuis six ans, l'hôpital public est maltraité par nos dirigeants, au point que sa situation est devenue très grave. Les ministres de la santé successifs pourraient, eux aussi, légitimement se repentir quand on voit l'état du secteur de la santé en France.Au tournant du siècle pourtant, la France était considérée par l'Organisation mondiale de la santé comme le pays le plus performant au monde en matière de qualité des soins et d'accès à la santé. De fait, nous n'occupons plus cette place, loin s'en faut.À l’époque, la maîtrise des budgets était telle que les comptes sociaux étaient soit équilibrés, soit excédentaires. Il est vrai que le Gouvernement était alors socialiste… Aujourd'hui, nous souffrons d'un déficit abyssal d'au moins 12 milliards d'euros, malgré plusieurs réformes, toutes présentées comme devant permettre de rétablir l'équilibre à relativement court terme – en 2007, précisément.Si, face à un tel échec,…une repentance est nécessaire et justifiée, elle ne suffit pas. Il est inconvenant, lorsque l'on reconnaît s’être trompé, de vouloir persister dans l’erreur.Ainsi, avec la taxe supplémentaire que vous prétendez appliquer aux malades sous le nom impropre de « franchise médicale », vous avez, une fois encore, tout faux !

Tout faux, parce que cette franchise injuste remet en cause le principe de solidarité sociale, que le Conseil national de la Résistance a placé au fondement de la sécurité sociale.

Tout faux, parce que, dans ce système, ce ne sont plus les bien portants qui s’engagent envers les malades, mais les plus fragiles et les plus atteints qui financent les autres patients.

Tout faux, parce que, afin de réduire la consommation médicale, vous pénalisez les malades, alors que ce sont des professionnels de la santé qu’émanent les prescriptions, et non des patients.

Tout faux, parce que, en entravant financièrement le recours aux soins primaires, vous retardez le diagnostic et le traitement des maladies graves, qui deviendront dès lors incurables. Comment osez-vous invoquer les efforts à fournir en matière de prévention, de dépistage et de diagnostic précoce, alors que vous prenez des mesures en sens contraire ? Cela revient à prétendre encourager l'usage des transports en commun en triplant le prix du ticket !

Tout faux, enfin, parce que vous prétendez financer par ces franchises la prise en charge de la maladie d'Alzheimer et du cancer, alors qu’elles n’y suffiront pas. Il adviendra d’elles ce qu'il est advenu des vignettes automobiles, censées venir en aide aux personnes âgées et disparues dans le tonneau des Danaïdes de vos précédents déficits !

Du reste, les Français ne s'y sont pas trompés et se sont majoritairement opposés à cette mesure, de même qu’au démantèlement de la sécurité sociale et aux autres injustices inclues dans votre projet de loi. Nous non plus, nous ne pouvons espérer que ce malheureux entêtement dans l'erreur ait un quelconque effet positif. Mais loin de nous contenter de dénoncer vos errements et vos fautes, nous vous proposons des solutions appropriées. L'augmentation de l’espérance de vie et l’élaboration de nouveaux traitements efficaces, mais coûteux, nous imposent de trouver de nouvelles ressources pour financer notre système de santé…en même temps que de perfectionner une maîtrise authentiquement médicalisée – et non comptable – de l'évolution des dépenses. Pour des raisons de justice sociale, ces ressources additionnelles ne sont pas à chercher dans la poche des plus pauvres, des plus vulnérables, des plus âgés, mais dans la poche de ceux qui peuvent contribuer à cet effort de solidarité sans pour autant se sacrifier. Ainsi, les stock-options – même si elles sont quelque peu réduites à terme –, les parachutes dorés, les produits financiers en tout genre, les exonérations de cotisations au bénéfice d'entreprises florissantes, les héritages luxueux et, bien entendu, le remboursement des dettes de l'État envers les comptes sociaux, peuvent, du jour au lendemain, contribuer à équilibrer notre budget social. Nous l’avons fait, à l’époque où nous étions au Gouvernement ! Et au tournant du siècle, les comptes étaient équilibrés !  La pérennité du système serait ainsi assurée, surtout si vous luttiez véritablement contre le chômage, en créant de vrais emplois nouveaux, plutôt que de recourir aux seules heures supplémentaires – comme le retour à l'équilibre grâce aux créations d’emplois du gouvernement Jospin en a apporté la preuve. D’ailleurs, la Cour des comptes vous y encourage elle aussi. J'espère que la sagesse ou la raison vous inciteront à rectifier votre programme en ce sens.Ces nouvelles ressources permettraient même de dégager un excédent, que je suggère d'affecter à la prévention, encore très insuffisante dans notre pays, à l'hôpital public, malade depuis plusieurs années,…à la médecine générale et à la répartition homogène des médecins sur le territoire national à l’aide de mesures incitatives positives, plutôt que par des contraintes qui pénalisent injustement les internes, les jeunes médecins et les patients eux-mêmes.Voici donc des réformes, des « ruptures » positives dans la gestion de notre système de santé, qui respectent à la fois les valeurs humanistes du Conseil national de la Résistance et les besoins du XXIe siècle, et qui sont susceptibles d’ériger à nouveau le modèle français de santé en modèle pour nos voisins.Il serait mensonger, madame la ministre de la santé, de dire que votre réforme est nécessaire et qu’elle sera efficace. Elle n'aura pas plus d'effet positif que les réformes engagées en leur temps, et dans le même esprit, par MM. Douste-Blazy et Bertrand. Elle pénalisera durement les malades et fera reculer l'état sanitaire de notre pays. Certes, une réforme est nécessaire, mais pas celle-là !

Croyez-vous vous-même, madame la ministre, à la possibilité de rétablir l'équilibre… …ou cherchez-vous, en filigrane, à substituer à la solidarité sociale un système d’assurance individuel pour tout ce qui ne relève pas d’un trop gros risque ou d’une maladie gravissime ? Vous apprêtez-vous à nous annoncer, dans les prochaines années, l'apoptose de la sécurité sociale, l’apoptose de l'esprit du Conseil national de la Résistance, l’apoptose des ambitions de la réforme hospitalière inspirée par le professeur Robert Debré ? En ce qui nous concerne, nous ne nous résoudrons pas à la mort programmée des valeurs de cette noble solidarité. Si vous persévérez dans ce funeste projet de taxation indue des plus fragiles, il nous appartiendra, le moment venu, de supprimer vos franchises afin de restaurer la justice sociale en France !"

09:20 Publié dans Santé | Lien permanent | Commentaires (0) |  Facebook |

mardi, 30 octobre 2007

A quand un mot d'ordre en faveur des personnes Trans ?

Que connaissons-nous réellement de la situation administrative, juridique et médicale de cette communauté ?
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Lutte contre l’homophobie, ouverture du mariage et de l’adoption pour les couples de même sexe, homoparentalité ou encore délégation de l’autorité parentale sont les grands thèmes qui rythment chaque année les marches des fiertés Lesbiennes, Gaies, Bi et Trans.

Malheureusement, les personnes Transsexuelles et leurs revendications, restent, aujourd’hui encore, les grandes oubliées de notre combat pour l’Egalité.

La France accuse un sérieux retard en matière de droits pour les personnes Trans’. Les questions liées à l’identité de genre ne sont toujours pas prises en compte en France.

Le bilan des différents Gouvernements qui se sont succédés depuis 10 ans est inexistant dans ce domaine.

Le Transsexualisme est considéré, en France, comme une pathologie mentale : les personnes Trans’ sont stigmatisées comme des malades mentaux et n’ont le droit par conséquent à aucune reconnaissance juridique et sociale.

Les discriminations liées à l’identité de genre ne sont pas reconnues ni dans le Code Pénal ni dans la loi du 30 décembre 2004 portant création la Haute Autorité de Lutte contre les Discriminations.

Il n’existe aucune étude épidémiologique sur l’impact du sida dans cette communauté ou encore aucune étude sérieuse quant aux interactions entre antirétroviraux et hormonothérapie.

Les associations Lesbiennes, Gaies, Bi et Trans ont pourtant des revendications à faire entendre:

1°) la déclassification de la transsexualité de la liste des maladies mentales;
2°) la prise en charge par la Sécurité Sociale des soins pris à l’Etranger et des opérations (dans et hors la CEE) de bien meilleure qualité ;
3°) supprimer l’obligation d’une expertise aux frais de la personne ;
4°) revoir les protocoles médicaux de changement de sexe et garantir non seulement une meilleure qualité des soins mais également le libre choix des médecins ;
5°) mise à plat des dispositifs juridiques prévus pour les personnes Transsexuelles (faciliter la procédure de changement d’état civil) ;
6°) La reconnaissance de la transphobie, au même titre que l’homophobie, dans les textes de loi sur les discriminations, l’injure et les violences, ou encore par la HALDE ;
7°) la réalisation d’études épidémiologiques sur les trans’ et le VIH en France ;
des campagnes de prévention ciblées vers les trans’

Il est grand temps de les porter enfin dans l’espace public : a quand un mot d’ordre ferme et courageux en faveur des droits des personnes transsexuelles ?

 

Le Parquet de Lyon est-il trop laxiste ?

medium_moton12.jpegLe 23 juin 2007, j’avais porté plainte, au nom de la Lesbian and Gay Pride de Lyon, à l’encontre de deux personnes pour « violences volontaires avec arme par destination à caractère homophobe et insultes homophobes » suite à deux incidents à la hauteur de la place des Terreaux, lors de la 12e marche des Fiertés Lesbiennes, Gaies, Bi et Trans.

Je tenais à partager avec vous ma très vive inquiétude quant aux suites données à ces deux plaintes.

J’ai été, et le mot est faible, désagréablement surpris par la décision du Parquet de Lyon de convoquer un des deux prévenu devant le délégué du Procureur en Maison de Justice et du Droit de Lyon Sud. Lors de ses auditions, et plus encore, lors de l'audience en Maison de Justice, ce prévenu a reconnu non seulement les faits mais également que son action était guidée par sa haine envers les personnes homosexuelles. Lors de son audition à l’Hôtel de Police, le 23 juin, il avait avoué avoir sciemment remplis la bouteille d’eau pour blesser quelqu’un. A aucun moment le prévenu n'a fait état de remords. Je suis particulièrement déçu et mécontent d’apprendre que, pour seule punition, le délinquant devra rendre une simple rédaction de deux pages sur l'homophobie.

Je continue à m’interroger sérieusement sur la pertinence du mode de traitement retenu pour cette plainte. Je ne comprends vraiment pas pourquoi ce dossier s’est retrouvé sur la table du délégué du Procureur, à en croire que ce dernier pourrait être payé à l’acte.

Le deuxième prévenu, quant à lui, n'a toujours pas été convoqué au Tribunal. La Lesbian and Gay Pride de Lyon a du mal à obtenir des informations sur les évolutions de l'enquête. Le silence du Parquet me laisse craindre un classement sans suite de ce dossier.

En 2006, j’avais également porté plainte pour les mêmes actes. Rappelez-vous, le 17 juin 2006, lors de la 11e marche des Fiertés Lesbiennes, Gaies, Bi et Trans, une demi-douzaine d'extrémistes, cachés dans le musée des Beaux-Arts avaient jeté une quarantaine d’œufs pourris lorsque la banderole de tête arriva à leur hauteur. Suite à ces incidents, j’avais également, au nom de l’association tenté de porter plainte, le lendemain même, au commissariat du 1er arrondissement qui n’avait pas souhaité l’enregistrer. Une plainte avait alors été déposé auprès du substitut du Procureur de la République. A ce jour, je ne peux que déplorer de n’avoir aucune nouvelle des suites données à cette plainte.

Même s'il est vrai que le Parquet a l'opportunité des poursuites, il n'en reste pas moins que les victimes sont en droit d'attendre de leur Justice un traitement digne de leurs droits et de la violation de ces derniers. La déjudiciarisation ne peut que générer le trouble chez les victimes et une impression d'impunité chez les délinquants.

Je déplore le refus du Parquet de Lyon de sanctionner plus sévèrement les violences volontaires avec arme par destination à caractère homophobe. Il est évident que l'absence de condamnation drastique ne peut qu'encourager les personnes homophobes, fortes d'un sentiment d'impunité et de supériorité, à persévérer dans ce type de comportements haineux, tendant à exclure l'Autre comme étant par nature " abject ".

Ainsi, je crains que dans l'opinion publique cette position trop clémente du Parquet de Lyon soit considérée comme:

1°) un acte de cautionnement des actes homophobes par l'immunité dont jouissent les auteurs de ces actes,
2°) une position n'incitant nullement les personnes homosexuelles victimes d'agressions homophobes à porter plainte et à se constituer partie civile au regard du résultat obtenu suite à nos deux plaintes,
3°) une volonté de ne tenir aucun compte de la sécurité des milliers de manifestants de la prochaine marche des Fiertés Lesbiennes, Gaies, Bi et Trans, le 21 juin 2008 (bafouant ainsi le travail des services de police qui sont intervenus avec une vigilance et une efficacité remarquables le jour des faits).

Le Parquet de Lyon a entre ses mains une lourde responsabilité. A la question, le Parquet de Lyon est-il trop laxiste ? Je ne peux que répondre malheureusement oui.

 
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